Commentaires Français de #243
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5 août 2022 (243) 
Fuir l'animal en moi 

Le maître religieux, politique, idéel, technoscientifique, etc. — a fait du monde un champ de bourrins attelés à leur destin cyclique, à leurs pensées en boucle,  à leur ennui et à leurs jeux comme les bourrins à leurs charrettes.
Le fouet de la vie tanne le cuir humain et n
ous cherchons comment faire bruire la Vie (Rév d'Arès 24/5) plus que le fouet qui claque.
L'esprit oublie qu'il fut l'ultime refuge des grandes espérances. L'amour du prochain, le changement du monde (Rév d'Arès 28/7) ne soucient plus qu'une poignée de perclus maladroits, c.-à-d. nous qui ne formerons une puissance apostolique qu'après des générations. Mais nous commençons ; nous n'arrêterons plus.
Les technosciences ont vidé, pénétré et curé comme un puits la psyché humaine, mais nous ramenons goutte à goutte l'Eau dans le monde.

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Bourrins

Bourrins

Le Père à Arès me parla, non parce que je serais meilleur qu'un autre, mais pour qu'une voix humaine, un quasi-bourrin hennissant pris au hasard, rappelle au monde, qui déjà pâtit et meurt du péché, qu'il s'achemine vers le pire : le péché des péchés (Rév d'Arès 38/2).
La Révélation d'Arès rappelle (7/5, 16/15, 21/3, etc.) à l'homme qu'il est né d'un Dessein (Rév d'Arès 28/27. 36/8). Ce Dessein, l'homme est libre (10/10) de l'oublier, mais s'il persiste dans cet oubli et ne change (Rév d'Arès 28/7) pas en Bien, il tourne en épais écheveau de souffrance, décline, revient à l'animalité.
La Révélation d'Arès
appelle au moyen simple et unique pour maîtriser le Bien : la pénitence ou l'amour accompli (35/6).
Changeons le monde
non par la loi, la police, la cour de justice, l'école, la prison, mais par la bonté. Par la pénitence, l'observance du Sermon sur la Montagne (Matthieu ch. 5 à 7) chaque humain peut redevenir le Bon (Rév d'Arès i/5-9, ii/ 3-19, viii/3, xiii/4-17, etc.) ou le christ (32/2). Changer sa vie (30/11), c'est-à-dire aimer, pardonner, faire la paix, avoir l'intelligence libre de préjugés, c'est retrouver la Vie (24/5).
Certains me lancent : "Cessez de vous répéter !" Je réponds : "Je me répèterai ainsi jusqu'à mon dernier souffle et même en deçà. Mais cette insistance ne m'animalise pas ; elle m'humanise même extrêmement au sens où elle me déifie (Genèse 1/26). Déifiez-vous de même ! Ne vous laissez pas empailler par les technosciences qui prennent la place de la vie cherchant à installer le transhuma­nisme, l'intelligence artificielle, etc. Quand je répercute le Cri (Rév d'Arès 23/2, 28/11, ii/19) du Père : "Changez de vie !", je veux dire : "Soyez les vivants !"

Notre esprit n'est pas un moteur qui obéit au pilote comme un bourrin obéit au cocher. L'esprit est un flux vivant, infiniment riche, créateur, libérateur. Aucun esprit parmi les huit milliards d'esprits de la Terre n'est autosuffisant et ne peut se passer des 7.999.999.999 autres esprits de la Terre. En fait, nous sommes Un tous ensemble (Rév d'Arès xxiv/1) les hommes.
Une pensée n'est pas nécessairement un reniflage de bourrin dans le concert de tous les Vierge de Spolère, Filippo Lippireniflages de bourrins ; une pensée redevenue normale, bonne donc, rejoint l'unique souffle créateur de l'unique immense tissu humain. C'est pourquoi une seule vie qui change, qui devient amour, a un effet infiniment plus grand qu'elle ne croit sur le tissu humain général. Quand Filippo Lippi peint la merveilleuse "Vierge" de la cathédrale de Spolète, pour nous image subjective, symbolique, de la phase maternelle de l'invisible Père-Mère, il n'est que l'aboutissement d'une œuvre de l'humanité entière, vue comme l'Enfant du Père (Rév d'Arès 13/5), parce qu'il n'aurait pas pu arriver seul à cette beauté sans l'apport notionnel des générations qui l'ont précédé, qui lui sont contemporaines ou qui vivront après lui.

Le monde, pour l'heure, n'est pas dans l'agir, mais dans l'agitation. L'agitation provoque le démantèlement. Un démantèlement sans bruit, parce qu'il est lent et n'inquiète apparemment personne ; l'homme suit un train-train animal, qu'il qualifie de normal. Quand nos missionnaires, ceux de la première génération, se heurtent au désintérêt, à l'apathie, au silence, c'est à l'aboulie sous-jacente à l'agitation du monde qu'ils se heurtent. Pourtant les gens abouliques, éteints, que rencontre l'apôtre, se sentent libres et parfois le disent. Ils appellent erronément liberté leur soumission heureuse au carcan conceptuel qui les emprisonne ; ils ignorent leurs colliers, leurs harnais, leurs mors comme les chevaux d'attelage. C'est ce que j'appelle la narcose du pâtir.

Pâtir n'est pas agir. Nos apôtres font l'expérience du refus inconscient, quasi insensible, des gens de rencontre, de Monsieur et Madame Tout le Monde, de donner suite à la révolution intérieure qui pourrait refaire d'eux des âmes innovantes, des créateurs d'un autre monde. Il nous faut réveiller chez les mortels la conscience qu'ils sont autre chose que des egos sans suite, parce que, contrairement à ce que croit l'humain, s'isoler dans son égo incapabilise ; l'homme ne retrouve sa capabilité absolue qu'en comprenant que son ego est le Créateur et que tous les humains, ses frères, sont les composants du Créateur, et que la Puissance, la Sainteté et la Lumière (Rév d'Arès 12/4) créatrices sont fondées sur l'amour, qui n'est qu'un, par quoi réapparaît la Vie. On comprend que quatre générations ne suffiront pas (24/2) pour faire sortir le monde de l'écurie où il est enfermé, pour lui faire reprendre conscience de son destin.
Bourrin est l'homme dont l'ego est produit de l'autosatisfaction personnelle, il reste seul dans son piètre égotisme à claquer du sabot sur le pavé entre ses brancards. Mais si l'égo réalise qu'avec tous les egos de l'immense Univers il forme la Main du Créateur, il devient la racine d'entreprises heureuses. Le bon égo de l'un est l'égo de tous. Tous les bourrins de la Terre réunis ne peuvent sentir cela. Seul l'homme connaît cette multiplication infinie du Soi.

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Commentaires
06aou22 243C1
Il m'arrive d'ouvrir votre blog, de lire et de me dire : "Bougre d'hérétique ! Il n'a pas tort."
Il y a tellement d'interprétations ténébreuses du monde, cela fait du bien d'entendre quelqu'un dire : Le Sermon sur la Montagne [Matthieu ch. 5 à 7] est la seule bonne direction à prendre." Il ne faut pas, non, il ne faut pas tenir au passé historique : "Vous avez entendu dire..." Il faut montrer l'avenir : "Eh bien, Moi Jésus Christ Je vous dis..."
Toutes vos entrées valent une lecture, mais celle-ci, malgré les "bourrins" qui feront sourire, je la trouve d'un raisonnable simple et puissant. Irréfutable par la nature rustique du remède : l'amour. C'est tout l'Évangile, ça.
Tout ici est implacabilité, inflexibilité, logique [dans l'amour]. C'est du granit ! Au quotidien votre nature me reste étrangère ; je ne rencontre jamais personne qui parle comme vous. J'entends des propros proches, mais pas comme les vôtres. Vous entrez en contradiction avec le christianisme d'Église, mais je découvre que vous avez bien compris le fond de prêche évangélique. C'est la tout le problème : Comment y revenir... sans vous suivre ? Vous n'êtes rien à côté du Vatican.
Cette entrée 243, pour qui sait la lire, est pur diamant. Pourtant on vous lit, mais vous déteste. Vous avez la trempe d'un pur acier. Le Livre dit : fer ; c'est pareil.
Il arrivera un temps où aucun individu ne pourra se soustraire à la logique simple que vous défendez. Ainsi même vos ennemis — ils sont nombreux — ne peuvent refuser l'idée que vous défendez : Ce n'est pas ce qu'on croit, c'est ce qu'on fait avec amour qui sauve !
Vous serez freiné, ça oui, mais bloqué, non.
Un ecclésiastique qui à mentir préfère taire son nom et son adresse

Réponse :
Je trouve bien malheureux qu'un frère humain "à mentir préfère taire son nom et son adresse", sous prétexte qu'il est ecclésiastique. Savez-vous, frère masqué, que tout en étant catholique et croyant à des choses que nous Pèlerins d'Arès ne croyons pas comme Jésus Fils de Dieu ou l'hostie devenue le corps du Christ, etc., vous pouvez être aussi Pèlerin d'Arès ? Si vous êtes un homme qui aime tous les humains, pardonne toutes les offenses, fait la paix avec tout le monde, acquiert l'intelligence spirituelle, est libre de tous préjugés ou, si vous préférez, ne sait pas qui est sauvé ni qui n'est pas sauvé (Rév d'Arès 11/3), bref, si vous êtes un pratiquant du Sermon sur la Montagne, vous êtes un P(p)èlerin d'Arès.
Cet été, un pèlerin au Pèleriage me dit que chez les Arésiens qui lui ont loué une chambrette quelqu'un lui a dit: "Alors, vous êtes dans la secte là-bas au croisement de la route d'Andernos et du boulavrd de l'Aérium ?" Ainsi ai-je appris qu'il y a encore à Arès des gens qui nous considèrent comme une secte ! Mais il est aussi possible que le commun des Arésiens voient une secte dans tous ceux qui prient ailleurs que dans une Église. Ils ignorent qu'à l'inverse de nous, l'Église a tout ce qui caractérise une secte : doctrine rigide, calendrier autoritaire, sacrements magiques, obéisssance aveugle à un chef, etc., alors que nous n'avons rien de tout cela. Pas nous. Nous sommes des croyants libres. La Révélation d'Arès dont nous suivons les conseils met tout en pièces afin de tout reconstruire ou de changer le monde (Rév d'Arès 28/7) sur une base d'une implacable logique : Seul le Bien peut battre le Mal. Tout chez nous "est implacabilité, inflexibilité, logique" en effet, parce que c'est dans l'amour que nous espérons et non dans des règles religieuses qui sont globalement des superstitions (21/1).
Après tout, si j'ai bien compris ce que vous dites, vous reconnaissez chez Jésus de Nazareth la même attitude que la nôtre. Notre critique des valeurs considérées comme supérieures dans les religions est, c'est vrai, notre caractéristique, mais nous ne pensons pas que pour cette raison les fidèles des religions soient des âmes perdues. Jésus était né juif et prêchait dans les synagogues mais il ne recommandait pas les pratiques juives ; il recommandait, comme nous le faisons, l'amour en toutes choses. Nous n'avons aucune considération pour la téléologie du monde sans pour autant condamner ceux qui ont cette considération. Nietzsche parlait de Dieu comme "la grand machine à punir" des religions. Nous ne croyons pas que Dieu punisse ; nous sommes assez mauvais, nous les pécheurs, pour nous punir nous-mêmes.
Nous avons un idéal vigoureux : la conviction que l'amour emportera une victoire définitive sur le péché des péchés. Rejoignez-nous, frère ecclésiastique ! Écrivez-moi à Michel Potay, B.P. 16, 33740 Arès.

