Commentaires Français de #206
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12 mars 2019 (206)
Pardon
Libération par le pardon

Le pardon seul peut libèrer tout à la fois le pardonneur et le pardonné
et des deux ne plus faire qu'une seule humanité

Il faut mettre fin au cycle de la vengeance sans fin (Rév d'Arès 27/9) et commencer le cycle de l'amour (7/5) sans fin. Le pardon est le principal pont entre les deux cycles.

Le problème de la peine de mort est considéré sous de nombreux angles, mais dans le film "La Dernière Marche", que j'ai vu récemment, il m'est apparu sous l'angle le plus rétrograde, celui de l'amour qui se refuse. Or, l'amour, donc le pardon, est la clé du changement et du salut de l'humain. Le film met en scène les parents des jeunes victimes du condamné à mort, des père et mère, qui se déclarent catholiques mais ne respirent que haine et désir de vengeance.
"La Dernière Marche" est un film sur l'échec du "christianisme" d'église, parce que le pardon de toute offense, quelle qu'elle soit, est le Fond même de l'amour, du vrai et pur christianisme, celui du Sermon sur la Montagne.

Le pardon, une grande forceLe pardon des offenses est indissociable de l'amour ou du Bien ; il est donc une composante de la pénitence, laquelle, rappelle La Révélation d'Arès, est l'unique voie du bonheur et du salut personnel (30/11) ou planétaire (28/7). Ainsi la rédemption ne dépend-elle pas de l'obéissance aux exigences d'une religion mais du Bien accompli (35/6).

Je cite continuellement La Révélation d'Arès, il va sans dire, mais je ne la cite pas comme les religions citent leurs propres sources, leurs Écritures ; je ne la cite pas pour désarmer mes frères et sœurs de la Terre, en faire des tremblants, des dociles, mais au contraire pour en faire des créateurs sur les sentiers rocailleux et tortueux qui font d'eux les créateurs de leur propre destin sur les Pas du Père (Rév d'Arès 2/12), et, partant, les cocréateurs du monde et peut-être même de l'Univers, parce que je suis image et ressemblance du Père (Genèse 1/26) ; donc j'ai un lien avec l'Univers. Dans ce cadre, le pardon est existentiel au sens le plus actif et créatif du mot.

Le pèlerin (12/9) fait son ascension conscient qu'il n'est pas limité à la vie terrestre, qui par le péché devient épreuve, douleur, parfois folie, mais il sait que sa brève existence terrestre est comme les rocailles contre quoi il trébuche en montant de la vallée du péché aux Hauteurs du Jour. Au cours de la marche de la vie à la Vie (24/5) chacune des rocailles laissées derrière soi est un préjugé abandonné, une paix faite, une offense pardonnée. L'âme devra peut-être achopper sur d'autres rocailles dans l'au-delà au cours du temps qui la séparera du Jour (31/8) où elle se rhabillera de chair. Ce Jour-là, chacun réalisera que ce qu'il avait cru haïssable et punissable n'avait été que misère de l'existence pécheresse.
Mais la relativité et la brièveté de la misère terrestre peuvent être dès à présent senties par l'homme tendu vers le salut, l'éternité. La perspective du salut n'est refusée à personne, même au fauteur de mal, pour la simple peine d'une pénitence, qui est une joie pour l'homme pieux... plus légère que le joug du riche et du puissant (Rév d'Arès 28/25). Ainsi est relativisé tout mal en ce monde et est pardonnable toute faute, parce que le but est ailleurs. Ce n'est pas le péché qui nous sépare du Père ; à preuve, Jésus puis le Père lui-même qui me parlent à moi un pécheur en 1974 et 1977. Nous sommes pécheurs mais la Lumière nous est renvoyée, les sentiers (25/5) vers les Hauteurs nous sont montrés.

Bien connue est la nature plurivoque du pardon. Il y a le pardon futile ; par exemple, dans le tramway je dis "Pardon !" à ceux que je bouscule. Il y a le pardon créateur ; par exemple au temps où nous vivions seuls à Arès des haineux nous tourmentaient parfois. Si ces "justiciers de la vraie foi" avaient enlevé une de nos filles à la sortie de l'école et nous avaient menacés de la tuer si nous ne déclarions pas officiellement que La Révélation d'Arès était un mensonge, nous avions Christiane et moi décidé de répondre : "La Vérité ne mourra pas par la mort de notre fille, laquelle ne mourra pas davantage. Des anges recueilleront l'enfant et l'emporteront dans la Vie. Nous crierons notre chagrin, mais ne tomberons pas dans le piège de la vengeance sans fin (Rév d'Arès 27/9). Nous vous pardonnerons, parce que le mal n'apporte jamais que le malheur et parce que nous espérons que vous trouverez un jour la Lumière."
Il faut pardonner toutes les offenses sans exception.
Pardonner n'est ni oublier ni se livrer au méchant. C'est laisser à tout pécheur, petit ou grand, le temps de la sérénité qui est l'œil de la Lumière. Le retour de la planète à la Vie en dépend.

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Commentaires :
12mar19  206C1 
Cette entrée me rappelle que pendant longtemps j'avais une peur bleue à cause de cette phrase dans l'Évangile de la Bible qui dit que tout sera pardonné sauf le péché contre l'Esprit Saint. Mais c'est quoi exactement ce péché-là ? Quel poids d'incertitude sur la conscience ! Que, par exemple, des évangélistes n'hésitaient pas de me rappeler. Des dogmatiques l'ont utilisé pour couvrir le peuple de ténèbres et d'effroi, et le pousser dans l'obéissance à leurs faussetés.
Il m'a fallu un temps pour comprendre que ce n'est qu'une autre manière d'exprimer que Dieu ne pardonne pas le pécheur mais qu'il veut qu'il change en Bien, et puis ne Se souvient plus de son péché, mécanisme ontologique que nous (ré)enseigne La Révélation d'Arès.
Donc, aucune raison pour une telle peur. Quel soulagement ! Le pardon est la conséquence naturelle du changement du pécheur en Bien. Autrement dit, ce soi-disant non-pardon de l'Évangile n'est qu'une expression de l'Intransigeance d'un Dieu, qui d'ailleurs n'est pas du tout Punisseur, mais l'Aimant par excellence, Qui "seulement" veut vraiment qu'on change et qu'on vive selon Sa Parole, Qu'Il a renouvelée à Arès pour nous tous, nous l'humanité. L'Insistance reste donc.
Comme il y a beaucoup de gens qui un moment donnée ou un autre commencent un sérieux retour sur leur vie passée, ce fait pourra soulager beaucoup de craintes inutiles (voire dangereuses), non seulement chez des chrétiens souffrant de cette dogmatisation devenue pouvoir, mais aussi des croyants dans d'autres religions qui aussi maintiennent la fausse vision d'un Dieu soi-disant peseur d'une imaginée balance pour peser le bien et le mal du pécheur penitent, pour mieux diriger les fidèles à vivre comme Dieu ne veut pas. Alors que nous devons apprendre et décider nous-mêmes comment accomplir le Bien.
Peer J. de Hambourg, ville et un des 16 Länder d'Allemagne

