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20 avril 2017 (0184)
L'Âme ou l'Ha 

Un proverbe bantu dit : "Mon ami n'est pas mort, puisque je suis vivant," et je peux dire similairement : "Mes ancêtres, mes frères et sœurs humains ne sont pas morts, puisque je fais pénitence pour avoir une âme, pour être fait un Dieu (Rév d'Arès 2/13) et, si je ranime mon âme = mon image et ressemblance du Créateur, je les sauverai, je sauverai le monde (28/7)."
Les rationalistes nomment indifféremment l'intellect âme ou esprit, pour eux une seule et même fonction cérébrale.
L'esprit certes participe de l'intellect ; il est un invisible outil de la chair comme l'onde électromagnétique est un invisible outil de la radio, mais l'âme, elle, participe de la Vie absolue (Rév d'Arès 24/5), dont elle est prémisse dès ce monde.

L'âme herbe de l'Univers
Comme l'herbe dans la nature terrestre
mon âme est une herbe de l'infinie prairie
de l'univers, de la Vie, du Tout.

Il se trouve qu'en ce moment je fais mortification (Rév d'Arès 33/34) pour trois défunts récents : mon neveu Philippe, notre sœur Andrée Le S., notre sœur Chantal B., mais d'autres nous rejoignent en nombre la nuit, quand je prie avec eux, car l'espace compte infiniment plus de désincarnés que d'incarnés, et encore je ne compte pas les anges. Je ne vois ni ne sens les âmes, qui sont dans l'apesanteur, immensurables, intangibles, invi­sibles, inau­dibles, abstraites. Énergies ? Consciences ? Pures et simples qualités ? Probablement les trois. Aussi mysté­rieuses, vraies et présentes que le Tout Autre, que la vie, assurément. Comme Lui, comme elle, elles sont partout, là-bas dans l'infini ou contre mon épaule. Autrement dit je ne sais presque rien sur elles.

Dans l'humain, aussi longtemps que son cœur bat, l'âme existe chez celui ou celle qui se l'est créée (Rév d'Arès 17/3) comme existe l'art chez l'artiste. En le croisant dans la rue, vous ne distinguez pas plus l'homme clair et blanc (xvii/12) qui a une âme que l'artiste qui a l'art. Cependant, l'âme naît toujours du Bien qui divinise et éternise la créature, tandis qu'une œuvre artistique naît de l'esprit, même géniale elle est au mieux heureuse et parfois même génère le mal. Le Bien n'est pas nécessai­rement le but que poursuit l'esprit. C'est d'oublier cette distinction fondamentale que vient la confusion entre l'âme et l'esprit.
Il faut des âmes pour faire la Vie comme il faut des artistes au travail pour faire l'Art.
L'âme
, aussi invisible mais aussi réelle que la force ou la gravitation, résulte du travail du Bien ou le Bien accompli.

Il est, parmi d'autres, un point particulièrement remar­quable par lequel La Révélation d'Arès nous éloigne de la religion et nous renvoie à la vie spirituelle génétique, qui nous fait seulement et suffisamment reprocéder de la Vie. Ce point est l'âme, mais il faut la vouloir, la faire naître et la développer ; le travail sur soi qui crée l'âme a pour nom pénitence dans La Révélation d'Arès.
Comme le sait tout Pèlerin d'Arès et comme le présume tout épi mûr ou Pèlerin d'Arès potentiel, être pénitent est vivre en aimant, en pardonnant, en faisant la paix, en raisonnant avec intelligence spirituelle et libre de toute peur et de tout préjugé.

Être pénitent, c'est se créer une âme et par là non seulement trouver le salut à sa mort, mais aussi redevenir co-créateur avec le Créateur. Oui, nous pouvons changer le monde (Rév d'Arès 28/7).

Jésus appelle l'âme l'âme en 1974. Le Père l'appelle l'ha en 1977. Le h de ha n'est pas prononcé ; je l'ai ajouté pour éviter au lecteur de confondre ha avec a (troisième personne du présent d'avoir) ou avec à (préposition).
Mon âme sera, à ma mort, la voile grâce à quoi je rejoindrai la Flotte Céleste (Rév d'Arès 17/4). Si je n'ai pas été un homme de Bien ou pénitent et si, de ce fait, je n'ai pas d'âme, je ne serai qu'un spectre errant par les ténèbres glacées, plus malheureux que les vers aveugles et nus dans les profondeurs des nécropoles (Rév d'Arès 16/15, 4/7), c.-à-d. rien qu'un corps pourrissant au cimetière. Mais si j'ai une âme, elle survivra et je deviendrai une parcelle des universelles Sainteté, Puissance et Lumière (Rév d'Arès 12/4), un élément de la Force Créatrice.

Qu'est la substance de l'âme ? Je ne le sais pas plus que je ne sais de quelle substance est fait Dieu. Mais aussi vrai que Dieu existe, elle existe.  Mon âme est ma réciprocité dans le Bien comme je suis la réciprocité du Créateur dans le mondeGenèse 1/26-27 dit que je suis l'image et ressem­blance du Créateur.
Le peu que je sais de mon âme je le sais seulement par La Révélation d'Arès : Mon âme n'est pas née du ventre de ma mère (Rév d'Arès 17/3) ; elle est le produit du Bien que j'accomplis (31/6) par la pénitence (30/11).
La Bible n'a pas de mot pour âme. On traduit par âme l'hébreu nefeš (= gorge), qui en fait désigne le souffle, la force vitale, la vie (de l'homme ou de l'animal), l'être vivant, parfois même la personne. Lié au pronom personnel nefeš signifie je, tu, il, etc. Nefeš est un élément vital, mais non un élément immortel. Dans l'Évangile nefeš est traduit par le grec ψυχή (psyché) soit avec le sens de vie biologique, soit le sens de vie survivant à la mort pouvant être récompensée ou punie. Le concept d'âme immortelle est très fruste dans la Bible.
Le Coran de son côté parle de trois sortes d'âme : L'âme instigatrice du mal (ammâra), l'âme qui ne cesse de se faire des reproches (lawwâma), l'âme apaisée et retournée à Dieu, satisfaite et agrée (Mutma'inna, Sourate "L'Aube" 89/27-28). On s'approche du sens qu'a l'âme ou l'ha dans La Révélation d'Arès, mais on n'y est pas encore.
Je passe sur les sens dans d'autres religions, notamment en Extrême Orient.