06aou22 243C2 
On nous a appris ceci : L'homme doit se garder de tout se qui tend à analyser la religion. Il ne doit rien savoir, mais tout croire aveuglément et fermement. La  religion est diamétralement opposée à l’Évangile.
La métaphysique surpassera cette culture religieuse dogmatique, obscure,  absurde, erronée, et mensongère. [Il faut] se détourner de tout cela,  ainsi trouvera-t-on la Vie.
Pour des millions et des millions d'êtres, la connaissance intuitive de la valeur éternelle de la créature humaine ne s'est jamais perdue.
Mais justement aujourd'hui, plus que jamais, une grande recherche de vérité, apparaît dans les âmes de ceux qui veulent aborder le domaine métaphysique plus profondément que ne le permettent les connaissances religieuses et les systèmes philosophiques actuels. Ainsi que "les techno-sciences qui ont vidé, pénétré et curé comme un puits la psyché humaine, mais nous ramenons goutte à goutte l'Eau dans le monde."
Nous observons que les âmes se remplissent de plus en plus de lumière et comment le réveil spirituel les conduit dans les hautes sphères célestes. Une Sainte intuition soufflera en eux — Je souffle en silence dans leurs poitrines (Rév d'Arès 28/6) —, celle de l'infini des grandes idées créatrices et de la dignité de l'homme lorsque parvenue à une maturité suffisante, il entre dans l'état d'Enfant de Dieu et appartient ainsi à la suprématie de la Création .
Mary de Bretagne-Sud.

Réponse :
Vous êtes très optimiste, ma sœur Mary. Pour ma part, je n'observe pas vraiment "que les âmes se remplissent de plus en plus de lumière et que le réveil spirituel les conduise dans les hautes sphères célestes." Mais il est vrai qu'il y a beaucoup plus de liberté chez un certain nombre de ceux et celles que nous rencontrons dans notre mission. Je veux dire qu'un certain nombre de gens pensent que les sentiers que nous suivons sont les plus recommandables, mais pour autant rares sont encore ceux qui décident de les suivre avec nous.
Comme vous, cependant, je garde mon optimisme en me souvenant que moi-même je n'ai pas de prime abord été transporté par L'Évangile Donné à Arès reçu en 1974 ni par Le Livre reçu en 1977. Il m'a fallu un certain temps pour découvrir l'incomparable richesse cachée sous les mots et sous un style pas toujours séduisant. J'ai vu venir en Pèlerinage cet été deux personnes qui m'ont dit qu'elles avaient lu La Révélation d'Arès et certains de mes écrit il y avait des années, mais qui n'avaient que récemment découvert la Lumière qu'elle recelait. On ne doit donc jamais désespérer ; vous avez raison.

07aou22 243C3
J'aime cette entrée — comme j'aime toutes les autres — qui nous renvoie à l'agir et tout particulièrement à cette mission dont tous les missionnaires connaissent les difficultés souvent rappelées dans vos réponses et qui nous conduit à accepter que sauf rarissimes exceptions — les épis mûris —, notre mission consiste le plus souvent à laisser une trace, qui disparaîtra probablement de la mémoire immédiate de la personne à qui se sera adressé le missionnaire, mais pourra ressurgir un jour ou l'autre, le contexte, les circonstances ramenant à la surface la trace enfouie et/ou l'additions des traces finissant par former une œuvre à elles toutes, un peu comme sur un tableau de Seurat où chaque petit point de peinture n'est rien isolément, mais l'ensemble des points de peintures sur la toile forment cette scène du cirque rassemblant écuyère, acrobate, clown...
Dans chaque moment de notre mission, l'un qu'est l'apôtre face à l'un qu'est l'homme qui l'écoute et avec qui il échange (dans la mission, on donne mais on reçoit aussi) n'est pas seul. Il est bien par le message qu'il transmet théophore (porteur de Dieu) et par là-même porteur de tous ses frères d'hier, d'aujourd'hui et de demain : un en lui, un avec le Père, un avec son messager fort (vous), un avec l'humanité.
Ne pourrait on pas dire au fond : Sois un(s) dans toi... avec un (s) entre parenthèse ?
C'est ce que m'inspire les quelques babils de pensée métaphysique qui s'étendent sur ma conscience et mon cœur depuis l'entrée 234, rééclairant dans toute sa dynamique transcendantale ce Sermon sur la Montagne, que notre mission ressuscite littéralement à la lumière de votre enseignement, ce qu'a très bien perçu l'ecclésiastique qui "à mentir préfère taire son nom et son adresse (243C1)".
Ce Sermon sur la Montagne, le chrétien de base l'avait abandonné en chemin, ses exigences jugées inaccessibles au commun des mortels (et donc, quoi d'autres que demander pitié au Père et compter sur sa miséricorde ?).
Ce Sermon sur la Montagne, que l'on trouve sous deux formes distinctes dans les Évangiles (Matthieu s'adressant plutôt aux chrétiens de Jérusalem ayant des notions claires de la Loi, et Luc s'adressant plutôt aux personnes de culture hellénistes disséminés dans l'empire romain), vous aviez suggéré au pape de l'ajouter au crédo catholique, ce qu'il n'a pas fait, laissant de fait à notre mission cette tâche de rénovation, parmi d'autres tâches visant à faire renaître dans le monde une espérance fondée sur le simple bon sens : comme les points sur une toile de Seurat. C'est l'addition des actions d'hommes de bien, croyants ou non, qui fera peu à peu grandir la toile de la grande Moisson précédant le Jour. Nous avons une mission difficile mais sublime.
Jeff P. de Paris, Île de France
Seurat Pointillisme

Réponse :
Merci, frère Jeff, pour ce beau commentaire et pour l'image du "Cirque" de Seurat accompagnée d'une épure montrant le travail de composition des couleurs. Selon la théorie du chimiste Michel-Eugène Chevreul une couleur n'existe pas en soi ; elle n'existe que  par rapport à celles qui l'entourent. À la suite de l'utilisation de ces résultats et ceux du physicien Ogden Rood, en particulier sur sa théorie des couleurs, énoncée dans son livre Modern Chromatics (1879), concernant les phénomènes de décomposition et de recomposition de la lumière, Seurat a expérimenté une nouvelle technique de peinture appelée pointillisme, qui consiste à approcher de la toile de nombreux petits points de couleur pure de manière à créer une distance souhaitée grâce au mélange et à la vibration de la lumière. Notre frère Dominique F. de Catalogne Française a raison. Ce qu'a fait frère Didier Br. n'est pas pointillisme, c'est sans doute du dripping, mais le résultat est heureux.
Vous êtes actuellement au Pèlerinage et je vous remercie pour le service que vous rendez sur ce saint lieu. L'impression que me laissent tous les Pèlerins cette année 2022, après que le Pèlerinage fût fermé depuis 2019, c'est celle d'une piété paisible mais d'une profondeur vibrante qui — et c'est rare — permet à l"humain de surmonter la dichotomie généralement persistante entre la vie quotidienne et la vie spirituelle. J'ose même dire que certains jours je sens là une communion, une harmonie, au lieu de ce qui est habituellement un brisement ou une brûlure passionnels. Un vent de plénitude heureuse court doucement dans la Maison de la Sainte Parole. Encore merci.

07aou22 243C4
"Fuir l'animal en moi" par la pénitence (Rév d'Arès 30/11) et ré-hanimer la Vie, l'image et ressemblance (Genèse 1/26).
J'aime beaucoup le magnifique extrait du blog qui suit et me pousse à méditer 235C25 : Nous ne sommes pas que des biologies mouvantes et tièdes (Rév d’Arès 2/5) promises à  la poussière des tombeaux, mais des êtres métaphysiques temporairement habillés de chair sur une ligne de Vie infinie, ainsi que la Veillée 17.
Mes pensées fraternelles s'envolent vers vous.
Didier Br. d'Île de France

Réponse :
Un grand remerciement pour votre très beau commentaire, frère Didier.

08aou22 243C5
Je suis ébranlé par votre nouvelle entrée.
Elle touche à bien des domaines de mon action d’apôtre.
Elle réveille les souvenirs de la vie avec mon épouse, avec l’art, avec la pénitence et la moisson :
Les bourrins bretons, la peinture et maintenant la musique dans la rue.
En guise de réponse à cette entrée, je joins en photo la version du 01/08/22 d’une des deux chansons que je joue là où je suis et passe.
Merci infiniment pour votre immense amour de la Vie.
Thierry A. de Bretagne-Nord.

Réponse :
Merci, frère Thierry, pour votre commentaire qui me touche beaucoup
Comme il m'arrive de regarder sans voir, il m'arrive de lire, d'aimer ce que je lis, sans comprendre. Je l'avoue, je ne comprends pas tout ce que vous me dites ici, mais je me dis que la complément qui m'échappe est peut-être dans l'image dont vous m'annoncez la venue en même temps que votre commentaire, mais je n'ai pas trouvé d'image... Sans doute l'avez-vous oubliée, à moins qu'elle ait disparu au cours du transfert.

08aou22 243C6
Merci, Frère Michel, de ne pas vous lasser de nous parler, de nous redire et redire.
L'image du bourrin que vous prenez en comparaison de notre encore piètre humanité est une fois de plus si juste et résonne en moi.
Dans notre monde bien réglé, il semble raisonnable de profiter de son harnais; c'est confortable malgré la lourdeur des charrettes et les coups de fouet ; dans l'espérance de foin et parfois d'avoine qui nous attend à l'écurie.
Dés le plus jeune âge on nous enseigne à avoir peur, à obéir au palefrenier, à accepter cette "sécurité" et à la reproduire pour le bien de tous (selon nos codes, nos règles... qui varient selon les époques), ces schémas pour notre descendance.
Peur de se confronter à la Liberté et sa responsabilité, ses responsabilités.
Oser passer de canasson cabochard mais soumis à l'animal libre des harnais [Rév d'Arès 10/10].
Un long apprentissage et nous sommes lents, alors merci de persister à nous guider.
Car cela aide à être conscient de notre cage [Rév d'Arès xxxvi/3] dans laquelle nous nous installons, avec nos réflexes et nos peurs, cela rappelle que nous sommes faits et appelé à être autre chose qu'un animal dans son box.
Acquérir un peu de conscience et d'intelligence, dépasser les peurs, redevenir plus Vivant.
Gaël L. de Loire Atlantique

Réponse :
Comme est juste votre commentaire, mon frère Gaël. Merci pour lui !
J'ai déjà, je crois, dans ce blog rappelé dans une réponse à un commentaire cette expérience réalisée aux USA par des cognitivistes ou des neuroscientistes : On demande à un certain nombre de spectateurs de regarder sur l'écran la vidéo d'une partie de basket-ball en leur demandant d'être très attentifs et de compter le nombre de fois que le ballon change de main. Au milieu du match un homme revêtu d'une peau de gorille entre sur le terrain, regarde la caméra, se frappe la poitrine à coups de poing et sort. Une fois la vidéo terminée on questionne l'assistance et l'on constate qu'une grande partie d'entre elle n'a absolument pas vu le faux gorille et même plus : ceux qui n'ont pas vu le singe affirment à grands cris que rien de tel ne s'est passé pendant le match jusqu'à ce qu'on leur repasse la vidéo et qu'ils soient bien obligés de convenir que le grand singe est venu. Par contre, tout le monde voit le gorille si aucune tâche particulière ne les distrait pendant le match. Eh bien ! on peut dire que la grande majorité des humains ne voient absolument pas qu'ils sont des bourrins attelés à des charrettes lourdes. Cette vision humaine déficiente est très largement exploitée par ceux qui dirigent la société. On fait croire aux humains qu'ils sont des super-observateurs auxquels rien n'échappe. C'est faux. L'humanité est largement cacochyme. Nous avons à lui redonner la santé.

