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Commentaires Français de #212
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7 octobre 2019 (212) 
Pourquoi changer ?

Les hommes fondent les religions, que La Révélation d'Arès appelle superstitions (21/1).
Mais la Vie absolue (Rév d'Arès 24/3-5, 25/3, 38/5, xix/26), qu'on la nomme Père, El Shaddaï, le Tout-Autre, l'Un, Elohim, Yhwh, Brahman, le Dharma,
Esprit du Feu, Dieu, etc., n'a jamais fondé aucune religion.
La Révélation d'Arès ne fonde pas de religion, donc ; elle n'est qu'un long Cri (ii/19, 28/11, 23/2) d'angoisse du Père pour ses Enfants (13/5) égarés dans le mal, un Appel anxieux de la Vie absolue pour son dérivé : la vie humaine. La vie humaine, aussi appelée Adam ou Adame dans La Révélation d'Arès, a fait le libre (10/10), mais malheureux choix (2/1-5) du risque des risques : lier son génie divin aux basses jouissance et voracité de son animalité d'avant sa création spirituelle. Ce mélange détonant de génie divin et d'animalité a déjà détruit la durabilité de l'homme et l'a rendu mortel, mais elle  pourrait tourner à l'extrême douleur du péché des péchés (38/2).
La Révélation d'Arès ne fonde pas plus de religion que la Parole du Père n'en a jamais fondé. Elle rappelle à l'homme qu'il peut changer en destin sublime le piètre destin qu'il a choisi (2/1-5). Elle rengage, une fois de plus, la lutte fondamentalement existentielle (Matthieu 10/34) entre l'homme pécheur et le possible homme sans péché, entre ce monde mauvais et le possible monde changé (28/7) en bien (xxxiii/11, xxxviii/3), entre ce monde de jour et de nuit (31/8) et le Jour (31/5) permanent où reviendront l'inextinguible Lumière et le Bonheur.
À l'heure où naît une nouvelle religion : l'écologie, nous voyons avec joie que l'homme reste ouvert à une espérance métaphysique. Mais ce que ne voient pas les écologistes, c'est qu'empêcher les hommes de mourir trop tôt au prix d'un énorme processus physico-chimique quasi-impraticable ne va pas loin : l'homme mourra encore et encore. Le dieu écologiste : l'air pur, ne leur donnera qu'un court surplus de vie. Ils ne voient pas qu'est possible une autre vie infinie (17/3) : la Vie absolue, qui dort déjà en eux et qui peut, s'ils la réveillent, les empêcher de mourir dans le néant du spectre. L'âme que crée la pénitence s'envolera dans la Vie sans limites ; l'âme sauve.

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Sisyphe poussant son rocher

Le cycle indéfiniment répété des vies courtes et des morts,
des actions toujours recommencées des hommes qui veulent un monde
meilleur, mais qui ne le rendent jamais meilleur, ont aussi peu de
sens que l'effort sans fin de Sisyphe poussant son rocher
en haut d'une montagne d'où il retombe sans cesse.
Cette punition éternelle que s'inflige l'homme pécheur peut cesser,
s'il prend conscience de la Vie éternelle logée dans ses tréfonds.

Une hallucination collective saisit, sauf rares exceptions, toute l'humanité depuis des millénaires : Le pécheur se croit une finalité, alors qu'il n'est qu'un accident alogique et calamiteux sur la ligne de la Création, que sa mortalité causée par le péché a interrompue.
L'homme a reçu du Père des Attributs (Rév d'Arès 21/4, 26/17) qui font de lui un co-créateur. La Révélation d'Arès lui rappelle qu'il peut, s'il est pénitent, reprendre sa place dans le processus génésiaque interrompu.
Nous sommes sans cesse en mouvement, certes, mais c'est une erreur de penser que nous nous déplaçons entre passé et futur. En fait, nous faisons des allées et venues entre mal et bien. Le chemin du futur est stoppé ; le Jour (31/8) ne viendra jamais et le péché des péchés (38/2) arrêtera tout, figera l'Enfant (13/5) et le détruira, si l'Enfant (l'homme) par la pénitence ne réactive pas en lui les Attributs du Père : l'amour accompli, la parole de vérité, l'indivi­dualité honnête, la créativité bienfaisante et la liberté (10/10) constructive.
La Révélation d'Arès nous dit à sa manière que, pour l'heure, nous ne sommes que les rouages, en plus ou moins mauvais état, de la réalisation d'un avenir que nous imaginons déjà écrit dans les étoiles. Grave erreur ! De ce fait, aucun effort de réel et continu discernement de la réalité n'est fait, aucun travail pour paver la bonne route jusqu'au bout ; le Bien n'est abordé qu'en pointillé, par brèves velléités. Ce qui paraît seulement compter aux humains qui font l'Histoire, c'est d'améliorer sans cesse leur avance dans la direction supposée immanquable, celle des monnaie, médecine, technologie, jouissances, et de se délivrer des ombres du passé supposé s'effacer pour un avenir considéré comme lumineux. On ne quitte pas le mirage et son lyrisme ; on oublie l'erreur de foncer dans le noir et pourtant dans le noir foncent les gouvernements et leurs antennes espionnes braquées sur le monde. En fait, ceux censés savoir ne savent rien. Quelques jours avant qu'apparussent les Gilets Jaunes, le gouver­nement de France ne savait rien d'eux et les Gilets Jaunes eux-mêmes, aujourd'hui encore, ne savent rien de leurs futurs aboutis­sements, parce qu'en fait ils réclament la restitution de leur humanité, dont ils ont été dépouillés, et qu'un dépouillement de telle ampleur échappe à l'analyse, donc aux mots, donc à la pensée. Les preuves s'accumulent sans cesse pour confirmer que l'avenir des grands absolus est une totale inconnue. 1968, Chaban-Delmas promet la "nouvelle société" ; 1974, Giscard d'Estaing annonce "le changement sans le risque" ; 1981, Mitterand assure qu'il va "changer la vie" ; 2007, Sarkozy proclame "la rupture" ; 2012 Hollande proclame : "Le changement, c'est maintenant." Quoi de plus opaque et dangereux que l'inconnu ? Nous, Pèlerins d'Arès, nous connaissons un avenir qui ne pourra qu'être bon, celui qu'apportera la pénitence.
La disparition du mal nécessite la disparition du mensonge, du cynisme, de la religion, de la politique, de la finance, de l'exploitation de l'homme par l'homme, etc. Pour La Révélation d'Arès la seule rationalité possible est le refus du mal. La gestion raisonnable du monde consistera à servir sans autre ambition que servir. Il faudra que tout change en bien par la pénitence et la vie sociale ne pourra qu'avoir pour plate-forme éthique la pratique de la pénitence. De là la souhaitable réduction des grandes masses en petites unités humaines autogérées dans lesquelles la pratique de la pénitence en société sera possible.
Ce qu'il faut aussi foncièrement comprendre dans La Révélation d'Arès, c'est que quiconque la suivra n'aura pas l'angoisse de l'identité. Celui ou celle qui par sa pénitence se change en homme ou femme de bien reste ce qu'il ou ce qu'elle est autant socialement que fondamentalement. Un pénitent ne perd pas ses repères. C'est l'humain changé par la loi, la contrainte ou par sa propre perversité, qui ne reste pas ce qu'il était et qui devient autre chose, autre chose qui d'ailleurs n'est pas meilleur, même s'il est révolté. Nous Pèlerins d'Arès sommes des "insurgeants", pas des révoltés.
Quel destin voulons-nous ? Nous voulons le destin, qui par la pratique du bien, de l'amour, du pardon, de la paix, de l'intelligence du cœur libre de tous préjugés fonde un autre monde, un monde changé (Rév d'Arès 28/7) en Bien. Ceux qui nous observent et nous étudient ont bien compris notre prospective, mais n'en veulent pas. Alors, ne vous étonnez pas, apôtres, si votre mission est dure. Elle ne peut que l'être. Mais n'oubliez pas que votre pénitence est auto-réalisatrice ; elle est comme le chêne qui part d'à peu près rien, d'un tout petit gland et qui devient lentement un arbre énorme et beau.
Pour finir, nous changeons pour reprendre comme co-créateurs le cours de notre Création, à tout le moins la Création de l'homme, interrompue depuis des millénaires, pour renaître et à nouveau ne plus faire qu'un avec le Créateur dont nous sommes les miroirs (Genèse 1/26-27).