Et voilà ! j'ai dit tout ce que je sais de l'âme. C'est peu, mais c'est sûre vérité parce que je le tiens du Père. Tel n'est pas le cas des livres qui parlent de l'âme. Je viens de lire "De l'âme" de François Cheng. J'ai pris grand plaisir à ce livre, si bien écrit. Mais que m'a-t-il appris de neuf ? Rien. Il dit, avec une très talentueuse culture, ce qu'ont dit de l'âme les penseurs depuis l'antiquité : Leozi (Lao Tseu), le Tao, Bouddha Shakamyuni, Platon, Aristote, Maïmonide, Pascal, les religions, Simone Weil parmi beaucoup d'autres. J'ai pu constater, comme je l'avais déjà constaté, qu'aucun penseur ni aucune religion n'a vu l'âme comme un produit du Bien accompli par l'humain qui la possède. Seule La Révélation d'Arès rappelle cette notion fondamentale.
Le monde entier a fini par oublier ce qu'est l'âme, une entité qu'ajoute, consciemment ou inconsciemment, l'homme qui cesse de pécher (Rév d'Arès 30/11) à ses entités natives que sont la chair et l'esprit. Ainsi l'homme partiel devient-il entier (chair, esprit et âme 17/7).
Il est à noter que même les mécréants sont hantés par les tourments d'un remords. Chaque jour les journaux disent que les athées eux-mêmes ressassent les abominations passées de l'espèce humaine : guerres, persécutions, esclavage, colonialisme, impérialisme, fascisme, communisme, injustice, exploitation de l'homme par l'homme, destruction de la nature, terrorisme. Ils voient clairement, parallèlement aux bienfaits, une continuité d'horreurs. Les mécréants entretiennent autant leur propre remords que les procédures d'urgence contre le mal quand il vient d'ailleurs comme jadis les gardiens du feu gardaient le feu qui pouvait aussi bien cuire les aliments et chauffer la maison que causer des désastres incendiaires. Pourquoi les mécréants oublient-ils le très simple fait qu'il suffirait d'éduquer spécifiquement les enfants contre le mal pour recréer le monde dans l'amour, la paix, la liberté, l'intelligence du cœur, autrement dit, pour faire renaître beaucoup d'âmes ? Pourquoi oublient-ils que, si les hommes ont enfanté des barbares, des monstres et, pour finir, des spectres errant par les ténèbres glacées (Rév d'Arès 16/15), ils ont aussi gardé au fond d'eux les moyens de changer la vie en félicité ?
Il est étrange que nous vivions aujourd'hui une situation de repentir à sens unique, celui exigé par le camp rationaliste, le camp de ceux qui se drapent dans la raison pour mieux nous accuser d'être des illuminés, des rêveurs, nous qui poursuivons le même but qu'eux : vaincre le Mal, seulement par d'autres moyens, non par des lois mais par l'effort personnel d'être bon, autrement dit par l'âme que chacun et chacune se crée par la pénitence ? De ce fait, l'âme n'est pas le moindre enjeu d'une tragique contradiction. Les mécréants rient parce que l'âme n'est pas visible sous le microscope? Mais l'esprit, le remords, le mensonge ou l'amour l'est-il ? Non. Le remords (Rév d'Arès 8/5), par exemple, n'est rien d'autre que le triomphe de l'esprit de reddition face à l'Histoire que les mécrants croient fatale. Nous, nous leur crions : Non ! Fatale l'Histoire ne l'est pas, il faut la vaincre et repartir d'un autre mode d'existence. Les Pèlerins d'Arès et avec eux tous les hommes de bien, les hommes du temps qui vient (30/13) ne sont pas des repentants, ce sont des pénitents, des humains avec une âme, la meilleure arme contre le mal et la mort.

Le Bien peut triompher du Mal et c'est dans l'âme ou l'ha qu'il trouve sa Puissance. Quand sont combinés la Parole accomplie (Rév d'Arès 35/6) — que règne sur nous Ta Sainteté ! (12/4) — et la Volonté de pénitencepour que nous fassions Ta Volonté (12/4) —, l'âme ou l'ha naît, s'ajoute à la force qui se constitue pour former un jour la myriade d'âmes ou has qui enverront la Bête du Mal agoniser derrière l'horizon (22/14). La religion n'a rien à voir à cela. Vivez selon le Sermon sur la Montagne, qui ne fonde aucune religion, et vous réveillerez un volcan (L/6) de Bien triomphant. Éden n'est pas un Jardin (xxviii/21) de terre, d'arbres de bois, de fleurs de chair, mais la Vie qui conquerra l'Univers, l'épanouissement du Tout heureux.

Que voit-on en l'homme moderne ? Généralement l'animal pensant initial, celui qui couchait sur l'ombre (Rév d'Arès vii/2). Mais gardons à l'esprit qu'il est fils d'Adam, la progéniture d'une race (25/4, xii/5) déifiée par la Création. Par quoi le Créateur changea-t-Il cet animal en lampe (Matthieu 5/15, 6/22) capable de d'émettre Sa Lumière (12/4), d'être Son Image et Ressemblance (Genèse 1/26) ? Par l'âme pardi ! L'âme est Dieu en l'homme. Dieu nous demande de ranimer l'âme en nous, parce que nous détenons une part de Lui-même, parce qu'en nous reconstituant, nous partageons avec Lui la Vie qu'Il nous a prodiguée, qui n'est plus aujourd'hui que vie dans une chair mortelle, rien que l'ombre portée de la Vie. Alors, un Bonheur infini s'ensuit, le Bonheur du Père et le nôtre, qui ne font qu'Un (xxiv/1). La Veillée 17 de La Révélation d'Arès est, sur ce point, radicale. L'homme en masse est blé vide (xxvi/8). Les bons blés (xx/19) sont devenus rares, ce sont les épis mûrs, ceux capable d'avoir une âme. Mais une âme est plus forte que mille esprits et chairs sans âmes. Notre mission s'évertue à trouver ces pénitents qui sauveront le monde.