08aou22 243C7
Très cher frère Michel,
Merci encore pour cette nouvelle entrée vigoureuse, pleine de bon sens et tout cela avec une pointe d'humour : "les bourrins" .
J'ai noté deux petites erreurs il me semble (...)
J'avais préparé un commentaire pour l'entrée précédente et voilà une nouvelle entrée.
Je vous envoie quand même ce commentaire au cas où il pourrait vous intéresser même si vous ne le publiez pas :

J'ai trouvé intéressante cette entrée 242 car elle me permet de mieux appréhender la Parole, de pouvoir la lire sur différents niveaux et ne pas en rester uniquement aux sens littéral et plénier auxquels notre culture nous a habitués mais d'explorer aussi le sens typique (ou symbolique) et surtout le sens  métaphysique.
Certes je ne l'ai pas encore suffisamment intégrée et métabolisée comme vous l'écrivez à Rémy et Marie-Odile (242C22) mais elle ouvre sur un large champ de possibles.
J'ai relevé ici certains passages de cette belle entrée auxquels je rajoute mes réflexions. 
"Le péché a réduit la créature humaine (Rév d'Arès 2/1-5) à tel point qu'une vastité de brèches mentales la sépare du Créateur. Obscur et frêle est devenu le fil qui rattache encore la brève vie anthropique à la Vie (Rév d'Arès 24/3-5) Éternelle."
Par moments, je ne sais pourquoi je perçois ce lien subtil avec le Créateur et puis il disparait . Je n'ai pas encore trouvé le moyen de garder ce lien constant ou de restaurer ce fil qui me relie à la Vie. Et je pense qu'il en est ainsi pour beaucoup.
"L'âme va-t-elle suivre une trajectoire jusqu'aux étoiles ou va-t-elle s'étaler sur l'univers ? Va-t-elle se fondre dans d'autres âmes et ne former qu'une âme : la polone (Rév d'Arès xxxix/12-13), avec toutes les âmes ?"
Quand je lis cela je pense à l'âme de Jésus qui habitait son corps transfiguré et se tenait devant vous et qui semble-t-il avait gardé sa personnalité, sa propre identité. Ne ferons-nous pas de même après notre vie terrestre si nous devenons de bons pénitents ?
Dans votre réponse au (235C19), vous écrivez :
"Je pense que le point le plus difficile et délicat de ma mission est d'aider mes frères et sœurs à passer le fossé de la métaphysique, à l'art de tomber au fond du trou et de réescalader la paroi, parce que la métaphysique peut être définie par l'art et l'effort de pénétrer  tout ce qui échappe à l'expérience, à la logique ou au possible et notamment Dieu, l'âme, la mort, etc. Dieu existe sans le moindre doute puisqu'il m'a visité et parlé, mais, s'il existe, qu'est-il ? Le temps est-il infini ? Qu'y a-t-il au-delà de la mort, dont la Parole parle si peu ? Etc., etc."
« Dans ma perception sensorielle ou extra-sensorielle sans faille de La Révélation d'Arès j'ai bien retrouvé la distinction faite depuis longtemps par les exégètes entre le sens plénier et le sens typique (typique au sens de symbolique) de la Parole. J'y ai ajouté le sens métaphysique."
Pourquoi la compréhension métaphysique est-elle si importante à vos yeux ?
De quels moyens disposons-nous pour appréhender la métaphysique ?
Qu'est-ce qui vous a permis d'appréhender la métaphysique ? Est-ce vos rencontres avec le Créateur sous ses différentes formes ou votre pénitence qui vous ont fait percevoir une autre dimension inaccessible aux sens habituels ou les deux. ?
J'ai écouté attentivement la vidéo de notre frère Éric D . qui parle à cœur ouvert de ce qu'il ressent et comment il vit ses rapports avec la Parole, le prophète et les P(p)èlerins d'Arès. C'est intéressant ; certaines de ses réflexions m'ont aussi traversé l'esprit. Chacun de nous va forcément ressentir et vivre la Parole et même vos écrits avec sa personnalité, sa sensibilité, sa culture, son histoire de vie.
En lisant La Révélation d'Arès, surtout la deuxième partie, Le Livre, chacun pourrait donner des interprétations différentes en fonction de ses convictions, de son ressenti, de son vécu de son histoire, etc... c'est pourquoi seul le prophète qui l'a reçue peut en restituer le vrai sens. Ce que vous répondez à Éric en écrivant : "Je pense, aujourd'hui encore, que ce que me communiquait le Père n'était pas fondamentalement fait des mots, mais était fait du sens du Message. La façon dont j'ai reçu ce que j'allais appeler Le Livre est quelque chose qu'il faut avoir vécu, qui n'est pas descriptible." C'est bien le prophète qui est l'agent d'unité comme vous l'écriviez dans un article du : "Un prophète pourquoi et pour quoi faire ?" (Le Pèlerin d'Arès).
D'ailleurs à un moment l'antenne de lumière qui vous transmet la Parole du Créateur vous dit : Les frères, Je ne leur parle pas, tu leur parles [Rév d'Arès xx/12].
Le Vent ne soulève pas ton cheveux comme une couronne (Rév.Arès XX/13).
Comme vous l'écrivez dans votre réponse à notre frère Éric : "Nous sommes loin d'être parfaits, mais nous nous efforçons de rester aimants en toutes circonstances, parce que nous voulons être une communauté de caractère et de destin dirigée vers la Lumière." J'ai constaté souvent qu'il m'est toujours plus facile de voir les défauts des autres que les miens, c'est pourquoi j'ai toujours  besoin de faire preuve d'humilité et d'amour en m'efforçant de n'être plus rien pour moi-même, car finalement, seul l'amour peut nous unir au-delà de nos différences.
J'ai bien aimé que vous ayez rappelé que vous êtes aussi le prophète de la mesure.
Parfois la Parole peut réveiller en nous des forces endormies qui peuvent créer une sorte d'illumination et nous faire perdre la mesure. Je comprends pourquoi le Père dit aussi de garder la tête froide et en toutes circonstances de garder son sens, sa mesure et sa paix.
La tête froid(e Me) parle, la tête (devient) chaud(e, elle) est (comme) neuf têtes (Rév. Arès xLiii/15).
Votre réponse à Éric est très instructive pour nous tous. Merci à lui de dire ce qu'il pense, cela vous a permis de nous livrer un bel enseignement libérateur.
Vous écrivez à notre frère Éric : "En France, on aime bien les sigles, les drapeaux, les étiquettes, etc. Nous Pèlerins d'Arès n'en avons pas et il faut faire disparaître les habitudes clanesques." Pourtant nous avons un logo , cela ne peut-il pas être considéré comme un signe clanesque ?
Je vous souhaite un très bon pèlerinage en août ainsi qu'à tous ceux qui s'y trouvent.
Denis K. de Bretagne Sud

Réponse :
Concernant les fautes que vous avez décelées et d'autres que vous n'avez pas vues, elles tiennent au fait que j'ai publié cette entrée brute de rédaction sans qu'elle ait été relue par d'autres yeux que les miens. La sœur Christiane est ma seule relectrice concernant le blog et en ce moment nous avons, elle et moi, tant à faire que nous manquons de temps pour tout. Elle a pu, cependant, se lever très tôt ce matin pour relire et me donner les corrections, parmi lesquelles les deux que vous me signalez et d'autres. Moi, hélas, je ne peux pas me relire sauf après plusieurs jours ou (de préférence) après deux semaines, mais le temps presse constamment, parce que, devant m'en tenir sans cesse à un plan de travail, je dois toujours faire vite. Merci quand même, frère Denis.
Je crois avoir beaucoup écrit concernant la métaphysique depuis quelques mois. Vous devriez, dans mes nombreuses réponses aux questions similaires à la vôtre, trouver quoi comprendre quand je parle de métaphysique. Prenons un problème de métaphysique qui est peut-être le problème de métaphysique par excellence, celui que seule la métaphysique peut aborder, aborder mais non solutionner, car la métaphysique ne solutionne rien, mais elle permet d'entrer sans dire trop de bêtises, ce qui est très important, dans des problèmes insolubles par la raison mais qui pourtant nous semblent bien exister, car quantité de signes en signalent l'existence.
Dieu, pas vraiment un Être, pas vraiment Rien, puisqu'Il peut s'exprimer comme Le Livre le prouve. Dieu ne trouve pas sa place dans le répertoire de la nature ; de là l'athéisme. Le mot Vie trouvé dans La Révélation d'Arès est dépourvu de définition, de forme, de couleur, etc. La vie n'est pas situable, sinon certes par ce qui fait bouger un vivant : une mouche, une baleine, une pâquerette, un brin d'herbe, un humain, un phasme. La question qui se pose concernant Dieu : Pourquoi la Vie, puisqu'on ne le voit pas bouger ? Il est facile de dire "chaise" en montrant l'objet : sur quatre pied un siège où poser ses fesses, on ne peut dire Dieu en montrant l'objet, mais on sait, parce qu'on le sent et que sentir est un sens comme un autre, qu'il existe quelque chose qui parfois est évident, même quand on l'appelle hasard, chance, phénomène, mystère constatable en tant que mystère, intuition. Le problème de Dieu pour le mécréant est qu'il se produit bien des coups de chance, des merveilles, des éclats de génie, ils ne répondent pas à la logique physico-mathématique. Si vous admettez qu'il peut quand même exister, qui sait ? des choses et des faits illogiques, vous êtes métaphysicien.
Tant que l'on sera dans la question orgueilleuse par excellence de l'homme : "C'est soit une chose, soit une autre chose, mais pas les deux," le problème de Dieu se posera. Pour nous les deux existent ; celui qui ne les vois pas, c'est parce qu'ils ne sont ensemble visibles que pour un autre regard, le regard métaphysique. Cela signifie que la Vérité est, inévitablement, intrinsèquement contradictoire.
Dieu ne se laisse pas capturer, observer, disséquer, mais cela signifie-t-il inévitablement qu'il n'existe pas ? L'esprit métaphysicien qui est esprit de progrès et d'espérance répond : Non ! Presque tout progrès s'est fait sur une intution, quasiment  jamais sur une découverte matériellement évidente... L'évidence est toujours venue après la pensée. Or, l'intuition, la pensée sont du domaine métaphysique.
Dieu, c'est à la fois quelque chose et rien. On croyait que la finitude de l'univers était inévitable, une évidence matérielle, parce que tout a un commencement et une fin. Les dernières observations du télescope nouvellement envoyé dans l'Univers prouvent qu'il n'en est rien : L'infinitude existe. Pourquoi Dieu n'existerait-Il pas ? J'exclus, bien sûr, le fait que Dieu m'a parlé, parce que ça, tout bon rationaliste le sait, c'est du baratin. Le télescope James-Webb, lui, n'est heureusement pas rationaliste ; il dit ce qu'il voit ; c'est un instrument que nous Pèlerins d'Arès pouvons qualifier de métaphysique.
Le plus intéressant dans tout ça, c'est qu'on n'a même pas besoin de métaphysique quand on a l'amour. L'amour sauve ; ce n'est pas ce qu'on croit qui sauve.