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Commentaires
07oct19 212C1
Bien aimé frère aîné,
Après le Pèlerinage, je souhaitais revenir sur les questions de soumission ou liberté, comme j'aime me prosterner, poser mon front au sol... Bien que, comme vous le rappelez, nous ne cherchons pas à nous soumettre à Dieu, dans le sens de nous réduire à l'obéissance, ce qui peut renvoyer à une vision primitive du salut, alors que nous nous créons nous-mêmes, que nous avons à réveiller notre image et ressemblance avec Dieu [Genèse 1/26-27].
Et pourtant, lorsque je m'incline (je vais peut-être un peu plus loin que ce que vous conseillez en appréciant que la prière soit évidemment libre), je ne me prosterne pas seulement pour me rappeler la terre qui nous a été donnée, mais je me prosterne bien devant mon Créateur. Non pour indiquer mon obéissance à quelques panneaux indicateurs que j'aurais perçu à travers Sa Parole (ces compréhensions ayant un intérêt surtout dans les actes). Je m'incline dans un mouvement où je cherche à m'offrir au Créateur, en aspirant à l'Unité, pour réveiller cette Vie en moi. Dans un mouvement d'amour, comme on viendrait déposer un baiser, s’abandonner dans le cœur. Je baisse la tête pour passer en un instant dans l'ouverture et le silence, et permettre au Feu de descendre fortement. Je me prosterne comme on ouvrirait une cruche (ça peut faire sourire mais j'essaie aussi d'expliquer sérieusement), pour choisir très pragmatiquement un mouvement d'humilité et d'ouverture, où je laisse rentrer la Vie. Pour plonger dans ce mouvement d'humilité, encore et encore... Se soumettre à la Vie est alors une simple intelligence, devenir cette Vie, rentrer dans son mouvement et la partager, ou faire écho au Créateur, rentrer dans la résonance de la Vie, dynamiser notre ressemblance, et développer la créativité du cœur... La soumission à la Vie ne peut être que liberté, comme la Vie est Liberté, une simple confiance qui pousse à l'accomplissement.
(Je n'en oublie pas non plus le redressement qui l'accompagne.)
Tout peut être dit avec le langage, tout et son contraire sans que ce soit forcement contradictoire, pour apporter différents éclairages. Bien que je ne sache pas si je vais être comprise ici. Dans le même temps je comprends aussi que l'emploi du mot soumission reste délicat et que vous n'insistiez pas sur la relation à Dieu, comme cette Vie nous tombe dessus spontanément ou se développe en nous lorsque nous cherchons à accomplir. Le Merveilleux [Rév d'Arès 33/8] est là même si nous n'avons pas besoin de le rechercher.
Et en plongeant dans la non-dualité, ce qui semble opposé l'est probablement encore moins, même si ça nous dépasse.
Enfin tout ceci rejoint les problèmes de langage face à la Vérité. L'être humain semble souvent conditionné aux conflits, en accentuant les divisions au lieu d'avoir la souplesse de regarder de différents points de vue ou de chercher ce qui rassemble. Et lorsqu'il est question de Dieu, étonnement, l'échange peut devenir encore plus difficile, jusqu'à la dureté.
Je cherchais à comprendre encore ces incompréhensions, nombreuses sur ce blog ont probablement été utiles pour vous pousser à expliquer et clarifier d’avantage. Mais tous ces conflits semblent révéler l’orgueil de l'homme à vouloir comprendre Dieu et être proche de Lui — Absurdité absolue —. Cela montre la forte volonté de l'homme à vouloir comprendre Dieu jusqu'à tomber dans l'aveuglement. Ici c'est au delà de l'aspiration du cœur mais une forte volonté de la tête qui éloigne dramatiquement du Créateur. Même si on peut apercevoir des fragments qui s'approchent d'une vérité, quand c'est récupéré par l’orgueil ça ne peut qu'être contraire à Dieu, incompatible.
L'orgueil semble être ce qui est né de la chute, ce qui s'est placé dans le vide créé par le repliement sur soi, en brisant l'unité. Dans ce vide d'être, on peut voir un mur de lourde conscience se créer (orgueil). Ce mur qui semble plus solide que la matière peut nous séparer de notre Créateur. (Soit dit en passant pour la pénitence, on n'en sort pas par la fermeture, les fermetures pouvant créer cet orgueil, mais on s'en libère plus aisément par son expression, quand ses illusions deviennent visibles elles tombent d'elles-mêmes, on peut même en rire ; ou en plongeant dans l'humilité.)
L'ouverture à l'autre dans la paix et l'humilité est un passage incontournable pour que renaisse en nous la Vie/Dieu.
De votre côté je ne vois pas d’orgueil, mais du devoir. C'est comme si le Père vous avait un peu allégé du problème de l'orgueil et qu'en même temps en réponse à votre force d’accomplissement Il ne vous quittait pas et vous brûlait continuellement dans un Feu qui transcende. D'où la profondeur de Vie dans vos yeux...
Mais je vais peut-être trop loin dans ce commentaire, il est difficile de trouver les mots. Ça peut sembler manquer de douceur, celle-ci est pourtant là dans le choix de prendre soin de la Vie, en rappelant la nécessité d'une humble détente qui rapproche du vrai dans la communication, le cœur avant tout.
Rachel-Flora G. du Jura