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Commentaires :
21avr17 184C1
Bien aimé Prophète du très Haut.
Je lis votre nouvelle entrée, levé tôt du fait d'une migraine tenace que je dois juguler avant d'aller travailler. Peut-être que tout le bruit des discours actuellement lancés des tribunes n'y-est pas étranger ?
Votre parole ne nous vend pas du vent ,elle nous apporte le Vent du Père de toute vie.
Vous n'inventez pas, vous ne faites pas un conte de l'âme, non, vous-vous en tenez à ce que Dieu nous en dit en y apportant un je ne sais quoi, non en mots, mais en Vie.
En fait, je comprends que vous nous la faites ressentir du fait de votre âme, que vous  vous êtes recréée.
C'est cela la mission ! Réveiller en l'épis mûr la Vie par la Vie, que nous portons nous-mêmes, sinon cela ne reste que propagande.
Merci de nous faire comprendre cela. Je voulais à la base vous envoyer un extrait d'une chanson qui se nomme "Écoutons les Prophètes," qui reflétait ce contraste entre les bruits du monde et votre entrée. Le voici :
Un seul regard lucide sur le fond de nos cœurs
Nous rend moins satisfait, et l'on voit d'heure en heure
Nos frères descendre en terre pleins de vide et de bruit.
L'on se fait silencieux, ferme ton oreille au bruit
Pour l'ouvrir à la Voix, Qui claire descend des Ciels
À la face des Prophètes.
Écoutons le Prophète."
Merci.
Philippe N. de la Drôme Rhodanienne

Réponse :
Mon vieux compagnon de foi, frère Philippe, merci pour ce beau commentaire.
J'espère que votre "migraine tenace" a cédé et qu'elle est jugulée à chaque fois qu'elle revient.
Non, c'est vrai, je ne fais pas de l'âme un "conte de fée", j'en dis ce que je peux en dire, c'est-à-dire pas grand chose pour finir, mais suffisament, après tout.
Je savais que vous aviez beaucoup composé de musique et écrit beaucoup de lyrics pour les chanter partout où vous pouviez vous faire entendre, mais je connais très peu votre production artistique. Je crois me souvenir qu'à l'époque où nous organisions des pique-nique pendant le Pèlerinage de l'été, vous chantiez pour nos frères et sœurs en vous accompagnant de votre guitare, mais, toujours appelé chez moi par le travail, je vous ai peu écouté, faute de temps. Je l'ai toujours regretté. Ici vous nous faites goûter à quelques lignes de vos lyrics et j'en suis heureux. Merci, mon frère Philippe.

21avr17 184C2
Cher Frère Michel,
C’est peu dire la force nourrissante de ce blog, par la profondeur et aussi la simplicité avec laquelle vous dispenser votre enseignement.
Cette entrée sur l’ha m’a attrapé par le col dès les premières lignes en faisant le parallèle entre l’artiste et le pénitent.
J’ai la chance de pouvoir m’exprimer artistiquement à haut niveau dans plusieurs disciplines, mais je peux aussi témoigner de la limite d’une expression artistique comparée à la découverte et la fragile et incertaine construction de l’âme (lien à l’entrée précédente 183 "certitude de l'incertitude" !).
Un concert peut donner une impression de communion avec le public, mais, même si l’on s’est attaché à partager le meilleur beau que l’on est capable d’exprimer, cela reste une simple émotion plus ou moins éphémère.
Je me sens personnellement plus à l’atelier de l’ha dans le travail avec mes partenaires, qu’ils soient musiciens, techniciens ou membres de l’encadrement par la recherche de qualité avec laquelle faire naître un moment de bonheur, construit avec musique pour vecteur, mais tissant tout un lien de confiance, de reconnaissance et de qualité de partage. En cela rien de différent de quelque autre situation que ce soit : il faut proposer le bien, pardonner et porter avec soit l’espérance si ce n’est l’assurance que le monde changé viendra des doux et des aimants.
Un immense merci !
David W. d'Auvergne

Réponse :
Quelle joie de vous lire, frère David, vous vieux compagnon de foi, fidèle... et toujours très discret.
Les notes de musique, dont vous êtes artisan, comme d'autres sont ébénistes artisans du bois ou sculpteurs artisans de la pierre, ont apparemment cettte fragilité qui fait qu'une fois entendues elles disparaissent. Mais c'est la même chose pour les âmes. Quiconque a plusieurs fois fait mortification pour les défunts sait cela. Un coup il a conscience de la proximité des âmes ; un coup elles disparaissent à sa conscience. Mais la Vérité fondamentale se prolonge indéfiniment : elles existent. Les notes de musiques ne sont pas que des sons, elles existent pour ainsi dire éternellement, ce sont des qualités du cœur.
Il m'arrive de passer, dans la rue, devant un pauvre vieux spectre humain qui joue du violon pour se faire donner quelques Euros par les passant. Il joue horriblement mal. C'est un crincrin. On reconnaît à peine l'air joué. Son archet se traîne et crisse sur les cordes du violon, dont la décrépitude rejoint celle du pauvre violoniste. Quand on aime la musique, ces sons grinçants sont d'une horreur insurmontable. On se dit d'abord : "Pourquoi cet instrument et son "artiste" ne sont-ils pas morts tous les deux ? Ce serait pour leur bien, car après tout le violoniste est peut-être un homme bon, qui a une âme, qui ne pourra trouver dans la mort que du bonheur, et son instrument est une sorte d'abomination de bois qui ne pourra trouver sous le marteau qui le détruira qu'un sort heureux pour tous ceux dont il a fait souffrir les oreilles." Et puis, je m'arrête et je pense : "Mais ce que je dis est abominable, car l'instrument — qui sait ? — est peut-être un Stradivarius qu'il a trouvé dans son grenier (en tout cas c'en est peut-être un pour lui) et s'il en joue si mal, c'est peut-être parce qu'il est perclus de rhumatismes paralysants après avoir été, dans son jeunesse, un concertiste qui fit courir les foules (et même s'il ne l'a pas été, il a peut-être rêvé d'en être un ; ça n'a pas de prix)." Dur chemin pour ma pensée. Je ne peux que conclure: "Dieu te dit: Ne juge pas !" Ma présomption comme ça souvent me blesse, me jette sur un mauvais sentier. Alors, je reviens en arrière et je donne au violoniste un billet de 5 €. D'un regard pleureur pitoyable le vieil homme me remercie, tirant sur son archet. Je me dis : "Non, décidément, cet homme n'a jamais été violoniste ; il tient son son archet comme on se sert d'un presse-purée."  Mais là encore je me fais des reproches : "Tu manques de charité, vieux Michel. Et que fais-tu toi-même avec ton blog, ton courrier, tu fais de la purée. Rien de plus." Je me dis : "Ce vieil homme devrait appeler la mort, qui pour lui vaudrait mieux que sa misère. Mais point du tout, car même si la vie quotidienne est atroce pour lui à tel point qu'il lui faille mendier quelques Euros en faisant crin-crin, il repousse la mort. Mais qui ne la repousse pas ? Pourquoi tenir tant à la vie dans une chair aussi souffrante, alors que l'âme légère serait l'exquise libération ?!" Pour conclure, je me dis : "Mais cette musique horrible pour moi est peut-être magnifique pour lui !" L'art, c'est l'artiste ! C'est lui l'art, ce n'est pas moi, ce n'est pas une règle, pas une loi, pas une façon de faire imposée. L'art, c'est ce qu'on lui donne." L'âme, c'est pareil, elle est ce qu'on lui donne pour exister. Qu'elle existe, voilà bien l'essentiel. Votre papa, frère David, était (et est peut-être toujours) pasteur, je pense qu'il ne me contrarierait pas sur ce point.
Vous, frère David, avez la chance d'être un grand artiste, de jouer dans de grands orchestres ou de grands quatuors et aussi d'enseigner. Vous m'avez donné des CD de vos interprétations qu'il m'arrive régulièrement de jouer sur mon ordinateur tandis que je travaille et la qualité de votre basson me pouse à atteindre la qualité de ce que je veux dire. Encore merci pour tout.