08aou22 243C8 
Bonjour Frère Michel,
Je me permets de vous envoyer mon commentaire pour l'entrée 243 de votre Blog par mail, votre formulaire ne reconnaissant pas les caractères grecs.
Je lis en ce moment "La Pommeraie" que vous avez rédigé, cher prophète, dans Le Pèlerin d’Arès 1989, et parallèlement les Fragments (et témoignages) d’Héraclite (édition J.-F. Pradeau, GF Flammarion). D’Héraclite "l’obscur" ne nous sont parvenus que des témoignages et fragments relatés par d’autres auteurs et philosophes. La belle pensée — ou devrais-je dire "parole" inscrite sur le papier — d’Héraclite est donc parasitée par ce qu’en disent ses citateurs. Aristote le citera pour le réfuter, lui et ses disciples — particulièrement Critias d’Athènes ; les stoïciens, tels que Cléanthe, l’intégreront à leur projet philosophique ; les chrétiens – notamment Hippolyte et Eusèbe de Césarée – le reliront dans la perspective d’une eschatologie religieuse.
Héraclite aurait dit : "On ne peut entrer deux fois dans le même fleuve" (Aristote, MétaphysiqueG, 5, 1010a1-19). L’eau du fleuve n’est jamais la même, l’homme qui s’y baigne n’est jamais le même, donc "Toutes choses sont en mouvement" (Aristote, Tropiques, I, 11, 104b19-22). D’un autre côté, malgré ce mobilisme perpétuel, le fleuve demeure un fleuve, l’homme demeure un homme. Si les choses sont en mouvement, elles demeurent des choses, elles gardent leur "nature" ou "essence".
Ensuite, Héraclite aurait émis l’observation suivante : dans un univers où tout est en perpétuel changement, où toute chose demeure elle-même néanmoins – où quelque chose se perd et se crée en permanence -, ce sont les contraires et leur union qui forment l’harmonie de l’univers. Par exemple, comme vous l’observez dans "La Pommeraie", la nuit est le pendant du jour, et nous ne saurions apprécier le jour et sa chaleur sans la nuit et sa noirceur (néanmoins clairsemée d’une infinité d’étoiles). Toujours selon Héraclite, "la mer est l’eau la plus pure et la plus souillée ; pour les poissons, elle est potable et salutaire, mais elle n’est pas potable et elle est mortelle pour les hommes" (Hippolyte, Réfutation de toutes les hérésies, IX, 10, 5).
À la lecture de "La Pommeraie", je serais tenté de dire que si toutes choses sont en mouvement, alors tout est crise ou équilibre.
Le problème — car il y en a toujours un avec un livre de philosophie — se situe dans la prose des réfutateurs d’Héraclite d’Éphèse. Le texte suivant dénote, de mon humble point de vue, un glissement vers un intellectualisme – l’hégémonie de l’esprit – dont ne s’arrogeait pas l’Éphésien, ce dernier ayant peut-être été doté d’une intelligence du cœur prenant le pas sur celle de la pensée. Aristote s’y exprime en ces termes, dans le but de réfuter Héraclite (exemple, pour l’ancien disciple de Platon, des penseurs n’ayant pas échappé à la "non-contradiction" qui fonde la légitimité des discours proprement "scientifiques") :
"On voit clairement que ne peuvent êtres vraies, en aucun sens, les assertions de ceux qui soutiennent à propos de toutes choses, soit que rien n’est vrai […], soit pour les autres que tout est vrai. Ces raisonnements, en effet, ne diffèrent guère de ceux d’Héraclite [qui dit que les contraires – tel que le commencement et la fin d’un cercle qui se confondent toujours sur la courbe d’un cercle – s’uniformisent et donc se confondent], car dire avec lui que tout est vrai et que tout est faux, c’est soutenir aussi chacune de ces deux propositions séparément, de sorte que si la doctrine d’Héraclite est bien impossible à admettre, ces doctrines doivent l’être aussi. Si ce qu’il est vrai d’affirmer n’est rien d’autre que ce qu’il est faux de nier, il est impossible que tout soit faux, car il est nécessaire que l’un des deux membres de la contradiction soit vrai. En outre, s’il faut nécessairement pour toute chose soit affirmer soit nier, il est impossible que les deux membres de la contradiction soient l’un et l’autre faux, car un seul des deux membres est faux. De telles doctrines encourent donc toutes aussi le reproche si souvent répété de se détruire elles-mêmes. Celui qui dit en effet que tout est vrai affirme, entre autres, la vérité de la proposition contraire à la sienne, de sorte que la sienne propre n’est pas vraie (car l’adversaire prétend qu’elle n’est pas vraie), tandis que celui qui dit que tout est faux affirme aussi la fausseté de ce qu’il dit lui-même. Et s’ils font des exceptions, le premier prétendant que seule la proposition contraire à la sienne n’est pas vraie, et le dernier que seule la sienne n’est pas fausse, ils n’en sont pas moins entraînés à admettre des exceptions en nombre illimité, tant pour les propositions vraies que pour les propositions fausses. Car celui qui dit que la proposition vraie est vraie dit lui-même vrai ; et cela se poursuit indéfiniment. Il est encore évident que ni ceux qui prétendent que tout est en repos, ni ceux qui prétendent que tout se meut disent vrai. Si, en effet..." (Aristote, Métaphysique).
J’ai arrêté ma lecture à ce moment-là. Passablement ennuyé par cette apologie du discours non-contradictoire, qui peine peut-être à rendre compte de la Vie qui, me semble-t-il, se contredit perpétuellement, j’écrivais ce qui suit sur la page de garde de l’ouvrage : "Aristote confond la dispute – qui distingue ce qui est vrai de ce qui est faux – et le réel – où le vrai et le faux ne dépendent pas, respectivement, d’une affirmation ou d’une négation de la part d’un"discoureur". Le discours de la connaissance qui juge la "vérasibilité" [néologisme] du réel n’est pas le réel lui-même. Il est intention, non création accomplie indubitable que l’homme avait le pouvoir et la puissance de réaliser en Eden. Tout peut se mouvoir ou être au repos, et ce n’est pas aux vaines intentions de l’esprit d’en décider." Ainsi, "La Pommeraie" a nourri ma « réponse » à Aristote :
Troisième vérité. L’agent déterminant du bonheur et de la puissance est, selon le pôle choisi par Adame et par l’homme après lui :
Dans la perspective d’équilibre, la création comme résultat accompli. Dans cette perspective l’esprit créant — ou intention — n’a pas valeur déterminante.
Dans la perspective de crise, l’inverse. Avant que la création ne s’accomplisse, l’esprit créant — ou intention — a valeur déterminante. (Le Pèlerin d’Arès 1989, "La Pommeraie", p.51).
Je n’ai rien contre Aristote. C’est un homme et je l’aime. Je n’apprécie cependant pas ses notes de cours, car les ouvrages qui nous sont parvenus de lui aujourd’hui ne consistent qu’en cela.
Faut-il lire Aristote ? Il me paraît difficile de s’en passer, mais je peux me fourvoyer. De mon point de vue, la métaphysique à laquelle vous nous ouvrez n’est pas celle que connaissent généralement les hommes. Peut-être faudra-t-il distinguer la métaphysique de la métaphysique aristotélicienne, et, dans ce cas, comment le faire sans déjà la connaître ?
Quand je lis votre entrée, "Fuir l’animal en moi", je crois reconnaître en la réfutation aristotélicienne d’Héraclite une invitation à s’adonner au "jeu" de la discussion ou de la dispute philosophique – à faire du lecteur innocent un "bourrin" attelé à ses "pensées en boucle", à ses "ennuis", à ses "jeux comme les bourrins à leurs charrettes". J’ai l’impression que, dans le texte précédemment cité, l’Athénien tape de sa règle sur les doigts du lecteur insouciant qui veut admirer l’Éphésien. Effectivement, "comment faire bruire la Vie (24/5)", quand les doctes nous disent en qui croire et en qui ne pas croire, qui dit le vrai et qui est dans l’erreur, alors que nous sommes tous dans l’ignorance du tout ? N’oublions pas, également, qu’Aristote a parfois été considéré comme le créateur de la science. Je le vois plutôt comme le fondateur du discours scientifique, qui, après l’avoir éprouvé pendant mes années de classe préparatoire, m’apparaît parfois comme un risque, le risque d’atrophier l’esprit par une sorte de contrition orgueilleuse — qui n’est qu’un risque, non pas une fatalité selon mon humble avis. C’est le harnais qu’a imposé Aristote à la langue. Alors que la contradiction — ou, plutôt, nous devrions dire la contrariété, c’est-à-dire les contraires qui s’unissent selon Héraclite, qui peuple le monde et le réel, s’installe dans l’esprit de l’homme-bourrin, l’homme en crise. Le vrai est un jardin dans la tête (Rév d’Arès ii/9), et il s’agit potentiellement de laisser les arbres et les broussailles de ce jardin pousser librement dans l’esprit de chacun, quitte à laisser la contradiction s’installer, à laisser les contraires de l’Univers (jour/nuit, lumière/ombre, équilibre/crise…) s’y épanouir.
Plus loin, quand je lis « L’esprit est un flux vivant, infiniment, riche, créateur, libérateur », ainsi que « nous sommes Un tous ensemble (Rév d’Arès xxiv/1) les hommes », je ne peux m’empêcher de penser à l’image du fleuve d’Héraclite, et à son union des contraires (une Humanité composée d’une foule d’individus mais qui est Un). De même, je perçois, peut-être à tort, le resserrement qu’opère Aristote dans sa Métaphysique. Devons-nous devenir nous-mêmes des fleuves, abreuvés par l’Eau bleue, l’Eau forte, l’Eau vive de la Parole ?
Je vous remercie chaudement pour cette entrée, frère Michel. Je serai, à vrai dire, incapable de détailler l’ensemble des effets qu’elle a pu avoir sur moi, sur ma pensée, sur ma psyché. En vous lisant, je trouve la confirmation des pressentiments qu’eurent des hommes qui vécurent bien avant nous, tels qu’Héraclite, Socrate ou Platon ; mais aussi la confirmation que le bourrin pourra, à force de pénitence, d’amour et de bien, se libérer du harnais que lui mettent les docteurs (Rév d’Arès 10/10) et — pourquoi pas ? — redevenir, à l’image de la Parole, un poulain agile courant vers son but (Rév d’Arès 10/10).
Pour finir ce commentaire, je citerai Wittgenstein qui, à la fin de son Tractatus logico-philosophicus, con« clut : "7 – Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence."
J'espère que ce pèlerinage se déroule bien pour vous, ainsi que pour tous les frères et sœurs qui sont venus prendre le Feu. Vous voir à la Maison de la Sainte-Parole me fortifie grandement.
Fraternellement,
Élie P. de Paris, Île de France

Réponse :
Merci, mon frère Élie, pour ce long commentaire. Merci de trouver la justification de "La Pommeraie" dans certaines pensées de la Grèce antique.
Concernant Aristote, je me permets de rappeler que c'est de la philosophie vétéro-grecque un grand auteur que j'ai très peu cité, voire même peut-être pas du tout cité dans mon blog (je ne peux pas me souvenir de tout ce que j'ai écrit depuis 2006) au contraire de Platon. J'ai des raisons pour ce silence, mais je ne vais pas entrer ici dans la critique d'Aristote.
Notons toutefois, frère Élie, que ce n'est pas du tout Aristote qui a intitulé métaphysique une de ses œuvres principales constituée de quatorze livres qui ne furent réunis qu'assez longtemps après sa mort par le bibliothécaire et compilateur Andronicos de Rhodes. C'est cet Andronicos qui a intitulé "La Métaphysique" (Μετὰ τὰ Φυσικά) un des sommets de la logique aristotélicienne. Cet ouvrage  développe notamment "une science de l'être en tant qu'être", une "ontologie et une théologie". Aristote y a soutenu, tout le monde sait ça, que "tous les hommes désirent par nature savoir". "La Métaphysique", titre qu'on doit donc à Andronikos de Rhodes et non à Aristote) est le traité fondateur de la métaphysique occidentale. Aristote y parle de ce qu'il appelle, lui, la "philosophie première", autrement dit la science des causes premières, des premiers principes et de la finalité de tout ce-qui-est en tant qu'il est. C'est un fil de pensée qui peut nous être utile à nous disciples de La Révélation d'Arès.
Je sais qu'Aristote n'appréciait pas particulièrement Héraclite, mais Héraclite fut, à mon sens, un métaphysicien, un vrai et sûrement meilleur bien avant Aristote. Au reste, on n'a aucun écrit d'Héraclite, seulement des citations éparses (une centaine, je crois) trouvées chez divers auteurs antiques. Héraclite était, à mon avis, une sorte de poète-penseur, un raciocineur libre, resté célèbre pour des propos comme Πάντα ῥεῖ (Panta rhei) : "Tout passe", "On ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve", "Le plus beau des singes est laid", "La contrariété est avantageuse", "La plus belle harmonie naît des différences", "Toutes choses naissent de la discorde", etc. qui font de lui un observateur fécond, aigu, profond, des relativités nombreuses de la vie humaine et du mouvement perpétuel des choses. Aristote, c'est déjà un système ; Héraclite c'est la sagesse ! Merci de le citer.

09aou22 243C9
Cher Mikal,
Tout à l’heure l’espèce de "bourrin-pèlerin" que je suis était en face à vous (attention tout de même à ne pas confondre avec le requin-pèlerin, c’est une espèce bien distincte). Vous avez parlé de la brièveté du Pèlerinage de Feu, de la brièveté de notre épisode charnel. Vous avez parlez des étés chauds, des étés froids, de ce tout début d’automne qu’on commence presque imperceptiblement à sentir poindre ce 8 août. En effet la durée de l’astre diminue désormais de façon sensible le soir.
Au côté de ma sœur Nicole D. présente à l’accueil avec moi, je vous questionnais sur le soleil qui devient froid, l’or qui pourrit (Rèv d’Arès xxvi/8 )... Nous étions assis sur des chaises quelconques autour d’une table basse, vous nous avez emmenés un peu hors du temps. Précieuses minutes dans les confins d’un Univers [12/4] que grâce à vous on commence à explorer mieux que la NASA, et dont on découvre et réalise notre parenté. Vous avez entre autres choses fini par nous dire : "L’éternité c’est l’univers," puis dans cette immensité ou tout évolue, change, vous avez ajouté : "Le mal disparaîtra, mais la seule chose qui ne disparaîtra jamais, c’est l’amour." J’emporte Mikal [xxii/11] ! Quel bonheur de vous entendre, quel bonheur que la Vie vous donne quatre âges (xxxi/18).
Revenons à nos chers bourrins (def : Un bourrin désigne un mauvais cheval. Ce terme péjoratif et populaire proviendrait de l'argot militaire du début du XXe siècle). Dans cette entrée, vous nous dites : "Bourrin est l'homme dont l'ego est produit de l'autosatisfaction personnelle, il reste seul dans son piètre égotisme à claquer du sabot sur le pavé entre ses brancards."
Vous ajoutez : "… ils ignorent leurs colliers, leurs harnais, leurs mors comme les chevaux d'attelage. C'est ce que j'appelle la narcose du pâtir." En effet, pour l’instant l’homme-bourrin, ladre, irritable sur "l’orange pourrissante" (entrée 187), reste là ou son pied reste. Sur son crin l’encre coule, il s’aveugle, infatué de lui-même, le voilà qu’il dérive dans la narcose du pâtir …
La technoscience semble vouloir finir le job. Massifiant à outrance le chiot d‘homme, il cherche à atteler ce peuple de 7 999 999 999 d’autres, comme des chiens (xxxii/14).