Réponse :
Merci, ma sœur Rachel-Flora, pour ce commentaire, dans lequel vous exposez avec une émouvante sincérité — émouvante pour moi, du moins —  la façon dont vous vivez au fond de vous votre quête de la Vie dans votre exercice personnel de la foi. Je vous rappelle, en cette occasion, que chaque croyant vit sa foi, sa prière, sa mission d'une façon spécifique est impartageable, parce que nos âmes ne sont pas les clônes les uns des autres, chaque âme a sa richesse spirituelle propre.
Je vous rappelle que ce n'est pas ce que vous croyez, mais ce que vous faites dans l'exercice de la pénitence, ou du Bien, qui vous sauve et qui, au cours de votre vie terrestre avant que ne vienne ce salut, dynamise votre foi propre et votre apostolat. Tout ceci vous est donc personnel, mais je vous remercie de nous en faire part.
Quand je m'agenouille et m'incline vers le sol en priant, ce n'est pas pour "me prosterner devant mon Créateur", mais pour prendre conscience que je suis responsable de cette terre qui m'a été donnée avec tout ce qu'elle porte, un peu comme Ulysse se pencha sur son chien Argos, seul être vivant sur son île à le reconnaître depuis son retour à Ithaque où tout le monde le prenait pour un mendiant. Le vieux chien Argos meurt après avoir reconnu son méconnaissable maître ("Odyssée") et j'ai l'impression que la Terre se meurt, mais que j'ai et que tous mes compagnons et compagnes ont ce que n'avait pas Argos, le moyen de la faire revivre dans le Bien.
Votre commentaire, lui, me fait plutôt penser à Thérèse de Lisieux et à son "Histoire d'une Âme". C'était une façon de vivre sa vie spirituelle à l'époque de Thérèse. Thérèse fait ce qui est sa propre ascension, son sentier vers les Hauteurs, sa quête du Bien, même si les règles religieuses lui interdisent de partir dans la rue comme apôtre, ce qu'elle aurait certainement très bien fait étant des nôtres quelque quatre-vingts ans  plus tard. C'est son expérience personnelle, pas celle de toutes ses consœurs carmélites. Son livre explique ce qu’elle appelle la "petite voie", la seule qu'elle put suivre à l'époque, son petit cheminement spirituel pour aller au Bien et à Dieu, que La Révélation d'Arès appelle aussi la Vie, le Père, sa "petite voie" faite d’humilité et d’absolue confiance dans la Puissance paternelle salvatrice, un chemin praticable par tous. Cette autobiographie est sous-titrée "Histoire printanière d'une petite fleur blanche" à cause de l'image de la petite fleur utilisée par Thérèse pour parler d'elle-même : "Je vais écrire l'histoire de la petite fleur cueillie par Jésus..."

07oct19 212C2
Très cher Frère Michel tant aimé,
Quelle belle femme était sœur Christiane, quand vous l'avez rencontrée en 1968 ! [211C91].
La pensée non-duelle du jour : "Dans la Voie de la Non-dualité il n'y a aucune hiérarchie, aucun système ! Un rebelle est appelé un Bouddha ou un Christ !"
Jésus confrontait sans cesse les autorités religieuses et politiques : il nous faut faire pareil ! Pour renaître il vous faut mourir à vous-même et toujours toujours transmettre la Voie de l'amour universel pour tous les êtres (= moisson) !
"Quand je vous regarde, je suis vous !" (Mooji*, enseignement de 2018 devant 1500 personnes).
Quelle est la différence avec le Fond simple de La Révélation d'Arès ? Pour moi aucune !
Je vous serre contre mon cœur et je proclamerai jusqu'à mon dernier souffle que votre parole est la Parole du Père (Ta parole est Ma Parole, Rév d'Arès i/12).
Je suis de très très près toutes les entrées et vos commentaires sur votre blog.
Philippe R. de Strasbourg.

* Note du  blogger : Mooji (Anthony Moo Young), Indien écrivain spirituel né en 1954, auteur de "Avant je suis - La reconnaissance directe de la vérité" et "Plus vaste que le ciel, plus grand que l'espace".

Réponse :
Merci, mon frère Philippe, pour ce commentaire.
Oui, mon épouse Christiane était une belle femme en plus d'être surtout une femme bonne ; elle ne disait jamais de mal de personne, elle était naturellement pieuse. Elle est toujours une belle femme à bientôt 75 ans et toujours naturellement pieuse. Je ne l'ai pas rencontrée en 1968 ; je la connaissait depuis 1966. 1968 est l'année où nous nous sommes fiancés et mariés.
Merci, mon frère, pour ce commentaire.

07oct19 212C3
Photo magnifique de vous et sœur Christiane, Nabi ! [211C91]
Bonne soirée
Léon Amos O. de Leeds, Grande Bretagne

Réponse :
Merci, mon frère Léon Amos, nous sommes très touchés, sœur Christiane et moi.
7 avril 1968. Sœur Christiane était, ce jour-là, de passage à Lyon où j'habitais et comme c'était le dimanche des Rameaux (catholique), j'avais l'intention d'aller au Baux de Provence, je lui ai proposé d'y aller avec moi (J'avais une Renault R16 alors). Je profitai du voyage pour lui dire que je me préparais à entrer dans le clergé orthodoxe et que mon intention personnelle était d'entrer au Monastère st-Nicolas dont l'higoumène, Benoît, était mon ami, mais que mon évêque de Paris m'avait demandé de rester dans le clergé séculier, ce qui m'obligeait à me marier, car on ne peut ordonner un diacre ou un prêtre de paroisse qui n'est pas marié — Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, à moins d'être moine et d'avoir fait des vœux de célibat, un prêtre orthodoxe séculier ne se marie pas, on ordonne diacre ou prêtre séculier un homme nécessairement marié déjà —. Quand nous avons été aux Baux, je demandai à Christiane si elle accepterait de devenir mon épouse. Elle me répondit "Oui" avec joie. L'image que vous voyez fut prise peu après que nous nous soyons promis amour et fidélité et que nous ayons scellé nos destins. Notre amour n'a jamais fléchi depuis cinquante-deux ans bientôt.