21avr17 184C3
C'est la "saint"-Anselme, le jour ou l"Église Catholique fête mon "saint" patron, Anselme de Cantorbery, qu'on appelle aussi Anselme d'Aoste à cause de la vallée des Alpes où il naquit, et aussi Anselme du Bec parce qu'il fut moine à l'abbaye bénédictine du Bec en Normandie.
Anselme fut le meilleur développeur de ce qu'Emmanuel Kant appellerait 700 ans plus tard l'argument ontologique, l'argument qui vise à prouver l'existence de Dieu, qu'on qualifie d'ontologique parce qu'il appuie sa preuve sur la définition de ce qu'est l'Étre (ontos en grec) de Dieu: "Il est dans l'être de Dieu d'exister." Boèce (au VIème siècle), auteur de la fameuse "Consolation de Philosophie" avait déjà proposé un argument de ce genre, mais sa formulation par Anselme de Cantorbéry devait rendre l'argument célèbre. "Saint" Anselme est un écrivain majeur de l'Occident médiéval ; certains le voient même comme le fondateur de la théologie scolastique. Il inaugure dans l'Église un effort de conciliation entre la foi en Dieu et la raison humaine, une quête qui aboutira au thomisme [Thomas d'Aquin]. Anselme élabora le dogme de la circumincession,qui jette les bases de la théorie de la satisfaction dont parlera Thomas d'Aquin et que Calvin utilisera dans un sens propitiatoire pour fonder sa théologie de la grâce.
Mais, hélas, en tant qu'archevêque de Cantorbéry, Anselme impose la réforme grégorienne [celle du Pape Grégoire VII], transfère tout pouvoir d'investiture à Rome et fait de l'Église d'Angleterre la sujette esclave de Rome, l'Église qui sera celle de Thomas Beckett et dont sortira le roi Heny VIII. Anselme est le fayot, le sauteur à la corde, de la papauté. Il ne comprit jamais que l'enseignement de Jésus était libérateur. Ce que La Révélation d'Arès a magistralement rappelé.
Aujourd'hui je ne suis pas encore ce que vous appelez un Pèlerin d'Arès, mais je souhaite le devenir. Je sais que ça n'engage à rien sur terre. Ça n'engage que la conscience de l'engagé, il n'y a ni serment d'obéissance, ni inscription sur un registre, ni dogmes ou chef à respecter, mais malgré cette grande simplicité, une simplicité que rend parfaitement cet article "L'âme ou l'ha" écrit avec une honnêteté qui me confond, je n'arrive pas à faire le pas. Cela prouve que, contrairement à ce qu'on croit, la liberté est plus difficile à accepter et à assumer que les règles d'engagement dabs des systèmes rigides et inflexibles. Et  puis que penserait ma famille ? Elle est très catho du genre Opus Dei, j'avais même un grand-père Chevalier de Malte, c'est dire ! Se libérer de tout ça, c'est justement ce que ne parvint pas à accomplit mon "saint" patron Anselme.
Anselme de T.

Réponse :
Ancien clerc de l'Église Orthodoxe, je connais mal Anselme de Cantorbery sans l'ignorer, car c'est un grand nom de la théologie d'église. Je connais beaucoup mieux Basile de Césarée, Grégoire de Naziance, etc., mais cela ne m'avance pas davantage. Je ne reproche pas à ces hommes d'avoir égaré les fidèles. Je reproche aux fidèles de n'avoir pas su se libérer d'eux. Après tout, les églises se sont faites en vase clos, la base n'a eu qu'à suivre.le vase, à boire aux gouttes de théologie qui en tombaient. Ainsi le foi a-t-elle stagné, elle n'a pas avancé.
Pour se libérer, il faut, frère Anselme, de l'impertinence ! Vous n'en avez pas, pas assez en tout cas. J'en avais peu quand je quittai le communisme pour la foi dans les années 60, mais La Révélation d'Arès m'en a donné. Beaucoup. Elle ne pourra pas vous en donner aussi longtemps que vous ne l'aurez pas lue. Oh ! je ne parle pas de déchiffrer les mots, les phrases dans le livre. Cela, vous l'avez fait, plusieurs fois peut-être. Je parle de la lire au sens où vous vous laisserez pénétrer par sa semence comme une femme laisse l'amant ou l'epoux éjaculer au fond d'elle, qui lui fera un enfant. Laissez La Révélation d'Arès vous faire un enfant. Il sera magnifique, cet enfant-là. Ne vous laissez pas exaspérer par l'impertinence de La Révélation d'Arès. Elle a l'impertinence de Jésus qui, du reste, fut crucifié pour son impertinence.
Vous lisez La Révélation d'Arès, mais d'elle vous retranchez, ajoutez (votre propre vérité), retouchez ou corrompez (ce qui vous fait peur), vous paraphrasez, bref, vous composer une autre Révélation d'Arès en lisant La Révélation d'Arès pure et vraie. Regardez-la bien en face. Dites-lui : "Entre en moi, entre telle que tu es !" Osez ! Osez ! Osez ! Vous avez des dispositions pour devenir un Pèlerin d'Arès, à preuve vous rêvez d'en devenir un. Elle installera en vous l'espoir et l'esprit de résurrection. Faites chanter La Révélation d'Arès en vous et rejoignez-nous !

