Hé ! Jeunesse ! Fais rajeunir le monde ! Spiritualise-le ! Désembourgeoise-le !
La jeunesse ne se compte pas en années, mais en capacité de détachement social et matériel, dont le contraire, la dépendance sociale et matérielle, cause l’embourgeoisement.
Chaque jour l’embourgeoisement s’étend, vieillit et déspiritualise le monde, si tant est qu’il y reste quelque spiritualité notable.
Chaque jour, Le Signe devient l’emblème plus évident du désembourgeoisement.

Se désembourgeoiser, c'est se délivrer de la peur de perdre et d'être méjugé, c'est raviver en soi la fête permanente de la jeunesse (Signe 30/11) (© Christiane et Nina Potay)

Se désembourgeoiser, c’est se délivrer de la peur de perdre et d’être méjugé, c’est raviver en soi la fête permanente de la jeunesse (Signe 30/11)…
(© Christiane et Nina Potay)

L’embourgeoisement ne résulte pas d’un complot social, il n’est ni une philosophie matérialiste ni un vice. C’est un tissu autogénéré de peurs spécifiques : peur de manquer, peur d’être méjugé, peur de sortir du moule social, etc. C’est par ces peurs-là que la politique, les mass-media et la religion nous dominent. Riches ou pauvres, nous sommes presque tous embourgeoisés.
C’est pourquoi des insondables fonds de l’éternellement jeune Création, où n’existent ni temps ni peur, est descendu l’Appel libérateur : Changez !
S’il est au moins un échelon de l’insurgeance (Le Pèlerin d’Arès 1989, p.236), pacifique, sympathique, mais courageuse, que tout vrai croyant doit atteindre, c’est son désembourgeoisement. Une sorte de métamorphose à l’envers, le retour à la foi du conquérant spirituel qui réendosse sa jeunesse passée autant qu’il s’inspire de la jeunesse autour de soi.

Personne ne naît bourgeois. Shelley, le poète, citait la mère élevant son nouveau-né à bout de bras et lui criant : « Parle, mon bébé ! Révèle-nous ton immortelle vérité ! » Le Créateur ne rappelle-t-il que l’homme doit toujours croire en sa vérité native ? — Faites-vous aussi jeunes que ce petit enfant… (Matthieu 18/4-5, 19/14), N’accumulez pas les sécurités sur terre, assurez votre sécurité spirituelle… Ne vous inquiétez pas pour votre vie… Regardez les oiseaux du ciel… (Matthieu 6/19-26) —. Nous naissons vrais et nous resterions vrais, si le péché ou le mal, bien sûr, mais aussi leur environnement, dont l’embourgeoisement, n’éteignaient pas notre intelligence (Signe 32/5). C’est ainsi que, vite vieillissant, vite faible lumignon, chacun de nous doit se créer une âme (17/4) pour survivre.

Se désembourgeoiser n’est pas renoncer à la vie, aux joies et aux biens du monde, une abnégation qui n’a pas de sens en soi Les clergés qui font vœu de célibat et de pauvreté n’ont guère changé le monde en bien (Signe 38/7-8).
Se désembourgeoiser, c’est se délivrer de la peur de perdre et d’être méjugé, c’est raviver en soi la fête permanente de la jeunesse (Signe 30/11), c’est s’enhardir à s’envoler au-dessus de la citadelle (13/7-8) du monde pour faire lever les regards vers les faucons (xLv/14-26) prophétiques.
Pourquoi l’embourgeoisé est-il si difficilement crédible quand il appelle d’autres embourgeoisés à changer ? En appelant à la pénitence il appelle l’homme à être bon, à pardonner, à faire la paix, à être spirituellement libre et intelligent. Ces valeurs sont apparemment propres à plaire, qui semblent simplement morales, dématérialisées, sans compromission sociale, pleines de beauté (Signe 12/3)… Mais c’est comme un tremblement de peur bourgeoise dans l’appel que le public sent. Le désembourgeoisement n’est pas dans les mots, pas sur le tract. Il est dans le mystère du tout qu’est la chair, l’esprit et l’âme (17/7), l’homme de bien vivant quoi ! L’homme de bien jamais aussi homme, aussi vivant et aussi vrai qu’en étant jeune !
Retrouvons le mystère de la jeunesse !
Jeunesse ! Prends les commandes, car pour les rejeter loin derrière l’horizon avec la Bête (Signe 22/14), il faut bien les prendre d’abord ! Révolution ? Non. Insurgeance ? Oui (Le Pèlerin d’Arès 1989, p.236).