08oct19 212C4
Votre bras qui entoure votre fiancée, notre bien aimée sœur Christiane (211C91), vos mains qui prennent ses doigts longuement (211C59), les enveloppant comme la bogue veloutée de l’amande, vos regards qui s’offrent l’un à l’autre, surpassent tous les maux, tous les mots. Ce langage du silence qui en dit plus que les mots (211C59) est comme le "Chant du monde" de Jean Giono, la fusion de l’être et du Tout. Ce langage-là vient à mon secours quand, sur le Champ du Père, les mots ne suffisent plus à dire l’amour infini, l’amour créateur, l’amour sans cesse recréé.
Mes mains prennent les mains de mon autre, mon prochain, parfois, mes bras l’enlacent. Puis, reviennent les mots dits et déjà perçus tout autrement : "Libérons-nous de nos préjugés, de nos peurs, de nos méfiances, pardonnons, aimons, aimons, aimons sans condition ! C’est urgent ! Le monde n’a jamais eu besoin des pouvoirs pour trouver le bonheur, mais de grands cœurs et de belles âmes !"
Annie L.-J. d'Île de France

Réponse :
Je suis  très ému en lisant ce beau commentaire, ma sœur Annie.
Tout à l'heure, pendant que nous déjeunions, nous évoquions sœur Christiane, sœur Nina et moi quelques moments émouvants des films de Charlie Chaplin et notamment ce passage, à la fin des "Lumières de la Ville" quand l'ancienne aveugle guérie, devenue fleuriste, croit que Charlot, qu'elle n'avais jamais pu voir, n'est qu'un pauvre clochard lui faisant ridiculement la cour. Elle lui donne une rose et lui prend la main pour lui donner une pièce, mais au toucher de la main elle reconnaît soudain l'homme auquel elle doit d'avoir pu être opérée et recouvrer la vue : "You ?" (vous !)... Charlot acquiesce et dit timidement : "You can see now ?" (vous voyez maintenant ?), elle, émue aux larmes : "Yes, I can see now" (oui, je vois maintenant), puis c'est la fin du film. C'est une scène brève mais extrêmement émouvante. Il m'est arivé maintes fois devant des gens de la rue me regardant durement, au temps où j'étais missionnaire en ville, de repenser à cette scène en espérant qu'à quelque chose de moi des personnes reconnaîtraient l'amour du prochain, simplement l'amour du prochain.
Poursuivons notre mission avec courage et patience, il arrivera un jour où des gens commenceront à reconnaître en nous des humains qu'ils croyaient disparus.
Merci, merci, ma sœur Annie, pour ce commentaire.

08oct19 212C5
Dans le 5e groupe missionnaire de Paris nous avons eu un débat à propos du petit écriteau sur la porte du local de la mission parisienne qui mentionne : "...disciple de La Révélation d'Arès."
Certains frères étaient choqués par le mot disciple (personne qui suit la doctrine d'un maître).
Après réflexion et de par ma tradition judéo-chrétienne, le mot "disciples" à propos de Jésus est un mot que j'approuve dans les Évangiles Palestiniens. Jésus n'avait qu'un seul maître : le Père Céleste et il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, ce que  le clergé à repris plus ou moins hypocritement.
Cependant, concerant le terme "adepte de Jéhovah", par exemple, je suis encore réticent — "Ce n'est catholique," disait-on dans les chaumières —. La culture nous emprisonne ; il nous faut revenir au vrai sens noble du mot.
Fraternellement à toute votre famille et dans la volonté de devenir le vrai disciple du Créateur !
Bernard W. d'Île de France

Réponse :
Merci, mon frère Bernard, pour ce commentaire.
Vous avez raison : "disciple" est un mot parfaitement légitime concernant des fidèles de La Révélation d'Arès, mais, pour ma part du moins, j'évite le mot en première approche à cause de sa connotation religieuse. Quand des gens qui ne connaissent rien à La Révélation d'Arès et aux Pèlerins d'Arès lisent "disciple(s)", ils pensent aussitôt et inévitablement à une religion, la soumission à une règle ou à un système, etc. Donc, pour ma part, j'évite le mot en première approche, ayant déjà fort à faire pour faire entendre le mot pénitence, qui lui est par contre d'un emploi inévitable chez nous.
Merci, frère Bernard, pour ce message.

08oct19 212C6 
Le Vrai est au-delà du langage, insaississable et permanent... mais que cela ne nous empêche pas de parler, et même de jouer avec le langage.
Après le Bon Jésus, le sage Mahomet, voilà que l'ha caille (Rév. d'Arès xxxix/8 et 12) par accomplissement de l'enseignement de l'ha-Mikal prophète, Michel Potay, Mikal, l'ami (Rév. d'Arès xxxix/16), ami du Créateur et ami des hommes. Comme vous dites, le langage structure la pensée. Mais dans ce cas précis, la Pensée du Créateur vous baptisant Mikal a-t-elle acceptée d'être, non pas structurée par la langue française, mais simplement guidée dans le choix d'un nom ? Mystère.
Je vous rejoins dans votre "joyeuse et admirative surprise devant ce film" (211C85) de nos frères Éric D. et Fred M. Certains épis mûrs seraient-ils plus sensibles à un tel feu missionnaire qu'à un exposé posé et didactique ? Je le pense, mais avons-nous les moyens de les toucher, dans l'espace mental où ils sont ? C'est une question que je me pose. Pour le moment, les frères et sœurs autour de moi semblent faire confiance à une relation "structurée". Mais je ne vois pas de "structure" dans Le Livre, et je pense que seul son contact intime peut nourrir certains épis mûrs . Je cherche les moyens — forcément multiples — de mettre en relation les épis mûrs et Le Livre. Après tout, un jeu de mot sur ha-Mikal (jeu plutôt médiocre) est un moyen comme un autre, comme ce film.
Patrick Th. d'Île de France