Pourtant, non sous les pavés la plage, mais dessus la rustre cymbalaire (entrée n°223 « pauvre rudéraux que nous sommes »)
Pourtant l'homme-frère dort dans la foulée de ton talon (Rév d'Arès xxviii/28 ).

Cher prophète. Ce bourrin est occupé a mâcher aussi une rête [Rév d'Arès xxii/6], mais celle du père, et par là il décide d’un autre destin, se dégager de l’animal pensant.

Pourtant, il y a bien le noble chevalier casqué monté sur un cheval blanc (mais sans armes) vous visitant en 1981, le prophète Mouhamad qui vous encourage. La musette (Rév d'Arès xxxiv/14) ne paye pas le salaire du cheval. "Cheval de Mouhamad = la foi pas spécialement musulmane prophétique, active et créatrice" (annotations  2009).

Pourtant, tôt ou tard comme la chrysalide devient papillon, le bourrin attelé à son destin cyclique deviendra poulain agile (10/10) … qu’il sera bien difficile de dompter et d’atteler aux chars de la citadelle. La prison des siècles volera en éclat, nous fuirons l’animalité, la noce de bouc, pour ressouder le bourrin-humain -qui n’a d’animal que l’échafaudage (Rèv. d’Arès 17/2)-avec l’unité génésiaque. Alors, il n'y aura plus ni jour ni nuit, vous disiez : ni lumière ni obscurité morales, idéelles, sociales, ni rapports antagonistes entre homme et nature, homme et cosmos … (222C63)

-    Pour finir, il  y a la « parole de Mikal » (i/12) :
lien vidéo que j'invite chaque lecteur à visionner ou revisionner.
https://www.youtube.com/watch?v=gbnVLgt3uU4
En 2016, je vous posais une question face caméra sur l’issue du monde sous le joug technoscientifique, vous m’aviez fait une réponse magistrale (voir vidéo de 1min45 à 6min 30) ou vous dites à la fin:
« Chacun de nous à ça en lui, vous pouvez aller voir quelqu’un dans la rue, lui tapoter sur la poitrine et lui dire vous êtes un être éternel qui s’ignore ». A nous de jouer !

Halleylujah
Abel B.  de Bretagne-Ouest

Réponse :
Non, bourrin ne veut pas dire "mauvais cheval" ; dans l'armée bourrin désignait argotiquement n'importe quel cheval, ce qui était aussi le cas dans mon enfance pour quantité de chevaux excellents : les bourrins de la ville (qui tiraient les charrettes de la voirie), les bourrins de Nicolas (qui tiraient les camions* de livraison de vin de la Maison Nicolas**), les bourrins d'artillerie tirant les canons, etc. Un mauvais cheval, c'était une haridelle, une rosse, un bidet, une bourrique, un carcan, parfois mais pas toujours un canasson.
Ceci dit, vous évoquez le moment où, parfois, avant la prière je vais dire quelques mots aux frères et sœurs d'accueil. Ils découvrent ma façon d'exprimer les choses de la vie spirituelle et de l'espérance différente de la leur et certains me disent en substance : "Quel dommage qu'on ne puisse pas vivre avec vous ; on saurait mieux exprimer la profonde originalité de la foi qu'a installée en vous La Révélation  d'Arès." Il est vrai que celui qui a eu comme moi l'expérience tangible de l'Éternel, du Créateur, de la Vie, ne voit pas l'existence comme tout le monde. Je dirais même que rien n'est plus abscons, hypothétique, obtus que ce que l'humain lambda voit. L'homme ne voit plus la réalité ; il voit le monde auquel on l'oblige dès l'école à s'attendre ; il ne voit pas le monde tel qu'il est. Le monde objectif est le monde qu'on nous oblige à voir ; on rend attirant ce qui ne l'est pas. Emmanuel Kant disait déjà que les humains n'accédaient pour ainsi dire jamais "à la chose en soi"... C'est vrai. Si je regarde le même paysage en voyant apparaître Dieu, la Vie, l'Unité du Tout infini derrière... Je vois tout d'une toute autre manière. Si vous regardez un paysage vous le trouvez beau, parce que la culture à bistouillé nos yeux pour voir les choses ainsi. On ne voit pas, on perçoit et l'on peut tout percevoir différemment. Le peintre Cézanne disait : "La nature est à l'intérieur. Ce que les yeux voient n'est qu'un écho," ou quelque chose comme ça. La métaphysique permet de s'évader du carcan des traits visibles et d'entrer dans la réalité invisible. De même le vrai langage ou plutôt la forme de langage s'approchant le plus de la réalité est interne ; il n'est pas fait que de mots. Au reste, regardez une pièce de théâtre sur la scène : quand les acteurs parlent et bougent, ils vous imposent leurs bruits et leurs mouvements et vous ne voyez plus le décor et si vous tenez à observer le décor tandis que les acteurs jouent, quelques chose de l'intrigue vous échappe.
La Révélation d'Arès fait voir quantité de réalités à neuf, les redresse dans leur strictivité, si l'on me permet ce mot barbare. Il y a sans cesse, quand on observe le monde, ce que les peintres appellent "le problème de liaison", parce que personne dans le public qui viendra voir leur œuvre n'est un récepteur total. Savez-vous que certains prisonniers qui ont passé des années dans la même cellule avouent qu'ils n'ont jamais vu deux fois de la même façon le mur, toujours le même, qu'ils avaient sous les yeux le main en se réveillant ?
La foi, oui, est question de perception. Mon frère Antoine B. ne parvient pas à comprendre Le Livre tel que je l'explique parce qu'il ne parvient pas à accepter ou comprendre la perception du Message de la manière que le Très-Haut me l'a communiqué par d'autres parties de mon corps outre les oreilles par ou ne passaient que les sons.

* Dans mon enfance on appelait encore camions les charrettes hippomobiles basses à fort plateau et à quatre petites roues très robustes pour le transport des marchandises pesantes.
** On dirait aujourd'hui la Société Nicolas.

09aou22 243C10 
Un peu de douceur visuelle et sonore
https://youtu.be/3XZVAennvNU
Didier Br. d'Île de France

Réponse :
Merci, frère Didier, pour cette très belle exposition de pointillisme et divisionnisme.

10aou22 243C11
J’ai souvent employé ce mot de bourrin pour me définir.
N’étant pas bien malin, mais constant et déterminé, je prenais cela comme une qualité, mais vous nous faites de ce bourrin une autre image qui me fouette et me réveille.
Une vie de bourrin, c’est pauvre en fait, on fait son boulot, on reçoit sa dose d’avoine, une petite tape sur l’encolure quand le maître est content et la vie passe ainsi paresseuse, soumise et dramatiquement pauvre.
Mais je suis né humain pas bourrin, je suis potentiellement Image et Ressemblance du Père de l’Univers ; la Vie a un projet pour moi, c’est la gloire qu’Elle me propose et même une éternité de gloire pour le simple prix de ma pénitence, c’est énorme !
Je lui ferais offense en n’acceptant pas le sublime destin qu’Elle me propose en partage avec Elle.
Merci frère Michel d'à nouveau réveiller en moi l’envie de me déifier, de ne pas me contenter du peu.
Rémy O. de Toulouse, Midi-Pyrénées

Réponse :
Vous avez eu raison, frère Rémy, de vous prendre pour un bourrin. Personnellement, je me prends aussi pour un bourrin certes conscient de l'être, ce qui est déjà un gros progrès, mais pas encore vraiment libéré.
Il faut, de toute façon, avoir acquis une bonne dose d'humilité pour comprendre qu'on n'est que bourrin. La pénitence donne l'humilité nécessaire, mais d'autres grands lucides découvrent eux aussi leur condition de "bourrin de ville, de bourrin de Nicolas, de bourrin d'artillerie" (réponse 243C9), bref, de bourrin... Chaque jour je subis l'étrille de la douche, le céphalograttage du coiffage, le brossage des dents, le harnachage de mes fringues avec ceinture, col de chemise, œillères, le ferrage de mes pieds dans des chaussures, etc., mais bigre ! les mustangs, les namibs, les chevaux de Przewalski, les brumbies, bref, les chevaux sauvages subissent-ils tout ça ? Non. Pourtant, attrapez-en un et vous constatez qu'il est propre, intelligent et qu'il se débrouille très bien dans la nature ! Cela me rappelle le film "The Misfits" (en français "Les Désaxés", mais je préfèrerais la traduction par un synonyme de désaxés : "Les Humains" ou "Tristes Humains") où, à la fin du film, les protagonistes attrapent des mustangs sauvages pour en faire des croquettes pour chien, et, pour finir, ce sont les chevaux sauvages libérés qui gagnent, mais très peu de spectateurs voient le film sous cet angle-là. Comme je l'ai écrit dans un commentaire plus haut dans cette page, "l'homme ne voit plus la réalité ; il voit le monde auquel on l'oblige dès l'école à s'attendre."
Les huit milliards de bourrins qui actuellement hennissent et galopent sur Terre sont cachés sous une feuille morte, qui elle-même cache une autre feuille morte, et encore une autre, c'est au déblayage de toute cette verdure morte, de tous ces bourrins qui ne sont plus des chevaux, que nous commençons à procéder. C'est ça le secret de notre foi, celui que ne peut pas encore voir le monde auquel s'adresse l'Appel d'Arès. C'est cette tâche immense, folle, impossible, mais qui se fera quand même, que nous commençons. La Révélation d'Arès n'est que la sublimation lyrique de ce Dessein : Recréer le monde, le délivrer de ses bourrins en les changeant en perpétuateurs du Bien, ou si vous préférez en Enfants de la Vie.

10aou22 243C12
Quand je lis "fuir l’animal en moi", je lis d’abord : "Fuir toutes les pulsions, les impulsions, les répulsions de l’animal, instinctives, sexuelles, égoïstes."
Je lis ensuite : "Fuir l’animal domestiqué par la société, les systèmes idéologiques, culturels, tout ce qui le tient en laisse, l’éducation, les conditionnements, les autorités."
Je lis aussi : "Fuir l’animal enchaîné par ses peurs, ses violences, sa bestialité."
Et depuis l’ère de l’Internet, je lirais : "Fuir l’animal pris par l’immédiateté, soumis aux clique, aux plaisirs, à la surinformation, aux dispersions, aux achats compulsifs."
L’homme d’aujourd’hui, conscient de sa prison, tente de la fuir dans l’individualisme qu’il prend pour sa liberté, ignorant que les barreaux de sa prison sont ses peurs, ses appétits, ses caprices, oubliant que rien ne vit sans lien, et donc que lui-même est interdépendant des autres et que sans cette conscience d’interdépendance, viennent l’opposition et le conflit.
La volonté de fuir l’animal en soi (il faut le vouloir) ne peut se faire que par le haut, par l’acharnement à être bien plus que lui, mais aussi par le partage avec tous sur tous les plans.
Cette volonté  imprime en soi une énergie d’amour vécu comme facteur d’unité.  
Charlie F. du Nord

Réponse :
Magnifique commentaire, mon frère Charlie. Vous avez dit beaucoup en si peu de lignes.
Je n'en parlais pas, parce que mes frères et sœurs n'étaient pas prêts pour éviter de politiser ou barbariser (c'est la même chose) le constat que nous sommes tous attelés à des charrettes, des charrues, des canons, pas prêts pour comprendre en profondeur, mais il y a longtemps, longtemps, que j'ai conscience que le Mal dont souffre le plus l'humanité, c'est son animalité domestiquée par la matière, la matière qu'on trouve invisible dans la trique des lois, la bastonnade des règles, des mœurs, des haines, les chaînes des idéologies : religions, déifications des pouvoirs, adoration des drapeaux, etc., des informations biaisées.
Les rationalistes qui affirment que l'invisible n'existe pas sont soit des ignares de la plus sotte mais redoutable espèce, soit des hypocrites. Ce monde est tout fait de pouvoirs invisibles. Un jour que De Gaulle remontait les Champs Élysées en voiture pour fleurir la tombe du soldat inconnu, un titi sur le trottoir a crié au général : "À la retraite !" Ce n'était pas méchant, mais il a été immédiatement déféré devant un tribunal de flagrant délit et condamné à une peine de prison. L'invisible bras de fer du pouvoir lui était tombé dessus. Mais ça, ce n'est pas de la métaphysique, tout invisible que ce soit, car la métaphysique n'est pas l'invisible imaginaire de la loi, la métaphysique ne peut que chercher dans l'invisible le Vrai.
Quand je dit que l'homme est un bourrin, je ne caricature pas, je ne métaphorise pas, je dis quelque chose d'une tragique profondeur, je vise un horizon lointain. J'appelle à un renoncement héroïque à la réalité concrète et immense. Renoncer à être bourrin, c'est tendre à l'infini, délivrer l'homme du borné, du limité, de la cage, de la fillette, c'est ce que vous décrivez si bien. C'est, à l'évidence selon ce que je ressens, le fond du prêche de Jésus de Nazareth. L'homme est fait pour boire librement à la Source éternelle jaillie dans les forêts célestes, très haut dans la Lumière, la Source à la fraîcheur inaltérable que la Vie nourrit de possibilités infinies. Aucun bourrin ne boit à cette source.