Réponse :
Quelle joie de vous lire, mon frère Peer, dans ce commentaire très inspiré, le premier que l'on m'adresse après le mise en ligne de mon entrée #206. Merci pour ce beau texte.
Vous avez bien compris le sens de l'Évangile (traduction d'Émile Osty) : Tout péché ou blasphème sera remis aux hommes, mais le balsphème contre l'Esprit ne sera pas remis (Matthieu 12/31). Je choisis la traduction d'Émile Osty, parce qu'il traduit par péché ou blasphème en parlant de ce qui doit être remis, mais il fait ressortir que seul le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis. Cette nuance est importante, parce que le péché peut être certes conscient, mais il est le plus souvent inconscient à quel que degré d'inconscience que ce soit, le désastreux résultat d'une routine (mensonge, égoïsme, vol, meurtre, etc.), tandis que le blasphème est toujours conscient, volontaire, délibéré. Il est le refus voulu, décidé clairement et professé de la Vérité, c.-à-d. commis en pontifiant.
Vous écrivez avec justesse : "Il m'a fallu un temps pour comprendre que ce n'est qu'une autre manière d'exprimer que Dieu ne pardonne pas le pécheur mais qu'il veut qu'il change en Bien, et puis ne Se souvient plus de son péché, mécanisme ontologique que nous (ré)enseigne La Révélation d'Arès." C'est en effet ce que le Père exprime, par les lèvres de Jésus en 1974, en disant : Je ne pardonne pas le pécheur; Ma Volonté est qu'il cesse d'être pécheur (Rév d'Arès 30/10). Mais là, pour comprendre, on doit comparer le péché à une longue échelle qui descend (non celle de Jacob qui montait, Genèse 28/12) avec quantité d'échelons, dont on ne voit généralement que ceux du haut. L'antivérité absolue est en bas, dans l'abîme noir, que très peu de regards peuvent percevoir. Les mots manquent pour exprimer le blasphème contre l'Esprit, l'antivérité absolue et volontaire de l'hyperpécheur, car il est très peu visible, si même il est visible. Oui, il y a une longue hiérarchie de péché, et, en fait, le maxi-péché, le péché des péchés (38/2), celui qui anéantit l'âme (4/4), est rarissime, parce que peu d'humains descendent si bas. Le péché contre l'Esprit, le Mal du Mal, l'absolu Mal, est inexprimable. Je le connais de par mon charisme, mais je n'ai pas les mots pour le décrire comme il faudrait.
L'absolu Mal est donc rarissime. On croit le voir par exemple dans les camps de la mort d'Auschwitz en 1944 ou de Daech en 2014, mais entre l'horreur ici bas et ce qui se passe au delà, les situations s'opposent presque. Je m'explique : Voyez l'horreur du bourreau de Daech, musulman féroce sincèrement convaincu qu'il doit faire ce qu'il fait, qui lève son sabre et tranche la tête de qui il appelle un infidèle, puis l'instant d'après se trouve tué à son tour par le mitraillage d'un avion de passage. Voilà deux êtres — ce qui est est et continue d'être —, bourreau et victime, qui quittent ce monde quasiment ensemble et se retrouvent éons, exsangues loin des cœurs arrêtés, qu'ils avaient habités, loin des sentiments soudainement éteints, d'angoisse et de  peur chez l'un, de rage fanatique et de férocité chez l'autre. En un instant il ne reste rien des haines adverses qui les avaient animés. Ils tombent dans la paix de l'Univers, dans un état subit de trêve, de paix, de repos, dans l'antichambre de l'infini, et commencent leur périple désincarné et ils espérent que des mortifiants (33/34) leur prêteront leur force pour s'envoler vers la Lumière, les luminaires (33/32) de l'espace sans fin.
Depuis le péché d'Adam, qui probablement ne fut pas entièrement conscient de pécher, le Père s'adonne sans relâche à une Œuvre d'Amour, magnifique, celle de passer outre le péché humain, très rarement commis avec liberté absolue (10/10) et conscience radicale, impérieuse, pour sauver le plus possible de ses Enfants, même beaucoup de ceux qui semblent des pécheurs invétérés et impardonnables. Les pécheurs absolument conscients de leur péché, ceux qui, sans être fous, peuvent dire : "Oui, Dieu, je sais que Tu existes ; je sais que Tu nous aimes, Vieux Con du Ciel ; je Te déteste. Oui, je sais ce qu'est un péché et ça m'indiffère, je sais que c'est le Mal, qui détruit la Création, mais je veux cracher à Ta gueule de Créateur, crier à Tes Oreilles : "Je sais que je détruis Ton Œuvre, mais je jouis consciemment de faire ce mal, etc." Et même des choses plus horribles encore. Alors, oui, celui-là ou celle-là, rarissime, refuse le pardon, et puisqu'il refuse le pardon, n'en veut pas, le rejette, se délecte d'avance de ne plus être qu'un spectre lamentable (16/17), il n'est pas pardonné, car là encore il est libre de ce refus comme le poulain agile (10/10). Voilà pourquoi Dieu ne pardonne pas le pécheur, qui reste libre de son état.
Mais pour l'heure notre problème c'est la Terre, la vie de ce monde. C'est le monde qu'il faut changer pour qu'il ne soit plus le siège de la souffrance, mais redevienne le siège du Bonheur. C'est le retour d'Éden que nous préparons à l'échelle de ce que nous voyons et pouvons faire, et qui est d'une importance capitale.

13mar19 206C2
Nouvelle plongée au sein du peuple des Gilets Jaunes ce samedi à Bordeaux en compagnie de Frédéric M. avec de nouveaux panneaux (voir photos) qui nous a donné l'occasion d'être filmés et photographiés, notamment par Mediacord (https://www.youtube.com/watch?v=oyxZFM6Q_8M : voir nos panneaux à 2:16).
Par sa constance et la qualité de sa présence, Frédéric a su gagner un vrai respect de la part de tous, organisateurs et têtes de pont du RIC compris.
Moins de manifestants que la semaine précédente qui déjà montrait des signes d'essoufflement, mais la ferveur est toujours là. Nous avons parcouru la ville avec José (notre compagnon bordelais de fortune qui nous suit tel un ange gardien depuis le début), Delphine B. et Chantal C., pour former une belle ligne de front avançant avec nos panneaux brandis, comme une barrière dans la foule.
J'ai été touché par la force qui se dégageait de cette alliance de contraires formée par ce grand Viking marchant en protecteur avec ses panneaux insurgeants sur le plan sociétal, aux cotés de Chantal, sœur esseulée qui brandissait un panneau purement spirituel, signant ensemble toute la Force et l'étendue du Message d'Arès.
Cette journée fut d'ailleurs marquée par de nombreux échanges avec le tout venant nous donnant autant d'occasions de témoignages et de sensibilisation à La Révélation d'Arès et à son Idéal.
Rejoints en fin de manifestation par deux jeunes gens que nous avions rencontrés la semaine dernière, nous avons planté nos panneaux sur les quais pour participer comme le samedi dernier, aux rencontres qui suivent la manifestation autours de tentes thématiques (RIC, logement, travail, santé, agriculture,...) au sein d'un "Village Jaune" improvisé pour la circonstance. Ce fut notamment l'occasion de nous lier avec un jeune anarchiste que nous avons embarqué en fin de soirée avec le reste de la troupe (Chantal exceptée) dans le Médoc, pour vivre le temps d'une nuit, ce que le panneau phare de Frédéric proposait : la création d'une Petite Assemblée Souveraine, un P.A.S., notre version du PUhC, qui met davantage l'accent sur la notion de Souveraineté.
Rien de structurel dans notre démarche, une simple proposition présenté comme un passage à faire pour sortir du monde des Pouvoirs.
Je retiens de cette journée l'appel répété à "se structurer" lancé par les gens du RIC. Mais le mouvement des Gilets Jaunes, profondément anarchique, semble résister muettement à cette tendance. Sent-il le piège du politique se profiler dans cette démarche ? J'ignore comment ce mouvement évoluera, mais je pense qu'il gagnera à rester ancré dans le local, au plus près de ses réalités premières, au plus près de la Terre.
En même temps que je finis ce commentaire, je prends connaissance de votre nouvelle entrée et je comprends que votre appel au pardon s'adresse aussi à ce peuple de Gilets Jaunes remonté contre les forces de l'ordre qui ont frappé, violenté et mutilé un grand nombre de manifestants, parfois de manière totalement gratuite, entraînant chez les manifestants des vagues de rejet, d'incompréhension voire de haine vengeresse d'une semaine à l'autre. Certes, il y a parmi les manifestants des violents  et des meurtris qui veulent en découdre, mais malgré le climat tendu avec les forces de l'ordre, j'ai senti dans ce peuple quelque chose de plus fort que la haine parcourir les cœurs. Pour preuve, ces "Tout le monde déteste la Police" scandés dans les cortèges en présence des CRS, que j'ai senti perdre en force de samedi en samedi, comme si la foule dans son ensemble, sentait d'instinct qu'aucune issue ne pourrait naître de la détestation et du rejet d'hommes et de femmes qui, du reste, sont clairement perçus comme étant aux ordres du politique.
Là est la profonde rupture : entre le peuple et ses élites dirigeantes déconnectées des réalités, déracinés pour ainsi dire, en qui les Gilets Jaunes voient la vraie cause de leurs maux.
Que sortira t-il de ce creuset quand la lave qui s'y est déposé samedi après samedi aura refroidi ? Pardon et détermination dans l'action sont-ils conciliables ? Gandhi a montré que oui. La France, quant à elle, acceptera t-elle son Destin spirituel ? Le moment est peut-être venu pour elle de se tourner vers le prophète que le Père de tous les hommes lui a envoyé.
Éric D. d'Île de France
Bordeaux09-03-2019-1Bordeaux09-03-2019-2Bordeaux09-03-2019-3

