"Tous ruinés dans 10 ans..." (Jacques Attali, 2012)(Photo : Niccolò Caranti, Wikimedia)

« Tous ruinés dans 10 ans… » (Jacques Attali, 2012)
Photo  : Niccolò Caranti (Wikimedia)

Gestion compétente, oui  ! Politique, non  !
Prenons, parmi tout ce qui dysfonctionne dans ce pays, la dette publique  !
Le 4 avril 2006, mon entrée 16 en parlait  : 1.140 milliards d’Euros.
Le 4 avril 2012, seulement six ans plus tard, la dette publique saute à 1.791 milliards.
Mais comment faisaient-ils jusqu’à la présidence de M. Giscard d’Estaing pour se passer de dette publique  ? Quoique roi noir, donc injuste, partisane et profiteuse, la politique avait quand même été un raisonnable gestionnaire jusque là.
Depuis, la politique a cessé de gérer. Prétendant sortir du cauchemar libéral, elle est devenue un cancer financier qui dévore le corps social.
Quand la gauche prit le pouvoir avec M. Mitterrand en 1981, je la saluai, mais à partir de 1988 je cessai de voter à gauche pour la première fois de ma vie. Je venais de comprendre que l’idéologie sans les hommes compétents était pire que l’esprit bourgeois. Je venais de comprendre que le bloc soviétique allait s’effondrer suite à 70 ans de direction médiocre et que, plus proches de moi, Mauroy, Fabius, Rocard avaient été d’aussi médiocres premiers ministres, gouvernant dans la méconnaissance qu’on les idéologues de la société réelle et par la dette. La droite revenue au pouvoir découvrit que les Français n’étaient pas du tout conscients du cancer de la dette et de l’ignorance, perdit ses scrupules et étendit le mal.
Et ces piètres gérants politiques, de gauche ou de droite, n’ont pas de comptes à rendre au pays qu’ils ont accablé d’une dette énorme. Dette irremboursable sans tourner au drame  : Pillage des possédants et des épargnants  ? Inflation  ? Krach  ? Bref, ruine  ? Cette sorte de guerre blanche… qui sera après les guerres de 1914-18 et de 1939-45 un nouvel héritage négatif de la politique.
Qui ne voit pourquoi les princes du culte politique comme du culte religieux, le roi noir comme le roi blanc, sont vus comme fauteurs de mal dans Le Signe (xxxvii/14)  ?

L’homme peut-il vivre sans politique  ? Oui. C’est pour cela que le Père a redonné sa Révélation à Arès pour que les hommes voient par Lui ce qu’ils ne voient point par les discours et les media.
Pour faire court, disons qu’il y a une réalité irrépressible, dont le monde entier et la politique vivent, qui resurgit sans cesse et qui a épuisé toutes les idéologies qui ont cherché à la supprimer. C’est l’entreprise.
Aucune entreprise florissante ne naît du peuple ou de la politique. L’entreprise naît d’entrepreneur, de capitaine d’industrie rare et précieux, même honni. L’entreprise et l’entrepreneur apparaissent hors de toute volonté sociale  ; ils forment cependant le fond nourricier de la société. C’est pourquoi Jésus compara toujours le Créateur à un entrepreneur — Paraboles des talents, des ouvriers à la vigne, etc.
Nous vivons tous, politiciens compris, de l’entrepreneur qui sait gérer. Alors, qu’il gère et rende des comptes  !
Il reste qu’il faut le spiritualiser, le rendre conscient qu’il peut comme Job valoir une fortune, mais qu’il est comme Job un miroir terrestre de l’Amour du Créateur.
Il n’y a entre l’employeur et l’employé que deux relations viables  : Ou bien la lutte jamais finie entre eux par voie de syndicats, ou bien l’amour.
La Parole dit que l’amour, c.-à-d. des relations tout à fait nouvelles, est possible entre tous les hommes, entre le peuple et les entreprises qui emploient le peuple donc. La relation que le communisme a appliqué  : l’accord obligé par la loi et la répression, a montré ses horreur et impuissance, et n’est pas viable.
Il faut que la société trouve comme la termitière une conscience propre, qui dépasse la somme des consciences, une âme que Le Signe appelle polone (xxxix/12-13).

Cela ne peut se réaliser qu’au sein de petites unités humaines après dislocation des grandes structures et frontières.
Il faudra tôt ou tard réduire les grandes nations de plus en plus ingérables et dictatogénèses, pains bénis pour la politique où n’importe quel médiocre culotté et flambant peut briller. Nanifier les groupes sociaux, c’est d’ailleurs peut-être la seule façon dont les hommes pourront passer les mailles et fuir le filet d’une crise bientôt inextricable.
À ceux qui me disent  : «  Que pouvons-nous, pauvres individus entrés en pénitence contre ces monstres que sont les grandes nations, leurs grandes politiques et administrations, sinon mourir docilement du cancer qu’elles nous inoculent  ?  »,
je réponds  :
En matière sociologique on n’invente jamais rien. Tout existe en puissance dans la Création. Le point délicat, c’est le moment de résurgence du Bien. Le Père a choisi Son moment. Tout comme Il choisit le moment où les Romains et les Grecs allaient être sensibles au Sermon sur la Montagne pour l’exprimer par les lèvres de Jésus, tout comme il choisit le moment où le paganisme arabe s’affaiblissait pour lancer le Coran par les lèvres de Muhammad, il a choisi en 1974 et 1977 le moment où une crise mondiale s’amorçait insensiblement pour être écouté d’un petit reste (Signe 24/1, 26/1) d’hommes et de femmes capables d’entamer le lourd processus du changement du monde (Signe 28/7).
L’avenir s’approche où les hommes seront prêts à penser à une réformation raisonnée qui ne peut passer que par ce que Le Signe appelle pénitence.

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