Réponse :
Merci, mon frère Patrick, pour ce commentaire.
Ce que je trouve très intéressant dans le film dont vous parlez, c'est qu'il "déreliogise" ("déreligioser", verbe de mon invention) notre présentation. Ma fille Nina a fait, à ma demande, une version raccourcie à 5 minutes du film des frères Éric et Fred. J'ai testé cette version lors de ma conférence de samedi dernier à la mission de Bordeaux devant une dizaine d'auditeurs. Après la projection du film j'ai dit à l'auditoire : "Ce film a priori farfelu, dingue, comique, est pourtant entièrement fait de paroles tirées de La Révélation d'Arès, mais il a une qualité que j'apprécie : il est tout sauf religieux, il fait preuve que nous ne sommes pas une religion et que la vie spirituelle, la pénitence quoi !, peut très bien s'accomoder d'une apparence burlesque." Les auditeurs faisaient une drôle de tête, je l'admets, mais cinq d'entre eux, à la fin de mon allocution ont demandé à me revoir. Je pense qu'ils avaient compris que nous ne faisons pas l'apologie d'une nouvelle religion, mais que nous promouvons une autre façon de retrouver le Bien, de changer la vie et de changer le monde. Ma fille Nina, qui elle aussi aime beaucoup le film, était présente, mais n'est pas de mon avis ; elle pense que le film a jeté un froid, en tout cas une note d'incompréhension. Elle a peut-être raison. Il est encore trop tôt pour avoir une idée exacte de l'effet produit par cette sotie filmée, mais je vais continuer à la tester. Je serai à l'assemblée de Nice dans quelque jour et en Suisse, à l'assemblée de Genève, la semaine suivante. J'y poursuivrai mon test.

10oct19 212C7 
Emprunté à l'intranet de la Mission de Lyon :

Bonjour à tous,
Concernant le questionnement sur la création d'une sorte de livret de présentation pour compléter la dernière édition de La Révélation d'Arès, je vous donne quelques nouvelles.
J'ai commencé à contacter différents Pèlerins de différentes assemblées pour savoir s'ils s'étaient posés ce genre de question ou si ils avaient réalisé quelque chose d'approchant.
Un Pèlerin d'Arès de Marseille m'a dit avoir déjà entendu parler de ce genre de travail, mais que ça ne semble jamais aboutir, que c'est toujours en réflexion. Un autre, Pèlerin d'Arès, de Lille est intéressé de savoir ce que nous allons faire.
Notre frère Jeff P. de Paris m'a envoyé différentes propositions, assez proche des miennes et avec d'autres textes en plus (tout en rappelant que ce n'est pas un fascicule qui est théophore, mais le frère).
Notre sœur Marie-Odile de Toulouse m'a dit que dans leur assemblée ils avaient déjà réalisé ce genre de livret (sans copyright), avec toutes les entrées, préfaces et liminaires de l'édition bilingue, mais qu'ils trouvaient que ça faisait trop de textes avec des répétitions. Du coup ils ne semblent plus l'utiliser, mais ils sont intéressés pour se joindre à notre travail pour un livret centré sur les récits des apparitions ou autres textes choisis, cette fois avec copyright. Ils vont en discuter sur Toulouse et nous faire des propositions.
Notre sœur Nina de Bordeaux m'a envoyé l'opuscule réalisé par son époux, Gérard. C'est plus une présentation de La Révélation d'Arès qui reprend les thèmes de base très résumé. (Ça semble très bien réalisé, bien que je ne sache encore quoi en penser, je ne sais pas si il est intéressant de dévoilé le contenu de La Révélation d'Arès avant sa lecture.)
Donc, je vous transmettrai dans quelques temps les propositions des uns et des autres.
Très heureuse que cette question fasse naître une réflexion partagée.
Bien fraternellement,
Rachel Flora G. du Jura

Réponse :
Je me suis permis, ma sœur Rachel Flora, d'emprunter à votre Intranet de Lyon (la plate-forme informatique qui permet aux frères et sœurs de votre mission de communiquer entre eux) ce message, qui est un appel à vous fournir des idées pour rédiger un petit livret de présentation de La Révélation d'Arès, édition 2009, dont l'introduction, je pense, ne vous paraît pas susceptible de bien présenter cette Parole de Dieu. C'est tout à fait possible, je ne suis pas écrivain et je suis souvent un mauvais rédacteur de petits textes.
Je ne peux vous fournir un texte assez étendu pour remplir ce que vous appelez un "livret de présentation", mais, bien que je sois en voyage et sans grande commodité pour réfléchir et travailler, je vous propose un petit texte, que voici, qui reprend ma manière actuelle de présenter verbalement La Révélation d'Arès à des personnes intéressées ou à des nouveaux frères ou sœurs :
La Révélation d’Arès est difficile à lire et difficile à suivre.
Ne nous cachons pas la face ! Nous ne sommes pas une religion, nous n’avons ni dogme ni chef, nous n’avons que nos consciences libres (10/10), mais justement pour cette raison devenir et être Pèlerin d’Arès, changer sa vie (30/11) pour changer le monde (28/7) est certes une gloire promise à l’éternité (37/9), mais un volontaire et difficile destin d’efforts.

La Révélation d’Arès est difficile à lire et difficile à suivre.
La raison principale en est simple : Dieu, qui dans La Révélation d’Arès s’appelle aussi la Vie, le Père, le Souffle, etc., a un Dessein (28/27), et l’humain qui est son miroir, son image (Genèse 1/26-27), a un autre dessein. Ce Dessein et ce dessein se perturbent l’un l’autre, opposés en divers points.
La raison secondaire de cette difficulté est qu’elle s’adressa à moi, dans la situation ecclésiastique qui était le mienne alors, et qu’il n’est pas toujours clair pour le lecteur de comprendre que cet Appel au monde passe par un Appel à un individu, à l’un des atomes de ce monde, au pauvre bonhomme que j'étais, sans talents particuliers, que le Créateur prit au hasard en 1974.
Cette situation n’aide pas tout de suite la clarté, mais la clarté viendra.
Lisez !
Merci de lire ce livre.

Le dessein de l’homme, sauf chez quelques individus isolés, n’a jamais socialement rencontré le Dessein du Père ou de la Vie. La religion, quelle qu’elle soit : judaïsme, christianisme, islam, hindouisme, etc. ne partage pas le Dessein du Créateur libre s'adressant à son Enfant libre, deux libertés qui se sont éloignées, contrairement à ce que la culture nous porte à penser.
De ce fait, la lecture de La Révélation d’Arès paraît généralement au nouveau lecteur une sorte de bredouillage religieux de plus et est vite abandonnée. Mais si vous persistez à la lire, avec volonté, d’une traite en passant sur ce qui vous paraît obscur — vous comprendrez plus tard — comme l’enfant apprend à parler en écoutant ses parents, même s’il ne les comprend pas toujours sur l’instant, vous allez recevoir un Appel impératif, un Appel magnifique à changer votre vie (30/11) ou a changer le monde (28/7) en commençant par vous-même.
Moi-même, face à Jésus en 1974 et au Père en 1977, ne vous imaginez pas que j’ai compris sur l’instant ce qu’ils me disaient. Soyez comme moi, faites confiance, soyez patients, Nous ne sommes pas les phénix d’intelligence que nous pensons être. Nous ne cessons pas d’apprendre.
L’homme a hérité tous les Attributs de Dieu : parole, amour, individualité, créativité et liberté, mais il s’est accommodé et s’accommode toujours de son animalité intelligente intellectuellement, religieusement, mais pas spirituellement.