21avr17 184C4
Bonjour frère Michel, j'ai une question à propos de votre dernière réponse à Eric : 20avr17 183C98
Vous dites : "Quand j'écoute, en passant devant la télévision (...) les candidats à la présidentielle, je sens la vacuité de leurs propos. Rien en profondeur (.... Pas la moindre parcelle de philosophie, et bien sûr rien, absolument rien de spirituel..."
Pendant cette campagne présidentielle j'ai découvert Jean Lassalle et j'entends de la profondeur dans les propos de cet homme, il a le sens des petites unités humaines et parle de l'homme dans un sens fraternel. Il parle de paix et de dialogue.
Je crois même que je l'ai entendu prononcé les mots amour, bonheur, dans un sens vrai. Il parle du fait aussi des lois excessives à cause de notre peur des autres...bref il dit plein de choses profondes je trouve (pour un homme politique). Et puisque nous avons le pouvoirs que l'on mérite, je me disais que si un homme comme lui un jour est élu, c'est que peut-être la France commence à se spiritualiser ?
Voilà c'est juste une réflexion sur ce sujet.
Stéphanie M. en Ile de France

Réponse :
Merci, ma sœur Stéphanie, pour ce commentaire qui me fait part de la profondeur humaine qu'on peut trouver en Jean Lassalle, que je ne connais pour ainsi dire pas. J'en suis très heureux pour lui.
J'ai dit : "Quand je passe devant la télévision," pour que chacun comprenne que j'y passe par hasard. Je ne l'écoute pas systématiquement, n'ayant pas le temps pour cela. Le hasard a voulu que je ne me trouve pour ainsi dire jamais à un moment où Jean Lassalle parlait. D'après ce que vous me dites, cet homme m'aurait probablement plu. Merci de me dire tant de bonnes choses à son propos.
Je ne donne pas de consigne de vote, mais chacun votant librement pour qui lui paraît être le président qu'il souhaite, peut-être que certains d'entre nous voteront pour lui.

21avr17 184C5 
L’eau ne peut connaitre l’eau disait je ne sais plus qui.
C’est au contact de l’air qu’elle [l'eau] prend tout son sens et rend compte de sa nature ajoutais-je.
En voyage pour des soins à ma douce compagne qui n’est pas encore sortie des affres de sa grave maladie, au cours d’une pose je marchais hier dans une petite prairie au centre de laquelle se trouvait une statut en pierre, celle de Marie écrasant le serpent sur la terre et dont les quatre points cardinaux représentaient un lion, un aigle, un ange et un taureau. Je regardais cette couverture sculptée certes, mais aussi comme déposée sur le dos de Marie par le ciseau délicat de l’artiste. Transporté d’admiration, cette simple couverture devient un noble drapé lorsqu’elle ouvre les mains, les bras et le regard sous la voûte étoilée pensais-je. Sans doute était-ce la force d’âme du tailleur de pierre qui a su traduire par son rayonnement, la force de simplicité, droiture, tendresse et courage.
Je ne suis pourtant pas un homme qui est attaché à Marie et sa noble histoire, la mère de Jésus, mais ce jour là, ce qu’il me semblait percevoir c’est aussi la force d’âme de cette femme, qu’aucune noblesse ne pouvait et pourra sans doute égaler dans les siècles.
Au milieu des pâquerettes qui ornaient joyeusement cette tendre et délicate verdure illuminée, que  caressait la brise légère, je demandais soudain comme un enfant intimidé comme si j'étais vraiment devant elle : Pourquoi l’homme est-il encore aussi perdu ? Il me vint aussitôt que c’est parce qu’il n’en fait qu’à sa tête au lieu de suivre son cœur. Suivre son cœur ? Mais n‘est ce pas là ce que beaucoup font déjà et qui cause tant de blessure d’amour propre, voire de division et même de guerre ? Que veut dire suivre son cœur ? Aimer. répondis je ou répondit peut être Marie qui sait ?
On en revient toujours à la même chose depuis 2.000 ans. Tel était le sens au-delà des apparences. Âme. Amour. Aimer. Et tout sera juste. Tout sera Bien. Mieux encore : est déjà l'aube du Bien. C’est la promesse de la Vie qui vient au monde comme l’enfant par la future mère. Le Bien en marche qui ne s’installe nulle part. Toujours tendu vers l’avant dans une succession de relais visible et invisibles infinis, ouvrant vers l’inconnu. À l’image de cette jeune pousse vulnérable qui revient, promise aux fruits de la force ascensionnelle. Étrange mélange de vulnérabilité et puissance, qui s’offre au regard, chaque printemps : un appel à la fraîcheur de la vie nouvelle et ses parfums.
Vois, tout le monde est au travail, nous dit la Vie ! Les étoiles et les planètes se maintiennent en place depuis des millénaires dans leurs rondes. La nature et les saisons s’enroulent encore et toujours depuis si longtemps pour que l’humanité crée son âme : lumière du monde à venir, fruit du labeur des peines et des larmes (Rév d'Arès 6/4).
Il y a pourtant encore des matins où je n’aime pas. Je n’aime même pas ce que je vois dans le miroir. Je marque alors un temps d’arrêt prenant un air grave que je ne me connais pas. Sans y penser le reste du temps, je me levais pourtant une nuit et écrivit onze pages à ce sujet. Ces onze pages disaient en résumé que je devais aimer ce qui en moi-même, n’aime pas ce que je vois. Car il est l’indice du travail qui reste à faire, à accomplir.
Voilà peut être le sens de la vraie beauté (Rév. d’Arès 12/3) qui est sans doute aussi la Vérité et la création du chemin de son propre destin. Il y a eu une sorte de subtile unification en moi (Rév d'Arès xxiv/1). Comme une fusion des opposés et réconciliation en profondeur. Au matin, je n’aimais toujours pas ce que je voyais dans le miroir, mais je me mis aussi à percevoir ce qui en moi n’aimait pas et à sourire. Du même coup dans le courant de la journée, je me trouvais à faire la même chose avec mon prochain et peut être enfin à l’aimer comme moi même. Alors je dirais aujourd'hui pour participer à votre nouvelle entrée, l’âme, la vraie beauté et l’ha, la force d’aimer au-delà des apparences jusqu’à ce que le Bien triomphe, c’est un peu l’image de la rose que contraste encore la noirceur du cambouis sur laquelle on la déposerait. Ou bien l’image d’une percée de la grisaille par le faisceau de rayon d’or du soleil, car il me semble percevoir à certains moments l’âme de certaine(s) personne(s), sans être encore certain d’en avoir une moi-même assez forte pour résister au soleil, le jour où sera venu le moment de mettre à la voile (19/2).
Guy I. de l'Hérault