Réponse :
Merci, mon frère Éric, pour ce commentaire et pour les images.
Oui, le mouvement des Gilets Jaunes s'essoufle. Tous nos frères et sœurs de partout le disent. Je ne crois pas que l'intention ou le besoin de protester s'essoufle, mais les moyens et le temps de protester s'épuisent. Le gouvernement et les pouvoirs publics ont, avec nos propres impôts, tous les moyens de contrer ce mouvement, mais de leurs côté les hommes du mouvement n'ont aucun moyen ou presque. La disproportion des moyens est telle qu'il me paraît même merveilleux que le mouvement des Gilets Jaunes ait tenu jusqu'à présent.
J'ai essayé de répondre au fameux "débat" national. La première question sur lequelle je suis tombé était: "Êtes-vous pour ou contre l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le scrutin..?" Je suis resté bouche-bée. Je me suis dit : "Quelle dose de proportionnelle ? 2 % ? 80 % ? Et de quelle manière ?" et je me suis esclaffé: "Mais c'est une arnaque !" Et j'ai cessé de répondre à ce faux débat avant même d'avoir répondu à la première question. Ce gouvernement comme tous les gouvernements a l'art de l'enfumage... Ce sont de hommes que comme frères humains j'aime et pardonne, mais "pardonner n'est pas oublier" comme je l'écris à la fin de mon entrée. Je n'oublie pas que ce sont des professionnels de la politique qui n'ont certes nulle intention d'introduire l'injustice dans le système, mais qui sont aussi mus par le souci de préserver leurs carrières et de satisfaire leur goût particulier de la domination. Ce mélange les conduit toujours à des demi-intentions, à poser des demi-questions, à y répondre à demi, etc. Mais nous, nous ne sommes pas des demi-humains ! Le seule moyen de trouver des gestionnaires, au demeurant révocables, qui aient des intentions entières, qui posent des questions entières et précises, c'est de vivre en petites unités humaines.

13mar19 206C3
Je ne comprends pas votre réponse à Peer [206C1].
Un péché est un péché, un blashème est un blasphème, Dieu pardonne ou ne pardonne pas selon le péché ou le blasphème. Petite ou grand le péché est pardonné ou ne l'est pas. Concernant Dieu, Il ne pardonne pas, Il le dit. Autrement dit, il punit tous les péchés, petits ou grands, Il châtie tous pécheurs, petits ou grand, et Il n'a qu'un souci : Obtenir que les pécheurs ne pèchent plus, point final. C'est clairement ce que veut dire : Je ne pardonne pas le pécheur, Ma Volonté est qu'il cesse d'être pécheur [Rév d'Arès 30/10].
Vous essayez de biaiser, mais ça ne marche pas !
Loïc G. d'Ille et Vilaine

Réponse :
Mon frère Loïc, je comprends votre réaction, parce qu'elle est très fréquente et beaucoup de lecteurs de La Révélation d'Arès comprennent de travers comme vous le comprenez de travers le verset 30/10.
Reprenons le verset en entier : Je ne pardonne pas les péchés ; Mon Salut n'est pas au bout du Pardon, mais au bout de la pénitence. Je ne pardonne pas le pécheur ; Ma Volonté est qu'il cesse d'être pécheur. Ce que le Père dit ici, par les lèvres de Jésus (Rév d'Arès 30/10), c'est qu'il est Créateur de l'homme par Amour, par besoin d'avoir des Enfants (13/5), besoin que nous avons nous-mêmes, humains, par reconduction, puisque nous sommes son image et ressemblance (Genèse 1/26). Sa nature comme son rôle ne sont pas de pardonner, mais de respecter les attributs divins qu'Il a donné à l'enfant : Parole, Individualité, Créativité, Amour et Liberté. Il ne pardonne pas les péchés, parce que Sa Vocation, Son Travail ou Son Souci si vous préférez, n'est pas de pardonner mais de chercher à ce que l'Enfant ne pèche plus parce qu'il se torture et s'autodétruit par le péché et que le Père souffre de voir Sa Progéniture se martyriser et s'autodétruire et, très probablement, émettre négativement en direction de la Création, puisque nous sommes images et ressemblances du Créateur (Genèse 1/26).
Autrement dit, le pardon est une action humaine nécessaire et urgente pour faire cesser le martyre de l'homme. Le pardon n'est pas une action divine. Lui, Il est la Vie. La Vie est la Vie, elle n'est pas une ligne brisée ou oscillante, rythmée par des hauts et des bas, que serait sans cesse réalignée par des Pardons du Père ; elle est une ligne inchangeablement droite par nature. C'est la vie avec un petit v, la vie de la Terre pécheresse, qui est une ligne brisée, qui a besoin d'être sans cesse réalignée par le pardon humain. Dieu ne pardonne pas le péché, parce que ce n'est pas Sa Fonction. C'est notre fonction humaine, une fonction de la pénitence.
Pour faire image, c'est comme la mouette au-dessus de la mer, qui dirait : "Je ne nage pas, moi je vole ; mon désir est que le poisson nage bien, alors je le happe et nous ne faisons plus qu'un." Il n'y a pas cruauté de la mouette dans le fait qu'elle se nourrit de poisson ; cette ingestion fait partie d'un métabolisme nécessaire. Nous ne sommes pas ingérés par Dieu, mais il y a entre Lui et nous un métabolisme à rétablir pour qu'il se réalise parfaitement à nouveau comme il se réalisait au temps d'Éden : Nous sommes images et ressemblances de Dieu (Genèse 1/26), nous sommes Dieu comme phases du métabolisme créateur de l'Univers. Mais n'allons pas trop loin. Ce n'est pas là le problème que vous posez.
Quant au "péché qui est un péché" et au "blaphème qui est un blasphème", n'oubliez pas, mon frère Loïc que l'un comme l'autre varient considérablement en valeur, en portée, en calibre, ils suivent une échelle, qui est la conscience. La conscience et l'inconscience jouent un rôle considérable dans l'évaluation du péché. Il y a l'inconscience absolue qui est celle du fou total et il y a la conscience absolue du pécheur absolu, celui qui commet le péché de péchés, encore rare, mais qui peut être, hélas, celui dans lequel l'humanité se perdra si elle ne rectifie pas sa ligne de conduite (Rév d'Arès 38/2). Pour l'heure, en général, le péché humain se tient sur des échelons intermédiaires et l'on peut dire que la responsabilité du pécheur est, pour le moment, généralement relative, souvent très relative. De là l'exemple que je donne du décapiteur qui croit sincèrement à ce qu'il fait et du décapité en Syrie ou en Irak (206C1). C'est en raison de cette relativité que le pardon est nécessaire et nécessairement humain, pas divin.

13mar19 206C4
Hugo est avec nous ! Acte 19 au panthéon.
Perspective de pardon, de dépassement, pour que ce monde change.
Le pardon aujourd’hui en France, comme dans "Les Misérables", quand l’inspecteur Javert cesse de poursuivre Jean Valjean:

C’est officiel, les forces de l’ordre ne répriment plus les gilets jaunes
Que les force de l’ordre et les gilets jaunes, les hommes faits pour sévir, et les hommes faits pour subir, que ces deux groupes qui étaient les uns et les autres la chose de la loi, en fussent venus à ce point à se mettre tous les deux au-dessus de la loi, est-ce que ce n’était pas effrayant ?
Quoi donc ! de telles énormités arriveraient, et personne ne serait puni ! Les gilets jaunes plus forts que l’ordre social tout entier seraient totalement libres et eux, les forces de l’ordre continueraient de manger le pain du gouvernement !
Le songe des forces de l’ordre devenait peu à peu terrible.
Les gilets jaunes ! C’était le poids qu’ils avaient sur la conscience.
Ils avaient beau se débattre, ils étaient réduits à avouer dans leur for intérieur la sublimité de ces manifestants.
Des transgresseurs bienfaisants, des insurgés compatissants, secourables, cléments, rendant le bien pour le mal, rendant le pardon pour la haine, préférant l’empathie à la vengeance, sauvant ceux qui les ont frappés, agenouillés sur le haut de la vertu, plus voisin des anges que des hommes.
Les forces de l’ordres étaient contraintes de s’avouer que ces montres existaient :
Les gilets jaunes.
Victor Hugo [paraphrasé par François S. d'Alsace] Mars 2019