10aou22 243C13
Comme j’aime, frère Michel, suivre ce blog, où vous nous guidez !
Et quel émerveillement, cette entrée, toujours plus brève, martelée, essentielle, si bien accordée à l’éloge de l’ecclésiastique, premier commentateur. Certains vous reprochent de vous répéter, mais n’est-ce pas la tâche d’un prophète de parler au peuple en lui répétant jusqu’à sa mort le cœur  de ce qui lui a été confié et qu’il a compris? D’un autre côté, pour entrer dans les cœurs, il importe d’écouter chacun et d’y répondre de la façon la plus adaptée. Mais ça, c’est plutôt notre travail à nous moissonneurs : « Le frère (qui) a le bras fort , le frère (qui) a le (fil )à plomb dans la tempe, (est)  le frère (qui) tient l’arc, la pelle, la faux. »  Vous, vous avez à vous situer plus haut, en « fontaine qui court »  (Le Livre XX, 8 à 12). Ce que j’apprécie, dans ce blog dont il me semble année après année discerner l’ascension, c’est la complémentarité entre ce discours prophétique plus ou moins bien accueilli et l’harmonieuse diversité des commentateurs, que vous compariez aux pièces d’un puzzle, dont, dirais-je, la variété colle à celle  du public à moissonner.
Bien des commentaires éclairent votre enseignement avec une touche personnelle, mais aussi souvent une grande fidélité au détail de  votre enseignement, si bien digéré. C’est ce que fait Jeff, avec d’autres, et ça je n’en suis guère capable.
Ici, en 243, cette variété m’a sauté aux yeux avec les commentaires 1, 2 et 3.
Comme Jeff (C3) comme Mary (C2), comme l’ecclésiastique du C1, moi-même  et d’autres, nous éclairons ce qui dans la Révélation nous parle le plus, d’où cette richesse du « puzzle ».
Ainsi Jeff illustre l’histoire et le contenu du Sermon sur la montagne, l’ecclésiastique admire votre simplicité rugueuse et Mary fonde son espérance  sur l’écoute aimante  des assoiffés spirituels et sur la Parole : Je souffle en silence dans leurs poitrines (Rév d'Arès 28/6). Dans ce regard positif, que vous accueillez, je retrouve ma propre sensibilité.
À vrai dire ce regard positif reliant le vécu et la Parole, il englobe aussi, chez moi, comme chez le jars  François d’Assise dont je porte le prénom et qui attendrissait le loup, toute la gent animale. Ainsi, le cheval, c’est  à la fois le "bourrin" harnaché et le "poulain agile" de 10/10 que vous aimez citer. Dans La Révélation d'Arès,  la gent animale  a cette double face, et c’est pourquoi au lieu de "fuir l'animal en moi", je préfère "fuir en moi l’animal domestiqué". Je n’ignore pas les questions que soulève ce notre refus de la domestication, essentiel à notre mouvement : d’un côté notre "anarkhie" retient le meilleur de l’anarchie et prône les "petites unités confédérées" pour alléger une domestication déshumanisante, et d’un autre, nous  refusons  la stérilité d’un "infantilisme" autiste refusant toute action commune.
C’est ainsi que je comprends votre prophétique "Rejoignez-nous :"  adressé à l’ecclésiastique de 243C1, sans savoir quel sera chez lui l’effet de cette formule. Certains en effet aiment la détermination de ces appels directs à les rejoindre, d’autres non. Moi-même, las des incessantes publicités de notre époque où partis politiques et vendeurs cherchent à vous récupérer en se prétendant les meilleurs, ces "Rejoignez-nous !" me poussent à la rébellion, souvent ironique. Cette mienne sensibilité, je la retrouve souvent chez les "cathos". Ici encore l’appel  de la veillée 14 à ne pas brusquer ce milieu imbu de lui-même rejoint mon expérience. Mes sœurs vont à la messe, ma fille et mon fils se retrouvent dans la mouvance jésuite, ce dernier comme prêtre, et je garde des amis du temps où je fréquentais la paroisse.  Je suis porté envers eux à une écoute  aussi approfondie que possible alliant amour, solidité, humilité et patience…
Notre amour finira bien par se voir, intriguer, attirer…  Je  repense souvent au cardinal Lavigerie projetant il y a cent trente ans de conduire les musulmans d’Algérie au catholicisme. Il invitait à s’insérer avec amour dans leur quotidien pour qu’ils découvrent dans les chrétiens cet amour vrai, de source "métaphysique" diriez-vous. Il faudrait, disait-il, cent ans pour arriver au premier baptême !  Hé oui, sa patience, celle des "pères blancs" a fini par payer, des musulmans sont venus au catholicisme (mais l’Église Catholique évite de mentionner l’inverse !).
Je finirai par les dernières lignes de votre réponse à 243C3 : " L'impression que me laissent tous les Pèlerins cette année 2022, après que le Pèlerinage fût fermé depuis 2019, c'est celle d'une piété paisible mais d'une profondeur vibrante qui — et c'est rare — permet à l’humain de surmonter la dichotomie généralement persistante entre la vie quotidienne et la vie spirituelle.[…]. Un vent de plénitude heureuse court doucement dans la Maison de la Sainte Parole." Là, Je me reconnais bien : dans cette salle de prière je méditais sur la façon la plus spirituelle possible de gérer mon quotidien dans l’amour, et je me répète souvent votre invitation d’il y  a trente ans à la Poterne es Peupliers à Paris : "Spiritualisez chacun de vos gestes !"
À nous, commentateurs,  de garder le fil à plomb dans la tempe, à vous de répéter le message prophétique sans toujours pouvoir faire le détail parmi vos lecteurs, et donc merci à tous.
François D. d’Île de France

Réponse :
Qu'ajouter à ce commentaire qui me touche beaucoup, mon frère François ? Rien ou presque rien.
Nous voilà chapeautés de La Révélation d'Arès et nous sommes sans patrie, sans rien de repérable et mesurable. Certes, l'ecclésiasique de 243C1 pense que je "n'ai pas tort", mais ils n'évoque pas l'événement d'Arès, il me parle comme si tout ce que m'a dit La Parole d'Arès était de mon cru. Je n'en considère que d'avantage mes frères et sœurs de foi, comme vous, frère François, parce qu'ils acceptent de partager mon apatridie. Je ne sais pas si je suis l'humain qui a le plus approché Jésus et le Père Lui-même, mais je suis sûr d'être plus près d'Eux que le prêtre n'est près du prophète de l'Évangile quand il "consacre" une hostie sur l'autel. Bref, je ne suis plus chez moi qu'en moi-même et c'est le cas de chacun de mes frères et sœurs de foi. Mais je sais que la Parole d'Arès va s'enraciner dans les générations à venir (Rév d'Arès 24/2).
La Lumière est venue à Arès en 1974-1977, mais pour votre fils jésuite-prêtre et sa sœur elle n'existe pas encore ; elle leur est cachée par la vaste ombrelle des habitudes. Ce masque parasolé est un tombeau, mais provisoire. Je demande au Père de bénir votre famille, quelle que soit sa foi.

10aou22 243C14 
Bonjour prophète !

Un court message vidéo cette fois
pour marquer votre entrée 243.
Je m'y exprime sur la chair et l'univers
sans chercher de noise à mes frères

Je vous embrasse et vous souhaite bon visionnage,
car je suis sur le départ pour le Pèlerinage
où j'aurai la joie de vous voir et prier en frère
sur le Lieu Saint où s'est plantée la Paix du Père

Éric D. dans son jardin de Bretagne

Réponse :
Merci, frère Éric, pour ce commentaire poétique et la vidéo.
J'aurai donc la joie de vous voir au Pèlerinage avant le 15 août. Je vous souhaite bon voyage.

11aou22 243C15 
"Naturam expeles furca, tamen usque recurre." Cette expression qui signifie : "Chasse le naturel à coups de fourche, il reviendra en courant," revient au poète latin Horace et remonte à la fin du premier siècle de l’ère chrétienne.
C’était sans compter avec les Pèlerins d’Arès qui, quelques siècles plus tard, utilisent la fourche selon les recommandations du Père comme outil de déculturation : (Si) le fou (est) dans toi, plante(-lui) la fourche (Rév d'Arès xxxiii/18).
Aux yeux des hommes qui, à l’instar des bourrins, portent des œillères, seul a un prix tout ce qui peut s’évaluer, se mesurer, se peser, se comparer, s’analyser, etc., car c’est depuis qu’il a quitté le Dessein créateur auquel la Vie l’avait intimement associé — Je suis si proche d’eux qu’ils peuvent ne pas Me voir (Rév d'Arès 1/11) — que l’homme (qui) compte (a) le cou plat, la langue lacée (re)tient sa part derrière l’œil la bouche (xxvi/2-3).
Une unique fonction caractérise l’apôtre : la Moisson qui consiste à aller physiquement — le frère, envoie(-le) dire (ce que Je dis ! (Rév d'Arès xxxiii/11) — à la rencontre de ses frères humains ; un seul agir : la pénitence, et c’est grâce à cette combinaison aussi simple qu’elle sera efficace à long terme que l’heureux reviendra. L’amour retrouvé au bout des générations produira le vrai bonheur, celui dont jouissait Adam qui n'est pas celui de l’animal pensant.
"Qui, remontant les millénaires, oserait déranger, seulement même regarder — en Éden le bonheur se voit comme l’éléphant au gué — un Adame debout, immobile dans les fèves, occupé, simplement et totalement occupé à être heureux ? Quel homme des siècles de ténèbres oserait lui passer ses idées ? J’ose seulement le regarder, mais de loin ; je retrouve assez de Vie pour contenir les mots qui tuent. Mon cerveau concocte le poison ; je crée une chose en en détruisant une autre Lui crée de rien, de l’ombre, il crée la lumière quand la nuit tombe comme Dieu, tel l’os qui crée sa moelle" (Extrait de l’article "La Pommeraie", Pèlerin d’Arès, 1989)."
Pour finir, une courte vidéo de Popeck, qui ne croyait pas si bien dire :
https://www.youtube.com/watch?v=W2JKnzsgIqY
Dominique F. de Catalogne Française