Le spirituel, quoique très simple, est la clé du Bien et du Bonheur. Il faudra quand même que le monde y vienne un jour ou l’autre. Qu’aujourd’hui soit pour vous ce jour-là plutôt que l’autre !
Comme toute intervention du Créateur depuis toujours La Révélation d’Arès est tombée sur moi, Michel Potay, toujours vivant, et quoiqu’écclesiastique, je n’étais pas prêt pour la suivre. Il m’a fallu quitter la religion et faire sur moi-même de gros efforts pour en devenir le prophète. Ce sera la même chose pour vous, si vous me suivez, et vous en deviendrez peut-être aussi le prophète un jour.

Michel Potay, témoin de La Révélation d'Arès, 10 octobre 2019


10oct19 212C8
Cher frère Michel,
Éprouvé par une grosse angine, j’ai tardé à écrire mon commentaire sur l’entrée 211 "Langage". Au moment où je le termine, je m’aperçois que vous avez publié une nouvelle entrée : 212 "Pourquoi changer ?". Je ne l’ai pas lue ni n’ai voulu la lire, car mon commentaire se termine sur le thème du changement et de la pénitence et je souhaitais garder ma ligne d’écriture. Peut-être mon commentaire fera-t-il le grand écart entre les deux entrées et trouvera-t-il sa place sous la dernière en date.

Pensée-langage, langage pensée. C’est le problème de l’œuf et de la poule : Qui des deux est la source de l’autre ? Qui des deux conditionne l’autre ? De très nombreux philosophes et chercheurs anciens et nouveaux (Platon, Guillaume d’Ockham, Antoine Arnaud, Rousseau, Hegel, Bergson, Alain, Russel, Piaget, Lacan, Merleau-Ponty, Ricœur, Derrida, etc., etc.) ont réfléchi à cette question. Il y en a des dizaines, si ce n’est des centaines, depuis l’antiquité et très probablement sur tous les continents et dans toutes les cultures. On pourrait presque dire que tout penseur d’envergure s’est à un moment ou un autre intéressé à ce domaine de manière plus ou moins sérieuse et approfondie.
Certains optent pour une priorité du langage sur la pensée (Hegel, Alain, Lacan), soutenant que c’est dans le langage ou plus précisément les mots que la pensée prend corps, se trouve, devient réalité intérieure.
D’autres (Platon, Bergson) considèrent que la pensée précède ou nourrit le langage par le sens qu’il lui donne, l’extrayant par cette profondeur (décrite parfois comme universelle) des superficiels bavardages qui ne sauraient sans cette conscience être autre chose que des cris articulés de la chair en quête de la satisfaction de ses besoins les plus divers.
D’autres encore (Rousseau, Piaget, Merleau-Ponty), mais au bout du compte presque tous (car très peu ont dans ce domaine une position tranchée), conviennent d’une interaction structurelle entre pensée et langage : "La pensée fait le langage en se faisant par le langage," écrit Henry Delacroix [pas plutôt Henri ?], philosophe et psychologue contemporain qui s’est par ailleurs beaucoup intéressé à la psychologie des mystiques chrétiens. Merleau-Ponty précise : "Pensée et parole s’escomptent l’une l’autre [comptent l'une sur l'autre]. Elles se substituent continuellement l’une [à] l’autre. Elles sont relais, stimulus l’une pour l’autre."
Je m’arrête là, car le champ est trop énorme et se perd en de multiples chemins d’investigations qui finissent sur maints étals léchés par l'homme noir et balayés par son cil (Rév d’Arès xxxiv/16). Mais pour l’humanité il est primordial, puisque depuis au moins 2.500 ans elle s’interroge à son sujet. Dame ! la pensée et le langage, qui la caractérisent au plus haut point, est [sont ? ou forment ?] un enjeu majeur comme repère mais aussi comme pouvoir. D’où la recherche effrénée d’une vérité. Ceci dit, exceptée une petite poignée de penseurs et de spécialistes, l’immense majorité des hommes se fiche complètement de la façon dont elle pense ou dont elle parle. Donc, comment pourrait-elle s’intéresser à changer cela en bien ? Elle considère que c’est impossible ou inutile, sauf pour des raisons triviales ponctuelles (emploi, études, voyages). J’y reviens.
Votre réflexion traverse l’ensemble de ce champ en un coup d’aile et c’est vous qui donnez cette Vérité ou du moins un principe de Vérité qui suffit à apporter la paix de l’origine, le marqueur qui avec la filiation divine apporte la sérénité, du moins à ceux qui sont sensibles à La Révélation d'Arès : "Le langage n'est pas un aboutissement des balbutiements que furent, suppose-t-on, les premières tentatives de communication entre primitifs ; le langage a pour origine la parole qui est, avec l'individualité, la créativité, l'amour et la liberté, l'un des cinq Dons ou Attributs (Rév d'Arès 21/4, 22/11, 26/17) que le Créateur donna à Adam en le créant par la spiritualisation d'un animal au cerveau bien développé (vii/1-5)."
Tout est dit dans cette source de notre intelligence qui dépasse les rapports entre pensée et langage (dépassement de priorité entre l’un et l’autre dont Piaget avait eu l’intuition). Et après tout, peu importe que le don de la parole inclût ou non la pensée. À partir de là, un petit bonhomme comme moi, intellectuel curieux invétéré qui pourrait être tenté de faire un pas de plus en avant de la Parole, au risque de choir dans l'abîme, peut se tenir comme l'homme pieux (Rév d'Arès 32/8) nourri par l’enseignement du prophète. Et comme cela fait du bien !
Il suffit de vous suivre dans les repères pratiques que vous proposez pour la réflexion sur la Parole et pour la moisson. Le simple constat de : "Nous ne pouvons penser que dans des formes héritées du langage. Cela signifie donc que penser est aussi déficient que parler, et même plus faible quand s’y mêle l’intuition", permet de s’intéresser non à la source de la pensée mais à ce à quoi elle s’applique. C’est à la fois une manière de mieux comprendre nos contemporains et de vérifier en quoi nous sommes pénitents et moissonneurs attentifs.
Et à quoi s’applique cette pensée ? Aux besoins de la chair et aux moyens de les satisfaire, pour 90% des pensées qui viennent à l’esprit de nos contemporains… et de nous-mêmes. J’ai passé quelques temps à observer là où [= tout ce à quoi] mes pensées et celles des autres s’appliquaient et je dois bien constater que les pensées non utilitaires, généreuses, tournées vers le beau ou vers l’amour non sentimental (le sentiment et les émotions sont typiquement produits ou au service de la chair, au moins en partie pour les sentiments) sont rares, eu égard aux dizaines de milliers de pensées quotidiennes. Presque toutes les pensées visent la vie physique (nourriture, vêtement, abri, santé) et la vie sociale (travail, administration, loisirs) qui est lourdement conditionnée par la vie physique, puisque le matérialisme est dominant. Ce qui ne laisse de fortifier l'ego. Evidemment, la prière, la moisson, la réflexion sur la Parole, les relations spirituelles sont d’un tout autre ordre, mais combien de temps y passons-nous chaque jour ? Et, question immédiatement succédante [corrélative] : combien de ces pensées spiritualisées sont-elles l’objet d’un accomplissement ?
La pénitence qui œuvre à changer notre comportement et notre nature doit contribuer également à changer nos pensées et à les orienter vers la Vie spirituelle :
Pas le plus petit jugement au fond de la tête,
car tu ne le piégeras pas plus qu'une puce,
à ton insu il sautera sur ta langue.
(Rév d'Arès 36/16).


