Où es-tu passé, Bébert ? Si, l’ange aidant, tu lis ce blog, rappelle-toi ce jour chaud d’août 1944, quand nous vécûmes le bonheur fou de la liberté, qui dura le temps d’une libération. Et si on faisait vivre un jour au monde la liberté du bonheur, une perpétuelle félicité spirituelle ?

Claude Monet, Nymphéa, vers 1897 (Wikimedia)
À Suresnes il était environ 14 h ce jour-là, les sirènes hululaient, nous courions aux abris, ma mère et moi (je ne sais plus où était ma soeur). Toi, Bébert, tu passas, tu me crias : « Michel, viens ! Les Américains sont à Chaville ! » Ma mère ne put me retenir, je partis avec toi. Nous courions le long de la Seine quand, à hauteur de l’usine Blériot, nous aperçûmes quelque chose bouger entre les arbres de l’autre côté du fleuve, dans le Bois de Boulogne. D’abord une couleur. Á peine perceptible et sombre : Ce kaki plus verdâtre que l’habituel kaki allemand plus brun ! Nous étions deux petits hommes de 15 ans, déjà mûris par la guerre, mais encore souples comme des gosses nous nous jetâmes dans les hautes herbes de la berge. La chose avançait lentement en direction du pont de Suresnes d’où nous venions. Et puis la chose devint moins indistincte : un char de combat, sa forme guère plus familière que son kaki. Nos cœurs s’emballèrent. Le char avançait dans un silence étonnant — Nous ignorions que les blindés made in USA avaient des chenilles en caoutchouc —. Soudain, quelque chose sur le flanc du char devint visible… Je hurle, je hurle et mes yeux se mouillent rien qu’en l’écrivant. C’était, peints au pochoir, la France et la croix de Lorraine et ailleurs sur le blindage les couleurs bleu, blanc, rouge… Un char éclaireur de la Division Leclerc entrait dans Paris par le bois de Boulogne. L’US Army s’était effacée pour laisser la 1ère Armée Française entrer dans la capitale. Qui n’a pas vécu pareil moment après quatre ans de peur, de misère physique et morale, de censure et d’humiliation, ne peut imaginer le bonheur de la libération ! Tout à coup nous comprîmes que les prisonniers du Mont Valérien qui, comme chaque matin étaient fusillés dans les fossés du fort ne le seraient pas demain, nous comprîmes que les SS en noir et la Gestapo étaient en fuite, que nous n’aurions plus à descendre du trottoir dans le caniveau pour les laisser arpenter la surface de la terre. Bébert, rappelle-toi de ce char qui n’aurait pas été plus merveilleux s’il avait été décoré des nymphéas de Monet et volant comme un ange au-dessus du sol. Son canon resta braqué sur nous tant que le chef de char nous soupçonna d’être des Allemands dans les grandes herbes sur l’autre berge, mais l’archange Michel aurait-il tiré son étincelante épée nous n’aurions pas été plus émerveillés. Puis la tourelle pivota et revint dans l’axe du char, quand le chef de char comprit que nous étions deux grands gamins, qui riaient et pleuraient tout à la fois, fous, absolument fous de joie.
Jésus, je te l’avoue, quand je te vis la nuit du 14 au 15 janvier 1974, j’éprouvai une émotion aussi intense, mais pas l’immense bonheur de ce jour d’août 1944. Parce que ta présence physique me fit soudain ressentir mon obscurité, ma honte (Signe 1/1), le mal que j’incarnais comme homme de cette génération. Le char d’août 1944, lui, me libérait au contraire. Pendant quelques instants, Bébert et moi, nous nous sentîmes comme une seule immense lumière, une seule félicité, que rien ne dépasserait jamais. Rien ? Mais ne pouvons-nous pas aider le monde à dépasser ses rares et brèves félicités en l’incitant à changer (Signe 28/7)?
Qu’es-tu devenu Bébert… Albert Dumur ? Nous étions athées, toi et moi, enfants de la banlieue rouge. Ton père était mort en 1943, le mien en 1942. Es-tu aujourd’hui de ces millions d’hommes qui, ayant observé le monde pendant 62 ans, depuis 1944, ont vu qu’en dépit des corrections tentées par la religion et la politique, rien n’a changé — et même tout a peut-être aggravé — les données du péché et du mal qu’il engendre ? Pourquoi ? Parce que tant que l’homme réclamera à tout propos les protections de la politique, de la loi et parfois encore de la religion, il restera irresponsable de lui-même et ne changera rien à lui-même et au système. Voilà encore une autre façon de dire ce que dit Le Signe !