Réponse :
Merci, frère Dominique, pour ce commentaire.
La latin était une langue à laquelle des déclinaisons et conjugaisons complexes permettaient une souplesse phrastique que nos langues modernes occidentales ne peuvent plus vraiment donner (sauf peut-être le russe). La traduction de Naturam expellas furca, tamen usque recurret (Horace) par "Ta fourche chasse-t-elle le naturel? Il revient d'un pas bondissant" est sans doute la meilleure, quoique l'élan poétique n'apparaisse pas vraiment dans la traduction. Le verbe latin curro signifiait (je crois) : courir de façon sportive, en bondissant d'un pied sur l'autre... Ceci dit, vous avez raison d'ajouter : "C’était sans compter avec les Pèlerins d’Arès qui, quelques siècles plus tard, utilisent la fourche selon les recommandations du Père comme outil de déculturation: (Si) le fou (est) dans toi, plante(-lui) la fourche (Rév d'Arès xxxiii/18)." Courir tout court ou aller vite se disait plutôt festino, curso et dérivés, mais les mots pour dire courir étaient assez nombreux. Mais bon ! Ce sont mes vagues souvenirs d'un latin que j'ai étudié six ans au lycée en faisant mes humanités.
La langue moderne est ce que j'appelle une langue de journaliste, c'est-à-dire de quelqu'un qui fait de l'argent en vendant des images non graphiques mais scripturales visant à informer mais en émouvant avec relativement peu de mots. On sait que le visuel et le linguistique occupent dans le cerveau des emplacements différents. Un médecin américian, Roger Wolcott Sperry a effectué des recherches passionnantes sur les connexions entre les hémisphères cérébraux, qui lui ont valu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1981. Si son travail fut capital en psychobiologie, l'implication qu'il entraîna dans les liens entre physique et psychisme, ont choqué. Sperry a en effet noté la plasticité physiologique extrême du cerveau, l'émergence dont le cerveau est générateur, la conscience comme entité globale, opérationnelle et fonctionnelle et pour finir il a émis l'hypothèse que c'est la conscience qui modèle le cerveau, et non le contraire. C'est à mes yeux très important parce que je me pose la question de la conscience de l'âme une fois que la chair est morte. Je pense que dans ma vie charnelle mon cerveau joue un rôle dans l'activité de ma conscience, mais je me pose la question de la conscience une fois que mon cerveau sera mort, car cette conscience existera quand même, immortalisée par ma pénitence. Comment Jésus m'aurait-il visité en 1974 s'il n'était pas mû par sa conscience intacte ? Je ne sais pas comment fonctionne la conscience de l'âme une fois qu'elle s'aventure seule dans le cosmos, mais je suis d'accord que même déjà en ce monde le cerveau n'est pas l'agent unique et principal de la conscience et je suis heureux que Sperry ait démontré cela. C'est notre part invisible, métaphysique, et pour tout dire divine, qui agit là. La conscience et sa compagne inséparable et complexe qu'est la mémoire sont des "organes" très complexes de l'homme. Voilà notamment pourquoi, si je découvre que je suis fou en quelque domaine de mon activité psychique ou intellectuelle, je peux quand même, si je le veux, chasser cette folie comme vous le citez : (Si) le fou (est) dans toi, plante(-lui) la fourche (Rév d'Arès xxxiii/18).
Il est évident que le cerveau n'est ni une caméra ou un magnétophone, ni un ordinateur, ni une machine a décortiquer, broyer, trier, etc. Le cerveau reconsolide l'essentiel de nos strates vitales ; il n'en est pas l'origine. Le Père a placé près de moi une épouse qui non seulement a tout mon amour et qui me donne tout son amour, mais qui m'est extrêmement précieuse pour mieux comprendre comment l'humain, l'humain tel que Dieu et non les critères neuroscientifiques le voit. Elle se sert de son ordinateur avec méfiance et prudence sans vraiment comprendre comment "ce truc-là plutôt louche" fonctionne, elle connaît très peu Platon, Aristote, Montaigne, Spinoza, Kant, Bergson, etc. qu'elle considère comme des"grosses têtes" peut-être plus zinzins que son mari ne les voit, mais c'est un être d'un bon sens et d'une intelligence (Rév d'Arès 32/5) qui me stupéfient. Je ne l'ai iamais entendue dire une bêtise ou un mensonge. Elle est sans nul doute une part considérable de ma conscience actuelle. Pour moi elle a ce que je ne sais plus qui appelait, parlant de l'appareil photo, un "œil surnaturel" ; elle m'apporte chaque jour la preuve qu'un seul bonhomme comme moi comme n'importe qui n'a pas sa seule conscience pour lui, mais mouline au fond de sa psyché toutes les conscience du monde, de l'homme comme l'Un, et que la Vie est une Puissance et une Lumière d'une complexité telle qu'elles sont construites de toute la pensée que contient l'Univers.
Chacun de nous est déjà par lui-même, même de son vivant charnel, un état de disparition, parce qu'il ou elle appartient déjà au passé ;  il y a dans chacun de nous une chair morte en puissance, qui ne dipose que d'une entité éternelle : l'âme, qu'il faut créer et entretenir par l'amour. Cela fait voir la vie autrement qu'elle n'est. Le bureau de mon épouse Christiane est tapissé de photos, mais les photos même quand elles représentent des personnes encore vivantes sur Terre sont déjà toutes des tombes, des moments disparus, et je les regarde en me disant comme Roland Barthes devant les photos de sa mère : "Qu'y a-t-il derrière ?" Ce qu'il y a derière ? Je vais vous le dire : C'est l'éternité, qui est déjà derrière chacun d'entre nous.
S'il n'y a pas beaucoup de métaphysique dans tout ça, qu'y a-t-il ?

12aou22 243C16
Écris le vrai ! (Rév d'Arès xx/2).
Votre nouvelle entrée est parlante du début "Le maître religieux, politique, idéel, etc", à la fin "Seul l'homme connaît cette multiplication infinie du Soi".
Mais pourquoi ce titre ? Ce verbe "fuir", déroutant ! Pourquoi pas "maîtriser voire magnifier" l'animal en soi ?
Soit ! Je pense à l'urgence climatique liée à l'activité humaine. Vous avez raison de dire que, pour l'heure, le monde n'est pas dans l'agir mais dans l'agitation qui démantèle. Les bourrins qui pavent les rues vont moins vite que ceux qui dépavent. À Tournai, voilà que dans "l'urgence", une partie de la grand-place, près du Beffroi, vient d'être recouverte de macadam, provoquant l'ire des citoyens et de vaines querelles (Rév d'Arès xv/4). L'occasion pour l'opposante Marie Christine M. de monter au crénau.
Tiens, au fait, j'y pense, je lui avais remis La Révélation d'Arès. Je vais la recontacter. Il y a aussi "Le Pont des Trous", un monument historique, l'orgueil de la ville, qui enjambe l'Escaut, détruit pour être reconstruit à l'identique, un peu plus large pour l'hypothétique passage de plus grosses péniches !? Ah, ah, l'Escaut sera à sec avant la fin des travaux !
Cette folie (Rév d'Arès v/7) est partout. Je me rends à la côte ce week-end, à Middelkerke. Là, ils ont détruit l'emblème de la ville : un somptueux casino construit sur la digue et la plage. Unique sur toute la côte. Une œuvre d'art comme un célèbre tableau. Pour reconstruire à la place une énooorme boule en verre. Et il y a des grues partout. J'aime l'idée qu'elles tombent (xxii/20).
"Faut-il croire au réchauffement climatique?" (https://scienceetonnante.com) ? Il n'y a pas de doute possible. Pourtant il n'y a aucune inflexion dans l'activité humaine, aucun sursaut, aucun ressaisissement. Aucun changement de vie. C'est au contraire la fuite en avant. La force de l'habitude, le cal (Rév d'Arès i/15)[?], et le roi noir qui laboure ensemble peau et terre (xxix/9). Pas de solution hors de la Vie à retrouver, hors de La Révélation d'Arès, hors de Mikal, qui, quoique fragile comme la soie, Mikal dont la gorge est la fontaine où Ma Parole nage, monte comme la trombe" (xLvii/9).
Mikal a le doigt si fort qu'il lève l'étoile de moché et de Yëchou, celle qui dort dans la nuit. Sa main comme le bâton de saule bat l'étoile comme le cheval; il reprend la jument pour Dieu (Rév d'Arès XX/15).
(Voir l'entrée 101 déjà en 2009, la pénitence est l'écologie extrême).
Fabian D. Tournai Belgique

Réponse :
Mon frère Fabian, vous me dites : "Pourquoi ce titre ? Ce verbe "fuir", déroutant !" et vous ajoutez : "Pourquoi ne pas "maîtriser, voire magnifier" l'animal en soi ?" Mais parce que c'est l'animal en moi qui est pécheur. Certes, je dois honorer l'animal en moi puisque, Adame ayant choisi d'y évoluer, le Créateur y fait passer ma brève vie terrestre, mais c'est cet animal en moi qu'il me faut sans cesse fouetter pour l'empêcher de ralentir en moi la turgescence du pénitent, pour l'empêcher de nuire à mon âme que j'ai eu tant de difficultés à faire naître, mon âme qui, quand elle sera enfin délivrée de la chair où elle loge, la chair qui va mourir et pourrir, assurera mon salut. Mon salut qui ne sera sûr que quand j'aurai à subir et à maîtriser les passions de mon sang, de mes nerfs, de mes faims. Oui, je cherche à fuir l'animal en moi. "La vie est courte, la mort est longue" lit-on dès les premières lignes du "Christ Recrucifié" de Níkos Kazantzákis, et comme il a raison ! Je dois sans cesse lutter contre l'animal en moi que le péché grève, mais l'âme, quand elle sera seule et libre, ne connaîtra plus le continuelle lourdeur du péché.
Toute vie qui veut retrouver sa grandeur divine (Genèse 1/26) consiste à dépasser ses réalités charnelles en visant d'autres réalités, plus élevées. Par la force contraignante mais victorieuse de la pénitence, nous parvenons à transformer peu à peu, sans trop de bruit, l'image du pécheur que la chair nous confectionne en image "pré-éthérée, pré-célestisée". Nous ne passons pas de bourrin à ange, mais nous passons au moins de bourrin à homme au sens noble que La Révélation d'Arès donne parfois à ce mot. En fuyant l'animal en moi, si ce n'est pas complètement, c'est au moins autant que je peux, je reprends le sentier de la déification (Genèse 1/26-27). Cela ne nous sauve pas de la vie immédiate, certes, mais cela nous donne une chance de nous rapprocher du lointain état édénique initial. Notez bien que parlant de la liberté, la Parole d'Arès ne l'attribue pas ou cheval ou bourrin, mais au poulain (10/10)... Ainsi en fuyant l'animal nous reprenons quelque aspect enfantin. Le philosophe Schopenhauer disait que l'enfantinement est la marque du génie... Alors, un peu de génie, cela ne nous fait pas de mal, je pense. Les moments essentiels de notre vie future, dans l'au-delà, se retrouvent dans notre espérance.
Peut-être cette entrée 243 est-elle le cri douloureux et drôle en même temps d'un pénitent qui fouette sa vie de bourrin pour rendre hommage au Père... et je pense à Verlaine écrivant en prison (je crois du moins que c'était là) : "Ô Dieu, vous m'avez blessé d'amour !" Fuir l'animal en moi, c'est briser les codes de loi humaine et s'envoler vers le Ciel. Le bruit des sabots ferrés sur le pavé n'est pas une musique ; il faut bien que je m'élève pour entendre, ne serait-ce qu'un peu, le chant des anges.