Il y a là une occasion "d’espionnage" de soi et d’observation de notre mission qui me paraît importante. Car plus nos pensées s’orientent vers et se nourrissent de la vie spirituelle, plus celle-ci transforme et enrichit notre façon de penser et de nous exprimer et plus notre ego s'amenuise.
Ainsi s’attacher à réfléchir à ce que l’on dit, quand on le dit, à qui on le dit, dans quel but permet selon moi de mieux maîtriser son expression missionnaire, à condition évidemment d’être présent à l’autre par le cœur, de faire la place aux sentiments à l’aspect "lunaire" de la vie (comme vous nous avez conseillé d’y travailler dans notre assemblée du sud, ce qui est toujours en cours, après la parenthèse des gilets jaunes). Les deux se complètent. C’est comme dans la nature : toute la Création doit pouvoir être mise en équation, pour peu que l’on ait accès aux clefs de son fonctionnement. Dieu est le premier géomètre. Mais également toute la nature regorge de beauté d’harmonies, de spectacles absolument indéfinissables, impossibles à analyser et qu’il convient simplement de laisser respirer en nous.
De même, la nature procède par progressivité : la transformation de la chrysalide, la construction des dunes de sable, l’usure des galets, la dérive des continents. Mais d’autres fois, elle agit par brusques changements, par "catastrophes" : les éruptions volcaniques, les orages, les crues, les tremblements de terre qui, si l’on y regarde de plus près, ne sont que le résultat cataclysmique d’une lente accumulation d’énergie ou de matière.
Ainsi dans la mission, il existe des mots qui peuvent progressivement nous permettre d’approcher la personne, des mots comme ceux du kérygme : changement, amour, pardon, paix, non jugement. Mais d’autres mots tout aussi forts comportent une charge explosive qu’il convient d’amener avec la conscience de cette charge, tout en acceptant que celle-ci explose : pénitence, enfer, spectre, théophanie, avec quelques mots intermédiaires peut-être comme âme, Dieu, religion, spiritualité. Et ces deux types de langage ne peuvent être séparés l’un de l’autre, doivent être articulés, car c’est sa capacité à encaisser les « cataclysmes » linguistiques et conceptuels qui signale en partie l’épis mûr. Bien sûr, chacun dose comme il l'entend et selon son caractère...

Depuis que je me suis attaché à m’observer dans ce domaine, je parle moins vite, moins fort, moins tout seul et avec plus de douceur. Bref, je me suis posé, sans perdre mon enthousiasme. Ainsi, la pénitence doit-elle entrer partout, atteindre les zones les plus profondes de notre construction, langage et pensées. Tout est transformable, tout peut être objet de pénitence et de changement en bien.

Didier D. du Pays Catalan

Réponse :
Je ne pense pas que "la pénitence œuvre à changer notre comportement et notre nature." Je pense que la pénitence est un changement de comportement qui œuvre à changer nos vies (Rév d'Arès 30/11) en les délivrant du péché ou du mal. Mais il y a très probablement là une question de langage.
Je ne comprends pas très bien : "Plus nos pensées s’orientent vers et se nourrissent de la vie spirituelle, plus celle-ci transforme et enrichit notre façon de penser," qui me fait penser à : "Plus ce mur est  blanc, plus il se transforme en blanc."
Je suis en voyage. Il me faudrait relire deux ou trois fois votre commentaire pour bien me pénéterer de son sens, mais je n'en ai malheureusement ni le temps ni la commodité. Mais beauoup de frères et sœurs, lecteurs de ce blog, pourront se pencher sur votre travail.
Merci, frère Didier, pour ce commentaire.