Réponse :
J'avoue, mon frère François, que je ne comprends pas très bien votre commentaire, et je devine même mal, presque contradicoirement, ce que par lui vous voulez exprimer. Mais je respecte les idées de chacun. Je l'affiche donc, laissant à chacun la liberté de comprendre ce que vous voulez dire.
Il y a longtemps que j'ai lu "Les Misérables". J'ai lu cette œuvre dans un énorme bouquin, une édition dédicacée par Victor Hugo lui-même à mon grand-père Mathurin Potay (j'ignore ce que ce livre est devenu). Je l'ai lue dans ce grand livre, plein de gravures de Gustave Brion je crois, quand j'avais douze ans, je crois, et si je me souviens bien, le pardon n'est pas la raison qui pousse Javert à se jeter du Pont Notre Dame à Paris pour se suicider. Javert pour moi se tue soit par remords, soit, me semblait-il plutôt, parce qu'il ne comprend pas et perd la raison face aux rapports d'humanité entre les humains à la suite d'événements qui lui ont révélé pour la première fois de sa vie que les hommes sont mus par d'autres ressorts intérieurs que le bien ou le mal à l'état brut, autrement dit, que ce monde est très compliqué et que la loi ne peut jamais résoudre cette complication.

13mar19 206C5 
La barbarie  nous amène vers le précipice. Nous ne devons  pas perdre la conscience de ce que nous faisons. Maîtrisons nos actes en surveillant nos pensées et nos sentiments dans tous les moments maléfiques de la vie quotidienne. Ainsi seront-ils inspirés par la sagesse et l’amour, et nos actes porteront le sceau de la sagesse et de l’amour car ce sont de véritables forces d’évolution.
Il est urgent de  construire notre avenir dès maintenant sur des bases solides, ainsi notre demain sera édifié sur les fondations que nous aurons posées en ce moment actuel, afin de construire notre avenir en cherchant à améliorer le présent.
Tout est Dieu. La seule différence c’est la conscience que nous devons développer jusqu’à nous fondre dans la divinité. Je crois que si nous avons des pensées nocives elles sont inscrites en nous et en-dehors de nous, la pollution de nos pensées bonnes ou mauvaises nous suivront dans le futur si elles sont le mal nous en serons les victimes. Pensons spirituel !
Pardonnons toujours à cause de Dieu. Pour que nous puissions pardonner (Rév d'Arès 12/4). Le massacre des Innocents est un épisode relaté dans l'Évangile selon Matthieu [Matthieu 2/16-18] en même temps que la fuite en Égypte : le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem, ordonné par Hérode, craignant la concurrence d'un roi des Juifs dont la venue lui aurait été annoncée par les Mages, peu après la naissance de Jésus.
Nous sommes en lutte avec nous-mêmes en nous demandant s’il faut pardonner, mais nous devons sortir vainqueur de cette lutte, le premier pas par lequel le disciple entre dans la vie spirituelle c’est le pardon. "Comment ? Ce n’est pas possible qu’il m’arrive une chose pareille." "Eh bien si, justement, c’est à toi, et tu dois essayer d’en tirer les éléments les plus utiles pour ton évolution, faire face aux épreuves seulement parce que c’est la meilleure façon de les affronter. Ne t’assieds pas à Mon Tribunal, dit Dieu (Rév d'Arès 16/13).
L’amour est toujours plus grand que la foi. Se rééduquer soi-même, connaître la méthode qui permettra de maîtriser la blessure  si grande et de la transformer en une résurrection spirituelle de purification en quête de perfection par le pardon. Changer le monde est affaire d’héroïsme (Rév d’Arès xxxv/4-12). Dans ce sens Dieu appelle les croyants à devenir des héros, en devenant prophètes et combattants de l’avenir. Ils quittent alors la fête des morts (xxv/5) qui dure depuis les générations des générations de péché et de matérialisme grossier.
Maryvonne C. de Bretagne-Sud

Réponse :
"L’amour est toujours plus grand que la foi," dites-vous, ma sœur Maryvonne, mais ce n'est pas vrai. Le bourreau qui décapite "l'infidèle" dans un camp de Daech en Syrie ou en Irak a une très grande foi, mais il n'a pas un gramme d'amour, d'amour au sens évangélique.
Ceci dit, merci, ma sœur Maryvonne, pour ce commentaire plein de vigueur spirituelle.
Oui, Maryvonne, "le premier pas par lequel le disciple entre dans la vie spirituelle c’est le pardon." Voilà qui est bien dit. Nous vivons dans un monde qui s'emplit une peu plus chaque jour d'illusions et qui prétend éviter à l'homme ce que Thomas d'Aquin dans "De Malo", au 13ème siècle, appelait "un certain défaut, une certaine déficience avant l'acte de choix lui-même déficient." Ce monde veut oublier et dépasser cette incertitude qui limite le pouvoir de comprendre chez l'homme en le situant sans cesse entre Bien et Mal et qui nécessite par conséquent le pardon qui seul, peut tenir compte de cette incertitude.
Autrement dit, le Mal absolu n'existe pas ou n'existe que rarissime et on a le plus souvent devant soi un mélange inextricable de Bien et de Mal et par là on n'a qu'une solution : le pardon, qui seul peut résoudre l'impossibilité de juger (Matthieu 7/1) et permet de voir au-delà des jugements et décisions. Donc du pardon dépendent paix, bonheur... bref amour comme vous dites.
Autrement dit, les hommes font des lois parce qu'ils oublient ou préfèrent ne pas savoir qu'il sont faillibles et que cette faillibilité empêche une détermination absolue du Mal et que donc, dans un acte d'amour si elle veut cet amour, elle n'a d'autre solution que le pardon.
Face à l'incertitude n'existe-t-il pas des moments où la justice humaine elle-même hésite et préfère acquitter que de condamner dans le doute ? C'est rare, mais ça arrive et parfois à l'échelle nationale — l'Afrique du Sud après l'apartheid — et ça prouve en même temps que l'homme est, à des degrés divers, dans l'impossibilité de juger. Hélas, bien souvent, la justice humaine elle-même est figée et préfère appliquer une loi arbitraire et de ce fait inique plutôt que de se mouiller à essayer de comprendre. Autrement dit, le pardon provoque l'effort de comprendre et est donc évolutif, alors que la loi n'est jamais évolutive ; elle est et elle est toujours brutale.
La vie dans le plus humble des campements indigènes australiens suffit à faire buter sur l'impossibilité de savoir sans faillir ce qui est bien et ce qui est mal dans la vie de ces êtres très simples. C'est parce que le péché a atteint même ces humains perdus dans des déserts, le péché qui brouille tout, et ce qu'ont compris ces indigènes, c'est qu'il vaut mieux la paix, le pardon, la bonté, que la dureté et la prétention à tout savoir. Le pardon est un acte de sagesse au sens le plus élevé du terme.