Réponse :
Ce commentaire est comme toujours, frère Guy, plein de votre sensibilité.
Vous lavez des carreaux et il faut des hommes pour faire cela. Je suis heureux que vous le fassiez. Mais vous étiez, c'est sûr, né pour être artiste. L'artiste comprend plus facilement que d'autres ce qu'est l'âme.
Si la façon de voir l'âme est d'un rabbin, les Chrétiens et les Musulmans feront la grimace et se détourneront. Si elle st d'un théologien romain, les Juifs passeront leur chemin et les Musulmans hausseront les épaules. Si elle est d'un pasteur protestant, les Catholiques l'éviteront et réciproquement, si elle est d'un laïc les religieux en souriront, etc. La question de l'âme est ainsi sans fin. Il n'y a même pas à parier, il y a à être certain que ce qu'un Pèlerin d'Arès comme moi dit de l'âme fera que tout le monde en rira ou en sera choqué.
Pourtant, l'âme, c'est capital, central. C'est elle qui survivra à nos chairs. C'est la "vraie beauté" de l'âme. Ainsi est-elle "aussi la Vérité et la création du chemin de son propre destin," comme vous dites.
Merci pour ce commentaire, frère Guy. Je vous embrasse avec Florence. Dites-lui que je pense bien à elle.

22avr17 184C6
Vous parlez d'âme et vous dites : "Je ne sais presque rien sur elles." Cette humilité, sans doute fausse comme l'est presque toujours l'humilité, est tout à votre honneur, mais alors j'écrivez pas d'article sur l'âme.
En effet, vous ne connaissez rien à l'âme.
Mais il y a des sources innombrables pour nous dires ce qu'est l'âme. Comment pouvez-vous les ignorer? Et d'ailleurs La Révélation d'Arès elle-même vous donne des indications que vous ignorez ou feignez d'ignorer, je ne sais pas. Dans la culture égyptienne antique il existait un nombre respectable de termes pour désigner ce que vous appelez la chair, l'esprit et l'âme en vous référant à 17/7 dans La Révélation d'Arès : Le corps est djet, qui est l'image matérielle du grand corps céleste. L'âme peut être appelée ka, qui est la force créatrice, ou ba, qui est ce que vous appelez l'âme, qui permet d'incarner le divin dès la vie sur cette terre et il me paraît évident que ce que Dieu appelle ha dans Le Livre est en fait ba. L'esprit est akh ou ab, la conscience, etc.
Dans l'hindouisme, dérivé du védisme, l^'ame est appelée atma, jivatma, anu-atma ou vijnanam brahman. L'âme, logée dans le cœur où réside aussi la conscience,l'âme est une infime parcelle d'énergie, partie intégrante du purusha ou du Jiva (de la racine jīv qui veut dire vivre, signifie vie ou âme individuelle ou même être vivant. L'âme atma est distincte du Brahman ou de l'Âtman et ne l'égale jamais, elle est délivrance de la souffrance. Le bouddhisme est le plus proche de votre notion très floue et quasi simplifiée de l'âme ; il appelle citta quelque chose difficile à distinguer de l'esprit, quelque chose qui recouvre les aspects du mental au sens général (nāma), du mental propre à l'espèce humaine : manas, de la conscience humaine : vijgnana), ou même du subconscient : bhavaṅga srota, alayavijgnana. La différence essentielle avec les religions est que l'âme bouddhiste est de nature différente du corps et des objets matériels, immanente selon l'enseignement bouddhique de l'impersonnalité et de la vacuité des phénomènes. Sans consistance propre, elle change sans arrêt, soumise aux lois de la causalité, ce qui la rapproche de votre notion d'âme née de la pénitence dans la chair, mais avec la différence fondamentale qu'elle ne survit pas à la mort. La réincarnation dans le bouddhisme n'implique pas une âme immortelle. Le bouddhisme enseigne l'impermanence (très proche de votre incertitude dans l'entrée 183) : tout phénomène conditionné est éphémère : anicca. La bouddhisme n'a pas de concept de l'atman donc. Pour lui chaque chose est "sans soi" (anatta). La transmigration se fait en quelque sorte sans rien de concret qui transmigre. La renaissance : punabbhava, est un processus difficile à expliquer, c'est la perpétuation d'une fonction, pas d'une entité comme l'âme. Rien ne renaît en fait, il y a seulement répercussion d'actes, de paroles et de pensées qui modifient les paramètres de cette onde qu'est la conscience. À mon avis, si j'ai bien compris le fond de votre enseignement, c'est cette sorte de "flou" (votre propre mot) qui prévaut dans le bouddhisme. En fait il y a âme sans âme, sans rien, puisque vous dites : "Je ne vois ni ne sens les âmes, qui sont dans l'apesanteur, immensurables, intangibles, invi­sibles, inau­dibles, abstraites. Énergies ? Consciences ? Pures et simples qualités ? Probablement les trois. Aussi mysté­rieuses, vraies et présentes que le Tout Autre, que la vie, assurément. Comme Lui, comme elle, elles sont partout, là-bas dans l'infini ou contre mon épaule. Autrement dit je ne sais presque rien sur elles." C'est quelque chose de proche de ce que La Révélation d'Arès appelle la Vie.
Vous voyez qu'on peut quand même en dire sur l'âme un peu plus que vous n'en dites.
Ceci dit, je suis plus qu'intéressé, passionné par La Révélation d'Arès.
Jessie Faxian G. provisoirement en France