12aou22 243C17
Pendant le mois de juillet, j’ai effectué un test de mission pour commencer à sonder le public parisien de la rive gauche (le local d'accueil parisien étant situé dans le 14è arrondissement de Paris). Je voulais voir comment une approche directe sur un thème métaphysique serait reçue.
J’ai donc commencé à Sèvres-Babylone en demandant aux passants : "Puis-je vous poser une question métaphysique ?" J’avais un calepin à la main et j’y notais les réponses. La plupart des personnes se sont arrêtées en acceptant l’échange. Seuls deux personnes m’ont dit ne pas savoir ce que voulait dire ce mot. Mais l’échange a quand même pu avoir lieu. Pendant plusieurs jours, je posais la question suivante : "Pour vous, quelle est l’origine du mal ?" J’ai été assez surpris par la qualité des réponses. En voici un florilège : "Le mal existe parce que la liberté existe. Sans le mal, le bien ne peut exister..." "C’est l’égoïsme qui provoque le mal, si les hommes ne se préoccupaient pas uniquement d’eux-mêmes, le monde serait meilleur." Il y a même quelqu'un qui m’a cité spontanément après avoir entendu ma question : "C’est la théodicée votre histoire !" en me citant le philosophe Leibniz. J’avoue que je ne connaissais pas ce terme, il m’a fallu me renseigner par la suite : il s’agit d’un discours théologique qui cherche à expliquer qu'un Dieu Bon et Tout-Puissant permette l'existence du mal.
Mais voici la réponse qui m’a été le plus souvent faite : "C’est l’homme qui génère le mal."
Suite aux réponses de tous ces gens, je pouvais aisément entamer un échange avec eux en disant : "Puisque c’est l’homme qui génère le mal, l’homme pourrait choisir de ne plus le générer et ne faire que le bien", en les invitant à notre local pour approfondir le sujet. Fort de cette expérience, j’ai décidé d’aborder les choses autrement pour me permettre d’amener plus facilement que seul le bien peut vaincre le mal.
Donc, toujours en apostrophant les gens en leur demandant : "Puis-je vous poser une question métaphy­sique ?", et toujours mon calepin à la main, mais cette fois à [la station de métro] Mouton-Duvernet, pour ceux qui acceptaient j’ai posé la question suivante : "L’homme peut-il devenir définitivement bon ?" Et là, systématiquement, personne n’a approuvé. Ce qui ne m’empêchait pas de développer des arguments pour leur dire que l’homme pouvait se bonifier en aimant, en pardonnant, en préservant la paix, en se rendant libre de tous préjugés. Je pouvais ensuite leur donner un tract pour qu’ils puissent en savoir plus sur La Révélation d’Arès en se rendant à notre local.
De ce test missionnaire pendant un mois je déduis provisoirement deux choses, mais il me faudra poursuivre cette expérience pour continuer ma réflexion, donc j’en déduis à partir de ces premiers échanges :
1. Les gens sont conscients de la responsabilité individuelle du mal.
2. Les gens ne voient pas de solution à ce problème. Cela me fait penser à cet extrait du Livre (deuxième partie de La Révélation d’Arès) : Tu as la voix de fer. Appelle la nation, ton frère (qui) glane ; il ne trouve pas le Saint. Sa pelle fouille, il ne trouve pas le Saint. Il allume la brande, son œil (ne) voit (que) la nuit. (L’homme, même le frère crie :) « Ruine le Saint ! » Le chiot d’homme dit : « Où est le Saint, le Vent ? » Il dit vrai : Ruine le Saint. Pâquis, chasse, bouc et chien, (voilà à quoi) l’homme (L’a réduit). (Rév d'Arès x/1-5). Ainsi l’homme est capable de faire le constat de sa responsabilité dans le mal qui s’étend sur Terre, mais sans l’intervention du Ciel, il n’est pas capable de réaliser qu’il peut réellement se libérer de ce mal. Autrement dit, l’homme ne sait pas "ramener goutte à goutte l’Eau dans le monde" (entrée 243), c’est à nous, apôtres de La Révélation d’Arès, de leur faire égoutter (la vie comme une vaisselle) pour que l'Eau de la Vie (apparaisse et) commence à réveiller ces frères endormis à cause du dessèchement spirituel. C’est ce que je m’efforce modestement de faire, à l’occasion, de ces échanges dans la rue.
Vincent L. d'Île de France

Réponse :
J'ai lu ce commentaire avec beaucoup d'intérêt : Le récit de votre test missionnaire dans la rue où vous questionniez les passants sur la métaphysique du mal. D'après ce que vous dites, vous ne demandiez pas aux gens ce qu'était, à leur avis, le mal, peut-être pour éviter de devoir dire aux gens : "Le mal c'est le péché" et de passer ainsi pour un religieux ou un sectaire. Vous leur demandiez : "Quelle est l’origine du mal ?" Vous avez eu quelques intelligentes réponses et j'en suis très heureux, car vous avez, une fois de plus, fait la preuve que les Français qui parcourent les trottoirs ne sont pas les gros bêtas que le gouvernement pensait qu'ils étaient en leur parlant comme à des petits enfants durant le crise de la Covid19. Je ne suis pas du tout étonné des réponses pertinentes que vous avez eues, car j'ai moi-même en plusieurs occasions posé ces mêmes questions à gauche et à droite et j'ai pu constater que les gens pouvaient souvent faire de bonnes réponses.
Nous sommes donc des témoins de l'adaptation leibnizienne — vous citez Leibniz — du problème du bien et du mal à la base de tout problème philosophique. Vous allez plaire à notre frère François D. qui est un leibnizien sagace. Cela fait alors surgir un problème de fond celui de la mission, que L'Évangile Donné à Arès appelle moisson et que Le Livre évoque plutôt comme prophétisme, puisqu'il parle des frères missionnaires comme oisillons (xLv/14) du prophète. Combien de nos frères moissonneurs seront-ils capables d'aborder les passants en leur demandant comme vous : "Puis-je vous poser une question métaphysique ?" Je crois, si vous pensez développer ce genre de mission, qu'il vaut mieux qu'ils parlent peu à peu de métaphysique sans citer ce mot et plutôt en usant sans en avoir l'air du mécanisme de pensées que la métaphysique instaure chez eux, sinon ils vont se trouver assez vite muets devant les réponses reçues...
Voilà une bonne occasion de constater une formidable contradiction et de s'étonner que des gens somme toute plus futés qu'il ne paraît sur le plan métaphysique soient des bourrins, car bourrins ils sont, oui. Des bourrins futés ? Nous vivons donc dans un siècle où ça peut exister ? Qui ne vit sous le harnais et le fouet des lois, des règlements, des déclarations socio-politiques ? Tout le monde ou presque, y compris les métaphysiciens de rencontre. Frédéric Nietzsche, le philosophe, en 1889 habitait Turin. Un matin, dans la rue, il fut l'acteur d'un événement qui allait changer sa vie. Il vit un cocher qui à grands coups de manche de fouet violentait son cheval épuisé, qui ne voulait ou ne pouvait plus avancer. Nietzsche extrêmement ému tança fermement le cocher puis s’approcha du cheval effondré et, pleurant, serra dans ses bras le cou de l'animal. Des passants dirent qu’il murmurait à l’oreille du cheval et qu'ils l'avaient entendu dire : "Mère, je suis stupide." Pour finir Nietzsche s’effondra d'émotion. Les médecins et les intellectuels du monde furent longtemps intrigués par cet incident et surtout par le fait que le grand philosophe ne serait plus jamais le même par la suite. Nietzsche écrivit un jour : "Que celui qui se bat avec des monstres veille à ne pas en devenir un. Lorsque vous regardez un abîme pendant longtemps, l’abîme regarde aussi à l’intérieur de vous." Quand sera-t-il possible à nos frères et sœurs moissonneurs de se comporter vis-à-vis des humains de la rue comme Nietzsche se comporta vis-à-vis de ce pauvre bourrin de fiacre martyrisé ?
Mais l'expérience que vous avez faite, et que vous comptez poursuivre, peut être très utile. Il faudra beaucoup de patience et des essais peut-être nombreux pour trouver le moyen de faire bouger, évoluer, réfléchir, changer, ce qui n'est pas qu'un problème psychologique. Nous avons le devoir non de stocker nos forces spirituelles, mais de les prodiguer en engrossant le monde. Pour l'heure nous avons affaire à des bourrins futés, ce qui est anormal ; il faut trouver le moyen de casser cette contradiction. La volonté d'être autre chose est absente de l'homme de la rue, sauf rares épis mûrs. Il faut que nous réveillions cette volonté — Pour que nous fassions Ta Volonté (Rév d'Arès 12/4).
Merci, mon frère Vincent, pour ce commentaire.

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Cher prophète Mikal,
La métaphysique que vous nous présentez explore avec prudence et profondeur le Vrai qu'il est possible d'esquisser, dans un parcours en zigzag comme vous dites. Vous écriviez en 2013 dans l'entrée 150 "Politiser notre refus de la politique ?" :
"Comment aider l’épi mur à se souvenir que notre force métaphysique est supérieure à la force physique et que la vertu est en quelque sorte une politique plus puissante que la politique des princes, parce qu’elle ouvre les portes d’un univers sublime ? Comment... sinon en le lui disant tout simplement peut-être ?"
Ma réponse provisoire à cette question est sur mon tract actuel : De l'amour nous apprenons à vivre sans dogmes ni lois ni hiérarchie.
Vous écrivez en 243C15 : "N'importe qui n'a pas sa seule conscience pour lui, mais mouline au fond de sa psyché toutes les consciences du monde." Je crois que c'est vrai en premier lieu pour le pénitent, car la pénitence est le plus puissant outil pour étendre notre conscience vers le fond de notre psyché. Pour faire vivre la société humaine des pénitents, ce dialogue intérieur continu enrichira nos manières de nous écouter, de nous consulter, de co-décider ou de laisser décider ce qui concerne la collectivité. Il nous faudrait pour cela une métaphysique à la fois populaire et chèvre-chou, ou onde-corpuscule... Cette métaphysique concise et spécifique de la société humaine des pénitents, c'est un manque que je ressens aujourd'hui. À ma connaissance, cela n'existe nulle part dans les religions et les philosophies du monde. Elle ne saurait remplacer bien sûr l'expérience quotidienne de la Vie dans le petit reste, mais sa formulation pourrait aider à relier nos pénitences.
Mais peut-être ai-je mal compris votre enseignement, qu'il en parle déjà longuement puisque tout ce que vous dites vise à restaurer Éden ? Ou peut-être est-ce trop tôt, car cette métaphysique-là ne pourrait émerger d'une manière à-peu-près compréhensible que des expériences collectives du petit reste, au fil des générations ?
Patrick Th. d'Île de France

Réponse :
Merci, frère Patrick, pour ce commentaire.
Vous écrivez : "Il nous faudrait... une métaphysique à la fois populaire et chèvre-chou, ou onde-corpuscule... Cette métaphysique concise et spécifique de la société humaine des pénitents, c'est un manque que je ressens aujourd'hui." En paraphrasant Flaubert je dirais volontiers que la métaphysique n'est pas le manteau de notre mission, mais sa peau ! La Parole de Dieu, serait-elle apportée par le Messager, est un manteau (Rév d'Arès 1/1) dont nous nous revêtons ; elle n'est pas nôtre comme nos muscles s'attachent à nos os ; elle ne fait que sortir de la suprême Raison de la Vie pour nous envelopper, nous réchauffer, nous nourrir, voire même se substituer à nous comme la mère ou le père se substitut à l'enfant pour les démarches qui font entrer l'enfant dans l'existence. Mais la métaphysique est notre peau. Comment se représenter Dieu, le Père, la Vie, autrement que métaphysiquement ? Mais se représenter Dieu par une métaphysique "chèvre-chou" ? Je ne sais pas trop ce que vous voulez dire par ce mot mais j'ai peur que "chèvre-chou" évoque la facilité. Or, se représenter Dieu avec facilité c'est le voir comme le Dieu barbu au plafond de la Chapelle Sixtine, c'est-à-dire comme une simple Jupiter ou Zeus. La nature de Dieu étant radicalement différente de la nôtre, quoiqu'elle ait des racines en nous, humains, elle échappe aux mots et aux images. Il faut dématérialiser Dieu.
La Parole d'Arès distingue entre le Vrai et la Vérité, mais ne donne de caractère matériel ni à l'un ni à l'autre. La distinction touche seulement à l'accessibilité du Vrai et à l'inaccessibilité de la Vérité. Il n'est pas possible de voir Dieu dans la nature et donc le naturalisme n'est pas plus que le matérialisme la bonne voie pour le représenter. Il faut, comme vous l'avez compris et je m'en réjouis, voir Dieu métaphysiquement.
La meilleure métaphysique se fait dans le silence. C'est un idéalisme, mais concret. Comment exprimer l'idéalisme en termes concrets. Tel est le problème et telle est la tâche qui nous incombe. Ici l'émotion, si elle s'ajoute à l'inévitable verbe, crée chez l'écoutant un pont avec le Vrai. Dieu comme le Vrai est doux comme le vent d'été. Dieu sur la joue est Vrai ; Dieu entrant par l'oreille n'est que son. La métaphysique est comme la natation ; on s'agite longtemps sans flotter ou sans avancer dans l'Eau où baigne l'Univers, et puis un jour on flotte et on avance, parfois même très vite. Pour l'heure, nous sommes sous l'Œil du Maître-nageur mais nous flottons mal et nous n'avançons pas.
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Réponse :
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