13mar19 206C6 
Merci de votre réponse à mon précédent commentaire 206C3. Selon vous j'aurais compris le verset 30/10 de La Révélation d'Arès à l'inverse de ce qui faut comprendre. Pour vous le fait que le verset cite la pénitence comme étant le bout de l'action de sortie du Mal, c'est que le pardon est le travail constructeur de l'homme, pas le travail de Dieu. Ça se tient, bien que j'aie du mal à l'accepter.
Mais enfin, je reviens sur ce que je disais : Un péché est un péché, un blashème est un blasphème et l'homme  pardonne ou ne pardonne pas selon le péché ou le blasphème. Mais vous compliquez les choses en disant que le pardon est en fait nécessaire, parce que, d'après ce que je comprends, il y a toujours plus ou moins mélange de bien et de mal ou il y a un mal pas très conscient et qu'il vaut mieux pardonner que de juger. C'est ça ? Mais enfin, c'est beaucoup plus simple ! Un péché est un péché, un blashème est un blasphèm, point ! Pourquoi tourner autour du pot ?
Loïc G. d'Ille et Vilaine

Réponse :
Encore vous, frère Loïc ! Ma réponse 206C3, que je viens de relire, me paraît pourtant claire.
Donc, vous admettez, pas sans quelques réticences, que pardonner n'est pas la fonction du Père, je vous remercie de cette reddition.
Mais pour vous il reste que la notion du mal ou du bien est claire. Vous vous faites du bien et du mal une idée abrupte et élémentaire qui n'est pas souvent rencontrée dans la réalité de la vie. Bien sûr, si je dis : "Je suis allé à Brest," alors que je suis allé à Cherbourg, je mens sciemment. Si je chaparde une orange à l'étal du marchand, je vole sans discussion possible. Si je vous fiche mon poing dans la figure, je suis un violent, un méchant. Si je refuse dix Euros à un pauvre qui me demande cette somme, je pèche par égoïsme. Ce sont des cas simples, qui laissent penser que le péché est comme ça un mal simple qui saillit par des faits mauvais soudain clairs et évidents. Ce sont des cas nus, élémentaires et très intelligibles, mais le mal est loin de se réduire à cela.
On ne se précipite pas par vice, nécessité ou désir dans le Mal, il y a une énorme part d'inconscience dans le mal qu'on fait. Il y a autour de vous, sans même que vous y preniez garde, de nombreux aspects du Mal, donc du péché, qui sont beaucoup moins visibles tant on est habitué à les voir — on dit même : C'est humain ! —, plus dilués dans le temps ou malheureusement continuels. Quantité de processus mauvais sont en apparence neutres et acceptables ou discernables mais faciles à récuser, peuvent conduire à de grands maux. En politique, par exemple, c'est extrêmement fréquent, mais ce n'est pas moins fréquent dans la vie sociale, commerciale, morale, etc. ordinaire. Il existe notamment beaucoup de modes de pensée simplificateurs et unidimensionnels, qui même confinent à l'abrutissement, qui sont à la racine de très grands maux sociaux comme les inégalités excessives : richesse et misère, etc. La pensée moderne est une pensée mutilée, mutilée par le manque de réflexion suffisante notamment et qui entraîne des conséquences très préjudiciables, des maux qui tiennent véritablement du péché.
Le Mal est d'autant plus facile à commettre aujourd'hui que la pensée est maintenant parcellisée, spécialisée, instrumentalisée, fonctionnalisées, à tel point que les conséquences mauvaises de ces pensées, une fois mises en action, peuvent être catastrophiques. Ce sont de telles pensées activées par la politique ces quelque trente années passées qui ont conduit, par exemple, aux Gilets Jaunes, parmi lesquels beaucoup de gens qui vivent quasi miséreux alors que d'autres vivent au-dessus de ce qu'ils méritent. Que ce soit au plan du couple, de la famille, de la ville, de la nation, c'est l'incapacité (hélas très souvent inaperçue) à concevoir un problème dans son ensemble et ses conséquences quand il s'agit, par exemple, de 67 ou 350 millions d'habitants, qui sont à la base de grands maux et grandes douleurs. Oui, les idées générales les plus creuses et les plus incomplètes, comme l'idée qu'on peut appliquer une seule décision pour une immense population très hétérogène, conduisent à des souffrances. Cela fait de la politique moderne un Mal, un grand péché.
On pourrait citer quantités de souffrances dues à la manie moderne de tout normaliser, de tout voir par clichés. C'est un mal, oui, un Mal avec un grand M. Il y a aussi la manie de vouloir toujours tout changer, la manie d'aller vite, d'être "efficace", de tout avoir tout de suite, la manie, tragique celle-là, de récuser tout ce qui ne tombe pas dans les modes du moment, etc. Et on trouve ça normal... La cécité est évidente, l'imbécillité ne l'est pas moins. Pour vous l'imbécillité n'est peut-être pas un mal, un péché... Mais si, c'en est un et pas sous des forme bénignes. J'ai le devoir de me rendre intelligent comme dit La Révélation d'Arès (32/5), parce qu'être sot par satisfaction d'être ce qu'on est est péché. Oui. Ne croyez pas que ce soit spécial aux politiques et aux businessmen, c'est partout des plus petites unités sociales (le couple) aux plus grandes. Si vous entendez par exemple les motifs invoqués par les gens qui divorcent vous êtes coi, vous êtes sidéré par la superficiel des invocations... "On ne s'entend plus... On n'est pas heureux," comme s'il n'était pas normal d'avoir quelques désaccords parfois et d'avoir des moments de spleen et comme s'il était plus raisonnable de croire aux contes de fée. Le Mal là est désastreux, à commencer pour les enfants. Bref, le Mal n'est même plus remarqué la plupart du temps. C'est tragique. Il y a bien des signaux avertisseurs, mais presque plus personne n'y fait attention et là on voit que parmi les grands péchés l'aveuglement n'est pas le moindre. Il y a une part d'inconscience, évidemment, mais c'est bien pour ça qu'on n'a pas d'autre solution que de pardonner, sinon on n'avance plus, on détruit.
L'humanité ne pourra pas retrouver ses esprits, se rmettre à la réflexion, si on ne la pardonne pas.
Si vous ne comprenez pas ce que je vous dis ici, c'est que vous n'avez pas compris ce qu'est le Mal.

14mar19 206C7
Pour ma part, à l'exemple des deux derniers commentaires et de vos réponses sur le pardon, je souhaiterais souligner ô combien nous découvrons une autre intelligence, une autre pensée celle du prophète évidemment, mais aussi celle d'un homme qui nous invite à y mêler la Lumière même de Dieu: relativité, mesure, réflexion, réalisme, amour, respect de la pensée de l'autre, déduction, autre logique et quantité d'autres critères…
Nous assistons à une vraie révolution de la manière de penser dans ces deux réponses. Oui nous avons tant à apprendre en apprenant à mieux nous servir de nos cerveaux, de nos cœurs et même de la Parole de Dieu. Merci frère Michel ! Là aussi est votre action depuis 40 ans : nous apprendre à réfléchir.
Michel M. d'Île de France

Réponse :
Je suis très touché, frère Michel, par ce commentaire bref. Il me faudrait plus qu'un merci pour vous le dire, parce qu'en fait je n'ai pas à être remercié, je ne fais que mon travail prophétique.
En même temps, voyez-vous, je comprends mieux pourquoi le Père me garde une certaine vigueur alors que j'approche les 90 ans. Je dois expliquer, ré-expliquer, encore et encore expliquer le sens de ce qu'Il dit, Lui le Père, parce que les humains, déformés par la culture sans s'en rendre compte, comprennent obstinément de travers certaines choses très importantes ; le pardon est de celles-là. Le pardon n'est pas une gentillesse morale, qui arrête la réflexion — je te pardonne, n'en parlons ! —, c'est au contraire une nécessité sage, au sens le plus haut de sage, qui permet d'enclencher la réflexion, de développer l'intelligence (Rév d'Arès 32/5) — je te pardonne, parce que mon pardon nous fournit le temps de parler de ce que je te pardonne, pour comprendre.
La condamnation est un coup de rasoir. Le pardon est un réveil ! C'est une bourrade dans les côtes du pardonneur comme du pardonné !
La loi — horreur ! — n'admet pas les points de vue différents. Elle est le seul point de vue autorisé. De ce fait, je n'ai jamais bien compris pourquoi certains jeunes se lancent dans l'étude du droit, à moins que ce soit justement pour mettre en doute la loi. Mais même cette mise en doute est de toute façon, au final, généralement assommée par la loi des rats (Rév d'Arès xix/24). Le monde n'avancera pas vers son changement tant souhaité sans admettre la vérité de la relativité, l'impossibilité de savoir qui a tort, qui a raison, et donc les valeurs équivalentes de points de vue différents.
La relativité ressort mieux derrière un pardon. Le pardon permet de bien distinguer le monde imbécile qui est le nôtre du monde souhaitable qui ne peut que sortir d'une évolution, que stoppe sans cesse, hélas, l'esprit désastreux de vengeance sans fin. Quand le 11 septembre 2001 les avions d'Al Qaïda  détruisirent le World Center de New York, je me dis que le président des USA, un protestant baptiste paraît-il très pieux, commencerait par essayer de comprendre ! "Pourquoi avez-vous fait cela ? Que nous reprochez-vous ? Pourquoi des hommes de chez vous se sont-ils sacrifiés pour provoquer ce désastre spéctaculaire ?"  Mais non, il a immédiatement rêvé de destruction en retour, il n'a pensé qu'à la guerre, il a par là imbécillisé un peu plus son peuple qui ne réfléchissait pas davantage. Le président par le pardon, quitte à y perdre sa place, aurait grandi les USA, aurait ré-installé sur sa stèle le Sermon sur la Montagne, aurait engagé un dialogue avec des croyants musulmans qui voyaient la situation autrement, aurait permis de comprendre où était le Mal et aurait évité les dérives tragiques qui allaient suivre. Tout ce qui peut engager un dialogue avec l'autre est prometteur d'amour et d'intelligence. La politique, hélas, a horreur de ça ; elle aime les confrontations et en tire gloire. Comment pourrions-nous avoir quelque admiration pour l'Histoire ?