10oct19 212C9 
Découvrant ce matin votre nouvelle entrée, je me sens d’autant plus interpellé par votre deuxième paragraphe, d’autant que ma réflexion, ces derniers temps, se portait sur la croyance illusoire que  l’humain porte  sur lui-même, base, socle, conséquence de tout ce "bordel" extérieur et, comme je l’avais écrit dans un commentaire précédent, il y a nécessité première de dépasser le "bordel" intérieur qui est en soi.
Évidemment les mots peuvent être considérés comme vulgaires par certains et si je disais la même chose sous une autre forme, par exemple : "lle pécheur doit d’abord se délivrer de son péché," ce serait vu comme religieux par d’autres. De toute façon dans un cas comme dans l’autre, si  réaction il y avait, elle montrerait que l’on se considère comme étant quelque chose, de plus, "quelque chose" qu’on peut définir, nommer (je suis ceci ou je suis cela, donc je n’accepte pas ce qui ne correspond pas à ce que je suis ou ce que je crois être), tout en oubliant que tout bouge tout le temps et que se figer dans une position mentale paraîtrait simulé ou déplacé.
Et pourtant tout humain devrait  se positionner sur un plan métaphysique, car sur le plan physique, il sait qu’il va mourir et face à la mort, il y a un refus viscéral sans même faire intervenir le mental. Sur le plan métaphysique, on se place au-delà du physique, donc de la psychologie, du conditionnement, du sentiment, des sensations, des émotions, de l’espace et du temps, bref de tout ce qui fait l’homme qui naît, qui vit, qui meurt. La métaphysique introduit la notion de "ce qui dépasse la physique", c’est-à-dire pour le dire simplement, Dieu. Et c’est là qu’il faut beaucoup creuser.
Comme on ne peut pas comprendre Dieu, on ne peut pas comprendre l’homme, puisqu’il est considéré comme Son Enfant [Rév d'Arès 13/8]. Il nous reste, malgré nos incompréhensions, les grands Textes pour nous dépatouiller avec nous-mêmes, mais beaucoup de ceux-ci sont vus tels des catéchismes, des manuels de croyances, qui figent la pensée. Ce qui n’est pas le cas de La Révélation d’Arès qui a cette faculté de s’adresser à "ce qui sommeille au fond de soi" pour le faire émerger — J’ai envoyé Mon Souffle sur toute la terre, par Lui, toute vie, dès la graine, dès l’œuf, reconnaît sa nourriture et les lois de son espèce. Par Lui, tout homme reconnaît Ma Voix (Rév d'Arès 4/10)... Je souffle en silence dans leur poitrine (28/6), etc. — et bien d’autres versets de libération de sa solitude intérieure, ce qui devrait libérer la conscience des cages matérialistes, idéologiques, religieuses et surtout égoïstes… Le verset (40/6) : Tu n’es plus rien pour toi-même, vient décaper ce qui restait de soi quand il y a une recherche personnelle.
Erreur d’identification : Tu n’es pas ce que tu crois être, quelque chose pour toi-même, alors qu’est-ce que je peux être, se demande le bonhomme après avoir beaucoup étudié La Révélation d’Arès ? Tu es l’épée, pas le Bras qui la soulève (35/14).
Ainsi, La Révélation d’Arès ne convoque pas la croyance mais la pensée, ne demande pas de croire dans un credo quelconque, mais de se voir comme participant à l’Action Créatrice du Père. Étant donné qu’on pense Dieu comme le Créateur, ce que font toutes les religions, le Bras de la Création (qui soulève l’épée) fait de l’homme Son Épée, dit autrement Son Outil. L’homme est le Moyen que la Création Se donne, il est donc  un processus créateur, pas une finalité, pas une fin en soi. Image et Ressemblance du Créateur, que pourrait-il être d’autre qu’un fonctionnement créatif (pour bien enfoncer la chose dans sa tête, pas un "moi-je") ? Image et Ressemblance [Genèse 1/26] du Père trop aimant [Rév d'Arès 12/7], ce serait une absurdité que de ne pas s’allier à cet Amour Absolu, quand on sait que le besoin absolu de l’homme est le besoin d’amour et comment ne pas  faire de la pénitence (aimer, pardonner…) le moteur de sa vie ? Avec cette pratique de la pénitence, l’humain s’aligne sur le Père et activé par le Père (Qui lui insuffle Création, Amour), il reprend sa place dans le processus génésiaque, comme vous dites dans votre entrée.
Sans la pénitence, il retombe avec ses cinq dons [ou attributs du Père] (parole, liberté, individualité, amour, création) dans la conception dite normale des choses. Il crée quand même, il aime quand même un petit peu, mais en ramenant les choses à la finalité qu’il se croit être, parce qu’il se croit quelque chose pour lui-même, il ramène à lui-même. Produire et en tirer profit, telle devient sa pratique. À tous les niveaux, ça fonctionne de cette façon-là. Les industries produisent des biens de consommation, les politiques produisent des idéologies, des lois,  les religions produisent des credos et tous en tirent profit en dominant les consciences (c’est toujours pour votre bien, messieurs dames ! ). Quant à soi-même, dans l’état actuel des mentalités, quand on produit quelque chose, l’ego en tire profit. Voilà bien pourquoi, la pensée (pas la croyance) arèsienne [n']est [ni plus ni moins que] la pratique de la pénitence et le prophète Mikal est le prophète de la pénitence.  
Ne rêvons pas, pour l’instant, nous sommes les mécanismes qui font tourner les systèmes, parce que nous nous croyons encore des "petits quelque chose", des "moi-je", que nous nous donnons telle ou telle importance, telle ou telle  identité, alors que nous pourrions être des milliards de co-créateurs, aux talents uniques (car chacun a sa vision unique du monde) qui en les faisant converger, pourraient enrichir le monde,  de milliards de créations utiles pour l’évolution et la compréhension que le Tout est Un.
Est-ce que le pommier se croit quelque chose pour lui-même ? Non, il est un créateur de pommes. C’est la vie qui nourrit la vie. Penons exemple sur la nature chère aux écologistes.   
Charlie F. du Nord

Réponse :
J'aime ce commentaire, frère Charlie, et je vous en remercie tout en craignant qu'il ne soit pas compris par tous les lecteurs de ce blog. C'est toujours un problème que de devoir faire part de son ressenti en profondeur sans pouvoir simplifier vraiment ce qu'on exprime. On crée alors des textes que surplombe un brouillard. C'est bien pourquoi le Père parle du Fond des Fonds [Rév d'Arès xxxiv/6] sans expliquer plus avant ce qu'il entend par là. Et c'est bien là, de même, que nous constatons une fois de plus que notre langage est insuffisamment non seulement parce qu'il manque des mots nécessaire pour exprimer la métaphysique de la vie spirituelle, mais encore parce que les mots par lesquels nous tentons de l'exprimer ne sont pas compris par tout le monde.
Mais il peut être bon d'écrire en profondeur en octobre, quand les jours rafraîchissent et que la nature ralentit, Les mots de votre commentaire sont comme les diamants scintillants que soulève le soleil d'octobre sur les rosées des prés que je vois derrière ma vitre, de ce mois-là, tandis que file ma Peugeot. Ce n'est pas par lassitude que tout paraît ralentir en octobre, mais parce que tout se charge d'une sorte de poids chevaleresque — l'armure ! — après les soleils trop fous de l'été, les soleils qui déshabillent. Oui, nous sommes des chevaliers du Père. Si nous ne l'étions pas, nous dirait-il : Tu es l'épée ! ? (35/14). Vous n'auriez pas écrit ce commentaire en juillet ; vous l'écrivez en octobre. Vous êtes prêt pour la mission d'automne. Je le suis aussi, étant en voyage de mission, justement.
Merci, Charlie, pour ce commentaire.
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Xxxx xx xxxx xxx xx x xxxxxxxx xxx xxxxx xx xxx .
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Réponse :
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