Quand donc, Bébert, enverrons-nous les chars fleuris de notre pénitence libérer le monde ? Quand braquerons-nous sur le péché qui le contrôle les armes de l’amour, du pardon, de la paix, de la liberté spirituelle, bref, de l’intelligence enfin réapparue (Signe 32/5)?
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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés


Les Pèlerins d’Arès sont tous juifs, juifs de la branche de Jésus
Michel Potay répond à un commentateur anonyme qui lui envoient deux commentaires racistes.
Voici le premier avec la réponse en suivant : "J'ai failli laissé passer cet article. Je finis ma carrière en service de nuit en ce moment et le jour je n'ai pas les yeux en face des trous. Triste, l'article ! Il n'y a que toi pour ignorer que les SS et la gestapo étaient le fléau de Dieu, la punition envoyée à la France pour la punir de son arrogance et d'aimer la belle vie. Dieu ne voulait pas que ça dure trop, les bon-à-rien [...] qui avaient décanillé en Afrique, en Angleterre, en Urse [URSS], revenaient pour bien re-pourrir la pays en 40 ans avec les cocos, les socialos, les profiteurs de droite et de gauche. Ton char de combat dans le bois de Boulogne, si les Boches avaient encore eu leurs Tigres et Panthères, il n'aurait pas fait le poids devant les 88 [calibre de l'artillerie allemande] [...] Pour ton copain Bébert, ne cherche pas ! Il se tire une retraite mais pas par répartition à la caisse des anges. Il se la tire à tes frais, aux miens, c'est sûrement devenu un parasite comme 30 millions de Français. C'est ça que les nazis ne voulaient plus [...]
Anonyme"
J'ai coupé les parties antisémites de votre littérature, parce que je suis juif, étant un descendant spirituel d'Abraham. Tout vrai chrétien devrait se considérer comme juif de la branche Jésus. [30C11*14/06/2006]
Voici le second avec la réponse en suivant : "[suite du commentaire précédent] Je n'aurais pas pensé que tu étais juif. Il y a bien trois mil ans que Dieu ne parle plus à un prophète juif. Les juifs l'ayant trahi, il s'est tourné ailleurs. D'où Mahomed, mais comme ces circoncis du croissant l'ont trahi aussi, et en moins de temps, il m'avait semblé normal qu'il s'adresse à un Occidental. Mais un occidental juif [...] Pas étonnant que tu étais tout gai (peut-être es-tu gay aussi ?) en voyant les chars de combat US bourrés de juifs (même le général Arsène Hover était juif sans en avoir l'air) qui débarquaient pour rejoindre les staliniens (Staline était juif, de notoriété publique) à Berlin. Entre nous, les nazis avaient bien raison de se méfier des juifs [...]
Anonyme"
Les Pèlerins d'Arès, sont tous juifs, juifs de la branche Jésus, comme j'ai dit.
Jésus était un juif il y a deux mille ans.
Si quelque jour, que j'espère prochain, vous entrez en pénitence, commencez par étouffer votre racisme, puis éliminez-le complètement, mon frère anonyme. Rappelez-vous ce que dit Le Signe : Il n'y a qu'une seule race. Des divers traits de nature du Signe, son universalité est sûrement un des plus sublimes. [30C12*14/06/2006]
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En publiant ces deux commentaires de l'anonyme raciste j'ai aussi trouvé une double occasion de rappeler au monde que les Pèlerins d'Arès ne sont pas des antisémites contrairement à un bobard qui court avec d'autres bobards. Il m'arrive d'être abordé pendant le Pèlerinage par un visiteur qui me dit quelque chose comme : "Voilà enfin des chrétiens purs qui ne fricotent pas avec les juifs..." À quoi je réponds : "Au contraire ! N'avez-vous pas lu : Tu feras alliance fraternelle avec les assemblées des synagogues (Signe 35/11) ?" Et j'ajoute : "Vous tombez mal, je suis juif. Je suis juif de la branche d'Abraham et de Jésus..." Imaginez un peu la tête du visiteur ! [30C14*16/06/2006]