14mar19 206C8
Bonjour Frère Michel,
Peut-être l'avez-vous déjà vu, les Pèlerins d'Arès sont mentionnés de manière neutre dans le Télégramme du 10 mars au sujet des manifestations des Gilets jaunes :
https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/gilets-jaunes-retour-sur-deux-jours-entre-violences-et-interrogations-10-03-2019-12228227.php
Je vous embrasse.
Christelle

Extrait du journal "Le Télégramme" de Bretagne :

Le Télégramme 1Le Télégramme 2

Réponse :
Merci, ma sœur Christelle, pour votre information.
"Le Télégramme" de Bretagne cite les "jeunes adhérents de La Révélation d'Arès" comme participants à la manifestation des Gilets Jaunes à Quimper, Finistère. La journal nous qualifie "d'énigmatiques", preuve que nous sommes encore trop peu connus et que la mission des Pèlerins d'Arès n'a pas fini de faire connaître la Parole du Père descendue à Arès et ses disciples.
Mais c'est un commencement. Déjà "Ouest France" nous avait cités sans nous dénigrer après l'incident de Lorient (pot de peinture projeté sur la devanture de notre local de mission).

14mar19 206C9
Je suis étonné de découvrir cette nouvelle entrée (206) intitulée "Pardon". J'aurais plus penché pour un "Yellow Vests 2" (Gilets Jaunes 2) comme vous aviez lancé "Confraternité d'économies (2)" (entrée 181). Mais je reconnais que le pardon sied à merveille dans la suite du programme.
Vous savez, prophète, un petit rictus s'est dessiné sur mon visage lorsque j'ai lu votre réponse à mon commentaire 205C91. Je ne rentre pas dans le détail, c'est inutile, mais lorsque vous dîtes :  "N'oubliez pas que vous, Frédéric, avez une personnalité très forte qui non seulement se suffit à elle-même, mais s'y plaît". Je n'oublie pas non plus que la personnalité se construit aussi selon la volonté.
Je ne vais pas me morfondre, ni me repentir, vis à vis  de la mollesse du monde, et surtout face à la complaisance, lorsque je sais que le fort doit être au service du faible. Ou que les forces doivent être au service des faiblesses. À ce propos, et c'est le plus déstabilisant, je me demande qui me renforce, lorsque je suis faible ? Personne. Hormis moi-même et Dieu. Alors oui, je me plais à savoir que je ne dois compter que sur moi-même. Qui met à manger dans mon assiette lorsque j'ai faim ? Personne. Hormis moi et le Père quand Il le veut — Car je suis l'échanson et le muletier, mais je n'oublie pas que  l'Hôte et le Pasteur est au-dessus de moi (Rév d'Arès 25/4-5).
Le pardon, pour l'instant, est une projection virtuelle. Sans épreuve, sans vécu, sans traversée du désert, cela se cantonne à une bonne morale ou à un bon sentiment d'apôtre modèle. Peu encore éprouvent ou abordent le pardon comme une délivrance. Le pardon c'est la chair délivrée de la pourriture, de la putréfaction. Pardonne mais écarte-toi de ceux qui te pourrissent, qui te putréfient (paraphrase du Coran). Tant mieux si l'autre se libère. Mais cela reste son problème.
Je vais vous raconter une petite anecdote : Les Gilets Jaunes — Ah oui, vous m'en direz tant ! Les petits cocos qui se réveillent seulement maintenant de leur pauvre sort d'avoir voulu croire dans un système qui allait les conforter dans leurs faiblesses ; celles de se la couler douce : Boulot, dodo, credo.
Mais non, nous allons tous souffrir pour ceux qui ont souffert et ceux qui souffrent encore. Encore très très nombreux. Les riches comme les pauvres vont souffrir. Pourquoi ? Mais parce que la seule chose qui vaille c'est l'équité. Et que l'humain est incapable d'équité. À moins de le contraindre.
Qui aurait pu prévoir que, après avoir perdu mon outil de travail (restaurant associatif "L'escarnouille") par décision inique de la magistrature (au service de l'idéologie régnante), j'allais dormir, en plein hiver (mois de janvier 2019), dans le foin de notre grange armé d'un fusil deux coups pour protéger nos animaux !? Qui aurait pu prévoir que nous puissions en arriver là après que des indigènes incendient et vandalisent nos biens sans que les "forces de l'ordre" du Médoc ne fassent rien hormis de la dactylographie ? Par contre, sans assise, ces mêmes « forces de l'ordre » défigurent et agressent des gens pacifiques lors des manifestations. Des manifestants qui crient courageusement haut et fort : "Mieux vaut être en garde à vue que d'être au garde à vous !"
Alors oui, nous allons encore pardonner car nous avons un besoin intense de nous délivrer. Oui, je vais pardonner à ceux que je tenais un soir au bout de mon fusil sans tirer (car je ne suis pas de cette race de barbare abruti), ceux-là même venus pour brûler ma grange ou abattre mes animaux qui ont dû sentir ma présence ou celle d'un ange qui les a tiré par leur falzar. Ils étaient trois. C'est seulement face à une situation qu'on peut savoir si on reste figé ou actif. Sinon, comme le pardon, ce n'est que du virtuel, du subjectif. Ça ne vaut rien. Je ne sais absolument pas quel choix je ferais devant l'adversité tant que je n'y suis pas confronté. C'est une chose aujourd'hui certaine en ce qui me concerne. Prendrais-je les armes ou non ? Qui sait ? Le film "Mission" de Roland  Joffé provoque cette réflexion.
Toute cette expérience hivernale, toutes mes épreuves, ne m'ont pas empêché de prendre le bus pour aller à Bordeaux avec mes panneaux (160 km aller & retour) chaque samedi. Alors je n'ai qu'une seule chose à dire : Désenbourgeoisez-vous si vous vous êtes empêtré dans votre confortable confort, mes frères ! Car, si vous ne le faites pas par votre propre volonté, d'autres viendront vous désinhiber.
Donc, "pour l'heure notre problème c'est la Terre, la vie de ce monde. C'est le monde qu'il faut changer pour qu'il ne soit plus le siège de la souffrance, mais redevienne le siège du Bonheur" (réponse 206C1). Bien à vous.
Frédéric M. d'Aquitaine