Réponse :
Vous me reprochez de ne pas en dire assez sur l'âme, de faire preuve d'une "humilité, sans doute fausse comme l'est presque toujours l'humilité" tout en reconnaissant que cela est "tout à mon honneur", quoique — et c'est contradictoire — il vous semblerait meilleur que je n'écrive "pas d'article sur l'âme.", parce que "En effet, vous ne connaissez rien à l'âme," précisez-vous.
Oui, je le dis, je le répète ici, honnêtement parlant (mais non culturellement parlant) je sais très peu sur l'âme et je prétends que tout ce que vous nous dites, par exemple, sur l'âme selon les Égyptiens antiques et selon les Hindous, me paraît très aléatoire, ne correspond à rien de véritablement exact. Ce ne sont que des approxi­mations dont l'imagination humaine a rempli les nombreux et profonds vides, simplement parce que tant qu'on n'est pas mort on ne sait pas ce qu'est la survie de l'âme. Avec Sagesse La Révélation d'Arès ne nous dit pour ainsi dire rien sur les vraies nature et substance de l'âme.
Je le répète, pas plus que nous sommes capables de dire ce qu'est Dieu, nous ne pouvons dire ce qu'est l'âme, parce que le péché a confiné nos esprit et chair dans une prison dont nous ne voyons qu'un tout petit bout de ciel par une lucarne à gros barreaux. Pas plus que je ne peux savoir si j'ai une âme, pouvant seulement supposer que j'en ai une, parce que je suis pénitent, du moins je suppose que j'en suis un bon, je ne peux savoir ce qu'est Dieu, bien qu'Il me parlât en 1977, je ne peux pas vraiment savoir ce qu'est la mort tant que je ne suis pas mort. Je n'ai pas manqué de lire beaucoup de choses sur l'âme et je sais grosso modo tout ce que vous me dites ici, et même plus.
En m'interrogeant sur ce qu'est l'âme et en prêchant à mes frères et sœurs la prudence concernant l'âme, afin de ne pas inventer sur ce sujet qui se prête si facilement à l'invention, je ne mets cependant pas du tout en doute l'existence de l'âme, puisque le Père Lui-même m'en a parlé par la voix de Jésus ou Lui-Même. Je ne peux pas davantage nier la souffrance de ceux qui ont peur de la mort et qui se demandent avec angoisse ce qui les attend de l'autre côté, auxquels je réponds que pour ma part je n'ai pas peur de la mort et que ce que je peux faire, ils peuvent le faire. Qu'ils fassent pénitence comme je le fais et cela suffira. À partir de considérations, dont la plupart sont imaginatives, qu'elles soient religieuses, théologiques, superstitieuses, philosophiques, spirites, thérapeutiques, etc., on ne peut que conclure que, dans presque tous les cas, l'idée qu'on donne de l'âme est fausse ou, au mieux, très approximative, parce que l'âme, pas plus que Dieu, n'est observable par l'homme appesanti et aveuglé par le péché.

22avr17 184C7
Si le sens est inaccessible à qui n’a aucune notion spirituelle, faut-il pour autant n’en pas parler ou comment faut-il en parler ? La distinction que vous faites entre l’esprit et l’âme va éclaircir les esprits de ceux, nombreux, qui confondent l’âme et la psyché par exemple. Votre façon de formuler va rendre très accessible cette notion floue. "Le Bien n’est pas nécessairement le but que poursuit l’esprit", façon à la négative de dire ce qu’est l’âme, comme on peut dire "le mal n’existe que par l’absence de bien". J’essaie de dire la même chose, mais autrement, uniquement dans le but d’éclairer davantage. Je fais une tentative d’explication peut –être maladroite à vos yeux.
Le "vouloir humain" [petit v] vit dans l’esprit, en surface, en rapport avec le vécu, avec ce qui a été conditionné, refoulé, limité, en rapport avec le conditionnement culturel, identitaire, religieux, moral ou même immoral, ce qui n’empêche pas qu’on soit forcément mauvais, qu’on peut aimer (trop souvent comme un animal qui aime les siens, ses ressemblants), ce qui n’empêche pas qu’on peut se dépasser et aimer au-delà : ça c’est le vouloir humain, tout simplement l’esprit, je crois que tout le monde peut s’y reconnaître.
Le "Vouloir divin" [grand V] vit dans l’âme, dans le fond, pas en surface ou esprit qui n’est souvent que réactivité, mémoire, volonté personnelle, etc. Ainsi il est probable que l’athée et même le croyant qui met son dogme, ses rites, ses codes normatifs avant Dieu ou Sa Volonté (c’est la même chose) ne puisse Y accéder.
Quoique je n’en sache rien ! De plus essayez de définir l’esprit, l’âme ! Personne ne sait le faire d’une façon totale, incertitude (entrée précédente), mais il y a quand même une certitude.
Une chose est sûre. Si j’aime Dieu de tout mon cœur, de toute mon intelligence, de toute ma force (j’ai remplacé volontairement âme par intelligence, pour être dans la configuration de cette entrée et pour être dans une plus grande justesse, on retrouve ici l’intelligence du cœur qui se tourne aussi vers le Père), je Le fais exister en moi, comme l’amoureux(se) qui aime intensément l’aimé(e), le (la) fait exister en lui (elle) durant son absence). Si j’aime Dieu intensément, en Le faisant exister en moi, j’obtiens alors un état d’être pour aimer et réfléchir Autrement qu’avec l’esprit humain, angoissé, intellectuel, religieux, qui veut ceci ou cela, parce que coincé dans une façon de faire qui lui correspond. Je deviens peu à peu sensible à une écoute intérieure, je me détends, je perçois Ses Signes, Appels, Rectifications, car le Père est actif en chacun. Je me sens passé d’un état à un autre, si je peux le dire ainsi.
Dans mon existence quotidienne, comment faire ?
Avant de faire un choix, une action dont seul moi-même suis responsable, prendre un délai même très bref — Ne réponds rien de toi-même, demande un délai (Rév d'Arès 39/2 — je me pose ces trois questions : Est-ce que je fais ma volonté, est-ce que je fais la volonté de l’autre, de ma femme, de mon chef, de mon frère qui veut ceci ou cela, ou est-ce que je fais la Volonté du Père (12/4) ?
La réponse est en moi. Il n’y a que moi qui sais.
Le Père est Absolu : nulle différence entre Sa Volonté, Sa Puissance, Son Amour, Son Nom, Ses Attributs. En faisant Sa Volonté, même avec ma petitesse, de toute façon, mon regard, mon action seront plus justes, plus en harmonie. Un peu de Bien pénétrera mon cœur et le monde. C’est assez curieux d’ailleurs, car je ne me préoccupe pas si j’ai une âme ou pas, je fais, parce que l’expérience m’a montré que seule l’action (le travail) porte des fruits.
Charlie F. du Nord