Réponse :
"La seule chose qui vaille c'est l'équité," dites-vous. Mais rappelez-vous qu'on ne sait pas souvent où est l'équité. "Faites payer les riches ! "crient les pauvres. Soit ! Mais si on pompe l'argent des riches, ils ne sont plus riches, ils peuvent même devenir pauvres à leur tour et ne peuvent plus payer les impôts qui sont redistribués aux pauvres, qui restent pauvres. Où est l'équité ? Et la situation peut même devenir pire : Des individus — je parle des horribles, des vils assoiffés de fric, pas des footballers qui gagnent équitablement dix millions par mois pour taper dans un ballon — travaillent de quinze à seize heures par jour sans vanaces ni retraite et amassent des fortunes. Il faut absolument prendre le fric de ces voraces rapaces. Oui, mais alors, ils cessent de travailler comme des malades et se font citoyens moyens payant de impôts moyens en attendant 16h30 pour rentrer chez eux et la retraite au bout d'une belle vie de labeur, pleine de mérites. On s'aperçoit alors que les capitaines d'industries étaient nécessaires pour que l'industrie marche, mais on sait qu'ils ne se remettront pas à la tâche pour redonner une industrie au pays, redonner du travail, etc. Alors que faire ? Comme en URSS laisser le pays s'effondrer faute de capitaines d'industries bien payés ? Où est l'équité ici ? C'est sans solution. Un jour, par hasard, je prends en autostoppeur un de nos frères ; c'était vers Angoulème, je m'en souviens encore. En voiture il me parle avec vigueur d'établir l'équité dans ce pays ; il dit : "Il faut redistribuer entièrement équitablement à chacun la richesse de la nation." Magnifique programme. Je lui réponds : "OK, mon frère. Mais réfléchissez ! Admettons qu'on puisse réaliser tous les biens des particuliers et de la nation en une grosse somme rondelette qu'on divise par 61 millions (à l'époque) et qu'on redistribue avec la plus scrupuleuse équité. Chacun touche impartialement sa part. Ceci fait, voilà un citoyen qui joue aux courses, qui travaille aussi peu qu'il peut, qui dépense sans compter et qui se retrouve pauvre. Voilà en même temps un citoyen économe et travailleur qui bosse comme un malade, met tous ses gains de côté et qui, après quelques décennies devient riche parce qu'il a le sens de l'économie tandis que l'autre citoyen devient pauvre parce qu'il a gaspillé. Alors, le pauvre défile dans la rue avec une pancarte : "Faites payer le riche !" Peut-on lui dire : "Oui, mais il est riche, parce qu'il est travailleur et économe" ? Non, les politiques qui ont grand besoin du bulletin de vote du dilapideur appauvri et qui cherchent un motif pour voler l'argent du riche, se gardent bien de parler ainsi. Ils donnent raison au prodigue, au gâcheur, au dissipateur... et fondent un pays communiste... qui s'effondre dans la misère au bout de soixante-dix ans. Où est l'équité ? Et je conclus en disant à mon frère que je véhiculais : "Partez d'une distribution égale et équitable entre tous, vous aurez toujours au bout d'un certain temps des riches et des pauvres, c'est inévitable, parce que les hommes sont différents. Voilà pourquoi il faut voir les choses tout autrement. Jésus a montré cela dans des paraboles célèbres : La parabole des mines, etc."
Il faut voir les choses sous l'angle du pardon, de l'amour.
Par ailleurs, je ne vois pas le pardon "comme une délivrance", mais comme un moyen de trouver le temps de voir les choses avec sagesse, car de sagesse et de réflexion nous avons grand besoin. Lisez mes réponses précédentes. Non "le pardon n'est pas "du virtuel, du subjectif". C'est un grand moyen d'y voir plus clair.
Ceci dit, je suis absolument désolé d'apprendre tous les malheurs que vous avez eus cet hiver. Là encore où est l'équité ?

14mar19 206C10
Salem Frèro !
Quelle entrèe ! Le pardon très très très difficile à faire appliquer mais tellement tellement incontournable.
Il n'y a pas longtemps que j'ai compris cela. Le pardon ramène la paix dans le cœur et dans la tête. Il y a un lien qui se crée entre Dieu, soi-même et la personne à qui on pardonne, Dieu nous aide si on fait se travail ènorme.
Ton entrèe me fait beaucoup beaucoup de bien.
Merci. À bientôt mon Frère.
Au plaisir de te voir à Metz.
Fraternellement ta petite sœur.
Malika B. de Lorraine

Réponse :
Merci, ma sœur Malika, pour ce commentaire.
Je suis heureux que mon entrée "Pardon" allume ce Feu de joie dans votre cœur.

14mar19 206C11 
Le pardon est généralement difficilement accepté par les gens, parce qu’il représente à leurs yeux une  faiblesse face à une monstruosité, d’autant plus grande qu’est la monstruosité. Il faut venger le tort qui a été fait, il faut que le coupable paie sa faute (œil pour œil), parce qu’on croit que cela empêchera le mal de se perpétuer, parce qu’on croit à la vertu de la punition.
Comme s’il suffisait d’une paire de claques pour empêcher les  fautes d’orthographe ! C’est oublier le processus d’éducation nécessaire, ici qui s’entend au niveau spirituel, qui consiste à développer les valeurs évangéliques à vivre dans son existence personnelle. Il faut comprendre et soutenir que pas de paix sans pardon. L’Afrique du Sud a été sur ce point, très représentative d’un peuple divisé, se haïssant et se réconciliant, car de grands hommes ont été capables d’emmener une population au-delà des volontés de vengeance. Comment un bourreau ne pourrait-il pas reconnaître au fond de lui, le mal qu’il a commis même si emporté par "la banalité du mal", il s’auto-défend avec le jeu des circonstances particulières, comme ce fut le cas dans le nazisme ? Et peut-être même que les types emprisonnés pour des délits hypergraves, ruminent par le jeu de leur égocentrisme, à se venger et renforcent d’autant plus leur haine de ce qui est. Est-ce le cas des terroristes qui se radicalisent au fond de leur prison ? L’égocentrisme allié aux circonstances induit de la vengeance sans fin.
Au contraire, l’action de pardonner est une force, parce qu’elle va au-delà du contingent et des faits qui sont par nature impermanents, faits qu’on ne bétonne pas comme une base sur laquelle on construit l’avenir. Comment pardonner ? On peut le faire par habitude en se pliant à une attitude intérieure qu’on s’est érigée en règle, on inscrit petit à petit dans sa conscience des mécanismes de pardon, et ces automatismes finissent par nous précéder ou alors "je m’espionne et je rectifie" pour reprendre un de vos articles. Plus je travaille sur moi, moins j’accumule de résistances face à l’adversité qui  parfois me frappe en plein fouet.
Mais il y a aussi la compréhension des choses, de ce qui se passe dans certains cas particuliers. C’est de voir l’indigence qui sous-tend l’acte coupable. Je prends un exemple pour me faire comprendre. Depuis quelques jours, sur le trottoir quand je suis en train de distribuer mes petits tracts, un bonhomme marginalisé m’agresse verbalement en criant "dégage à l’Ehpad !" [maison de retraite] — je n’en suis pas encore là ! —. Hier encore, "Si je te vois encore, je te défonce," etc… Ça me ferait presque rire si je ne voyais pas en dessous de ses vociférations, sa misère. C’est facile à voir sur des personnes en rupture sociale. Ne croyons pas que les gens dits normaux sont exempts de cette misère existentielle. Combien ont une trouille bleue de la mort, et peut-être plus encore de la vie ? Plus je comprends les choses, plus je suis en paix et si par malheur, une offense venait me titiller, le mal qu’elle produirait le serait à ma petite personne, à mon grand quant-à-soi toujours prêt à surgir si je m’absente de ma vie spirituelle.
Charlie F. du Nord

Réponse :
Merci, frère Charlie, pour ce commentaire.
Eh oui, le pardon est vu par la plupart des humains comme une faiblesse ou comme une "connerie". Je connais très bien ça. Peu comprennent que le pardon installe la paix et la pensée productive, frugifère. Le refus du pardon accompagne toujours le refus de réfléchir. Aux Assises on cherche avec minutie les preuves de la culpabilité, puis ces preuves réunies, on applique la loi. Ça ne va pas loin... Pourquoi donner une robe rouge à un juge qui en fait si peu ? Peu réalisent que le pardon non seulement aplanit la difficulté d'y voir clair, de savoir qui a tort et qui a raison et à quelle hauteur il faut voir les responsabilités, mais aussi qu'il est une des portes principales de l'intelligence dans les conflits que toute existence traverse, parce qu'en réalité quand un vol ou un crime est commis c'est toute l'humanité qui est concernée, parce que le voleur ou l'assassin n'a pas inventé tout seul l'art de voler ou de tuer. Il faut dépasser cet état et faire de l'humanité quelque chose de plus haut que la clientèle de la télévision où 50 % des films sont d'horreur ou de crime. Il faut redonner à l'humanité l'image et ressemblance du Père (Genèse 1/26). Peu voient que la sanction ou la punition détruit et que le pardon construit. De là mon image dans l'entrée : Le pardon ne change pas le passé ; il change l'avenir.
Natura Morta de Giorgio MorandiGiorgio Morandi, ce peintre italien, qui philosophait beaucoup, a écrit ceci (de mémoire) : "Tout ce que nous voyons du monde objectif n'existe pas vraiment tel que nous le comprenons. Les choses existent, évidemment, mais n'ont pas de sens intrinsèque propre ; elles n'ont pas le sens que nous leur attribuons." C'est vrai ; la bouteille, les flacons et les pots sur le tableau de Morandi ne sont bouteille, flacon, pots que pour ceux qui connaissent ces objets, mais, par exemple, pour un pigmée qui sort de sa forêt équatoriale et qui n'en a jamais vus ? Pour le pigmée ce n'est que formes, mais rien d'existant. Deux optiques radicalement différentes. Ceux qui pensent que le pardon n'est qu'une abstraction, "du virtuel, du subjectif" comme dit Frédéric M. (206C8) ne voient que vide ou inexistence dans le pardon, mais ils se trompent. Le pardon est  abstrait comme la bouteille pour le pigmée, mais il est plus vrai, plus consistant que la matière, parce qu'il permet au pardonné de vivre sa vie et au pardonneur de donner la vie. On aura vite fait d'expliquer au pigmée à quoi servent ces objets et il comprendra vite. Si l'on montre bien à quoi sert le pardon, sa richesse, à celui qui ne voit que "connerie", voire même rien du tout dans le pardon, tout change !
Quoi de plus vrai que la vie ? Plus vrai qu'une nature morte (tableau de Morandi : Natura Morta). Le pardon provoque l'émotion, et l'émotion elle-même est apparemment quelque chose de subjectif, de virtuel, mais c'est faux. En fait, l'émotion donne naissance à quelque chose de plus vrai que le vrai de la loi, elle enclenche une réflexion sur la vie de celui qu'on a pardonné : le pardon dans des cas très graves le remet même au monde pour la deuxième fois. Jamais la loi ne remet au monde personne ; elle enchaîne. La loi se situe dans les zones très basses et obscures de la morale, mais le pardon, lui, est un envol de la pensée vers les zones où elle est travaillée, où elle fait des petits, on appelle ça la réflexion. Cogito, ego sum, dit Descartes : Je pense, donc je suis ; je pense donc je renaîs, je vis, j'avance, j'évolue, je change... Béni soit le pardon qui me fait penser.
La loi, une fois édictée et mise en application, n'a pas besoin d'être réfléchie. Le pardon oui. Il est vie. La loi est aussi fermée et stérile qu'une prison, qu'une cale de galère pour rameurs enchaînés. Le pardon non seulement permet de réfléchir, d'avancer, de préparer un changement, mais c'est un ange qui passe, c'est la vie surnaturelle qui se met en marche. La pardon n'est pas délivrance, il est projet, vie, fécondité, expressivité.
Donc, le pardon n'existe, c'est vrai, que dans la perception qu'on en a. Pour vous une réalité constructive, pour le miséreux qui vous envoie à l'Ehpad une bêtise creuse. Il faut expliquer à cet homme ce qu'est la pardon, sa réalité féconde. Il peut ne pas comprendre. Il peut aussi comprendre. Vous risquez d'être surpris.

19mar19 206C12 
La faillite de l’église, que vous évoquez, vient entre autres du fait que sur le pardon, elle a en quelque sorte renversé l’ordre des choses : Elle s’offusque peu que ses fidèles, des hommes, ne pardonnent pas (à preuve, les opinions encore favorables chez nombre de catholiques — disons de chrétiens — sur la peine de mort), alors qu’il s’agit bien d’un des éléments fondamentaux du Notre Père (et avec réciprocité, comme dans le Père de l’univers), mais elle affirme que Dieu pardonne, à travers la confession au cours de laquelle le prêtre donne son absolution. Tout cela s’est assoupli dans l’église (je vois beaucoup moins de monde "aller à confesse" et d’insistance des prêtres pour que les fidèles s’y rendent), mais cela reste tout de même l’un des sacrements.
Dans la confession, peu de réflexion au final (même si je pense que certains prêtres assortissent leur absolution de conseils). Autrefois, c’était le fameux : "(Vous ferez comme punition) tel nombre de Pater et tel nombre d'Ave Maria. Dieu à Arès rappelle avec justesse que la confession est le pire scandale contre le faible, car elle favorise, en fait, tous les égarements : pourquoi s’inquiéter ? Il suffit de se confesser et c’est reparti. C’est ainsi que, dans le douloureux documentaire diffusé sur "Arte" [chaîne 7] le 5 mars (Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église), "Certains hommes d’Eglise, cyni­ques, sont allés jusqu’à nous dire : "Une fois que j’ai consommé, je vais me confesser et c’est fini." (Marie-Pierre Raimbault, un des trois auteurs, dans Télérama).
Cela dit, le pardon doit être assorti de prudence. Car la réponse que j’indique ici associée à l’absolution, peut être généralisée : un certain nombre de fauteurs de mal peuvent se dire : "On va me pardonner, je ne crains donc rien, je continue. Le pardon n’empêche donc pas la vigilance, et le fait de crier au fauteur de mal : je te pardonne, je te laisse donc la liberté de recommencer et j’en prends le risque, mais ma vigilance envers toi redoublera d’autant plus que tu ne te mettras pas en marche pour réfléchir sur ton comportement. Et il faudra peut-être à terme agir pour t’empêcher de faire ce mal."
Denis H. du Maine et Loire

Réponse :
Merci, mon frère Denis, pour ce commentaire.
Je suis en voyage. Cette fois-ci je ne visite pas une missions avec retour à Bordeaux après la visite, ce qui revient assez cher et ce qui m'empêche de visiter un grand nombre de missions dans l'année. Cette fois-ci, j'essaie une autre formule : la tournée. Mon idée est de visiter en un seul voyage plusieurs missions par étapes. Cela me permet de me rendre en plusieurs villes sans faire de retours à Bordeaux après chacune d'elles. Comme je ne suis pas riche, cela me permet des déplacements moins coûteux par la visite de plusieurs missions en un seul périple en voiture. Mais alors, ça bouscule et mon blog en souffre ! J'affiche votre commentaire, que j'ai pour ainsi dire tiré au sort, parmi une trentaine que j'ai reçus depuis mon départ vendredi matin. Merci pour votre message et pardon aux autres commentateurs de devoir les faire attendre et peut-être, hélas, de devoir ne jamais les afficher si, à mon retour à Bordeaux, ils sont trop nombreux pour que je puisse m'occuper d'eux en plus du travail qui va m'attendre.
Aujourd'hui à midi nous déjeunions, sœur Christiane et moi, dans un restaurant d'une ville de l'Est et à la table derrière moi déjeunaient quatre prêtres. Je les ai écoutés parler pendant une bonne heure. Ils parlèrent de problèmes électriques dans leurs églises (c'étaient, je pense, des curés de paroisses), de cloches, d'ateliers d'artisanat amateur, d'altercations (je n'ai pas très bien compris avec qui), de chorales, de musique, l'un d'eux lut un poéme dithyrambique écrit par un de ses fidèles à propos de "la paix du Ciel" et les autres disaient : "Comme c'est beau ! A-t-il écrit ça tout seul ?" "Oui, Oui" "Merveilleux", etc. Pas une seule fois je ne les ai entendu dire : "Il faut insister sur le Sermon sur la Montagne. Il faut pousser les fidèles à s'aimer, faire la paix entre eux (avant de chanter "la paix du Ciel"), se pardonner..." C'étaient des ecclésiastiques pris dans les chaînes du train-train, de la routine pratique, des fonctionnaires de l'Église soucieux de la bonne marche de leurs paroisses comme des ménagères soucieuses du bon ordre de leur cuisine et de l'encausticage de leurs parquets. Alors, entrant à mon hôtel et tombant sur votre commentaire qui me dit :  "(L'Église) s’offusque peu que ses fidèles, des hommes, ne pardonnent pas (à preuve, les opinions encore favorables chez nombre de catholiques — disons de chrétiens — sur la peine de mort), tandis qu’il s’agit bien d’un des éléments fondamentaux du Notre Père", je vous comprends ô combien ! et même je pleure sur le nonchaloir de ceux qui s'étaient, il y a des siècles et des siècles, promis d'installer en ce monde le bien, ce que nous appelons la pénitence. Quoi d'étonnant dans le fait que le Père revînt parler aux hommes en 1974-1977 ?
Oui, bien sûr, il faut assortir le pardon du souci d'aider le pardonné à changer sa vie ! (Rév d'Arès 30/11), mais le pardon n'en doit pas moins être total.
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Réponse :
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