Réponse :
J'ai beaucoup souri en lisant votre commentaire, que j'aime, mon frère Charlie, parce qu'il montre assez la difficulté qu'a tout honnête homme pour parler de l'âme.
Dernièrement j'ai relu rapidement "L'Antéchrist" de Nietzsche aux cabinets. Je trouve que ce livre a vraiment sa place aux goguenots ; je me sens très bien, assis sur la cuvette "l'Antéchrist" sur les genoux, et je me disais que ce pauvre Frédéric Nietzsche s'était vraiment donné beaucoup pour expliquer l'inexplicable, démonterr l'indémontrable. J'ai lu de cet auteur des choses plus élevées que ce livre-là qui, comme on dit, "vole bas". Mais pourquoi parlé-je de "L'Antéchrist", bouquin qui n'a sûrement rien apporté à la cause des athées, c'est parce qu'avec humilité je me dis que nous, dès que nous sommes honnêtes, il nous est aussi difficile de démontrer en relief ce que Nietzsche "démontre" en creux. Autrement dit, il y a vraiment des sujets à l'exposé desquels le langage ne suffit pas. C'est bien ce que me reproche le commentateur ou la commentatrice Jessie Faxian 184C6.
Dans son prologue de "l'Antéchrist", Nietzsche écrit : "Pour me comprendre... il faut une rectitude dans les choses de l'esprit parvenant à la dureté, et pour ne supporter que ma passion, mon sérieux. Il faut être exercé à vivre sur les montagnes, à voir au-dessous de soi la pitoyable actualité jacassante de la politique et de la rage égocentrique des peuples... Une prédilection de la force pour les questions dont aujourd'hui personne n'a le courage." Ces mots s'adaptent exactement à notre cas, à nous Pèlerins d'Arès, parce que si Nietzsche était dans son athéisme percutant d'une honnêteté absolue, nous sommes nous, dans le combat opposé, notre Appel au Tout Autre, d'une honnêteté absolue dans l'expression de notre foi, de notre espérance, de notre mission, de notre pénitence. Ce que je dis ici est très important, car nous y constatons que, quel que sujet qu'on aborde, négatif ou positif, le même langage convient. Preuve que le langage est quelque chose de totalement insuffisant, puisque selon l'intention mise derrière lui il dit noir ou il dit blanc. Comment voulez-vous que, dans ces conditions, les gens que nous rencontrons dans la rue saisissent bien ce qu'on leur dit en quelques instants ? Votre commentaire, que j'aime, que je comprends, en est une démonstration. Je sais bien que vous ne parlez pas ainsi aux gens de la rue, mais même dans ce que nous disons de beaucoup plus simple aux passants, par exemple le mot âme tout seul, dénué du plus infime développement, celui qui nous écoute ne sait pas comment nous interpréter. Je médite souvent sur ce problème du langage qui est, à n'en pas douter, un des gros problèmes de l'apostolat.
N'allez pas croire pour autant que je n'apprécie pas votre commentaire; Je l'apprécie ô combien, mais vous ne l'affichez pas ici pour moi, mais pour tous ceux qui lisent ce blog, et je me demande comment chaque lecteur le comprend.
Et Nietzsche termine son prologue ainsi : "... la liberté absolue avec soi-même. Eh bien, ce sont là [les hommes libres] mes seuls lecteurs, mes vrais lecteurs mes lecteurs prédestinés : Qu'importe le reste ? [l'italique est de Nietzsche lui-même]. Le reste n'est que l'humanité. Il faut être supérieur à l'humanité par la force, par l'attitude de l'âme..." Extraordinaire ! Il emploie même le mot d'âme, oui, lui qui n'y croit pas, et il parle de son reste comme nous du petit reste. Incroyable. Nous pourrions, à peu de choses près, utiliser les mêmes mots et phrases pour notre mission. Nous pouvons dire blanc ce qu'il dit noir presque exactement, pour ainsi dire de la même façon.
Oui, vraiment, il est très difficile de dire ce que nous avons à dire, parce qu'on ne sait pas comment le quidam interpellé interprétera notre discours.
Merci, frère Charlie, pour votre commentaire.

22avr17 184C8 
Cher Frère Michel,
Ah, je ris de bonheur en lisant cette longue et si belle entrée vivifiante.
Enfin j'ai choisi !
Je vote pour le Bien Présidentiel
Qui procurera l'ha pour tous
au prix de quelques efforts sur soi (pénitence sans barreaux),
corps en état de marche et esprit en éveil, pour entrainer d'autres prétendants...
salaire garanti (certitude de l'incertitude) jusqu'à la retraite finale à ''pas d'âge'' pour mieux préparer le Beau voyage offert sur la Mer des Hauteurs, y retrouver tous les autres, dans l'espace infini de l'Univers du Tout Autre, le nôtre !
Merci, Merci.
Élisabeth L. du Razès

Réponse :
Oui, oui, je veux moi aussi voter pour Le Bien (j'ai oublié son prénom, zut), mais je ne l'ai pas vu à la télé ! Il était le douzième invisible le soir où l'on vit onze candidats sur l'écran. Je n'ai pas assisté à ce spectacle télévisé, parce que je suis émotif et que je déteste les films d'horreur, mais j'ai vu une photo... Le douzième et son pupitre étaient cachés. L'objectif de la caméra ne voyait pas assez large pour le montrer;. ou bien c'était le Petit Poucet qui semait ses petits cailloux blancs à l'arrière de la file, trop attardé pour être vu.
Je viens de regarder les bulletins de vote que j'ai reçus comme tout un chacun et il n'y est pas non plus. Pourtant son discours devrait être bien connu, c'était celui de son parti : "Le Sermon sur la Montagne". Ne juge pas pour ne pas être jugé... Tends l'autre joue quand on t'a giflé... Aime ton ennemi, etc. Air connu, archi connu. C'est peut-être pour ça qu'il ne s'est pas donné la peine de se faire entendre. Alors, faut-il que je mette dans l'urne un papier avec dessus écrit gros, gros, gros : Le Bien ? Sera-t-il considéré comme "bulletin nul" ? En tout cas, il aura deux voix, même nulles, la vôtre, sœur Élisabeth, et la mienne, mais sœur Christiane fera sans doute de même, encore qu'elle hésite entre "Le Bien" et "L'Amour"... Les dames, c'est compliqué !
Merci, sœur Élisabeth, pour ce commentaire. Vous militez pour le Bien, pardi !
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Xxxx xx xxxx xxx xx x xxxxxxxx xxx xxxxx xx xxx.
Signature.

Réponse :
Xxxx xx xxxx xxx xx x xxxxxxxx xxx xxxxx xx xxx.