L’embourgeoisement s’encoconnait dans le fil de la religion et de sa sœur la politique. Il s’encoconne maintenant dans le fil de l’industrie et de sa sœur la banque. Ce cocon s’enroule déjà autour des Asiatiques, qui s’imaginent y rester bien au chaud. Les peurs qui tissent l’embourgeoisement s’universalisent : Notamment, la peur de perdre l’énergie et les gâteries dont la modicité dépendait jusqu’à présent de la misère des producteurs qui, par effet d’imitation, s’embourgeoisent à leur tour. Mais plus encore la peur que « l’Ordre » disparaisse et avec lui le bon rapport de l’argent, la sécurité sociale, la retraite, qui passent pour des « acquis » de la lutte sociale ou de la civilisation — les Égyptiens, Grecs et Romains antiques eurent leurs propres acquis, depuis longtemps évanouis —, mais qui ne sont qu’aubaines menacées d’extinction par l’instabilité du matérialisme, par nature grossier, instable et volcanique, que personne dans l’Histoire n’a jamais pu maîtriser.
Après les rivalités religieuses et politiques, voilà celles qu’organise le monde industriel et bancaire à son tour. Leur enjeu est tout autant incertain : Il n’y a jamais la bonne voiture, jamais le bon avion, jamais la bonne machine, jamais la bonne politique, jamais la bonne loi, jamais le bon taux de change, jamais le bon stock-exchange  ; il faut toujours et toujours créer du nouveau, supposé meilleur, et qui naturellement coûte encore plus cher et ne satisfait personne.
L’impossible ne devenant jamais réalité, c’est l’impossible qui gouverne le monde. Alors, il n’y a pas d’avenir, les chevaux du « progrès » galopent vers rien, rien, rien. Seule la vie spirituelle peut raffiner, renforcer, stabiliser la vie, mais de vie spirituelle il n’y a que quelques frémissements dans la société, très dispersés ou même inaperçus, comme ceux que provoque Le Signe.

Certes, au milieu de ce monde embourgeoisé, des religieux prient et prêchent, des humanistes philosophent, des écologistes manifestent, mais leur défaite est déjà évidente, parce que l’idéal ne suffit pas, il faut aussi une force matérielle, concrète, pour combattre le matérialisme bourgeois, dont le réalisme submerge tout — À quoi rêvent même les « travailleurs », les classes populaires et plus encore le misérable tiers monde, sinon d’avoir des privilèges bourgeois bien concrets ?
Concrètement, le seul moyen de vaincre l’embourgeoisement, dit Le Signe, c’est que chaque homme change sa vie objectivement, dans les faits, de sorte qu’il découvre dans l’amour, le pardon, la paix, la liberté et l’intelligence spirituelles, les plus hautes causes de joie et de fête (Signe 30/11), de bonheur (37/9, xxvi/12) et même d’intérêt matériel (26/8-9). Le changement personnel effectif, réel, des pénitents (= tout bonnement ceux qui changent en bien) engrènera le changement du monde (Signe 30/11, 28/27), ce que des technologies, des discours, des lois, des traités, des accords, n’ont jamais pu faire..

Seule l’éternelle Parole du Créateur, contre-culture par excellence, reprise par Le Signe, peut, si elle est accomplie (35/6, 36/8), vaincre l’embourgeoisement — notre embourgeoisement —, peut-être la forme la plus pernicieuse du mal déguisé en bien et en raison avant qu’il ne survienne sous une autre forme : le péché des péchés (Signe 38/2). Comme un coin dans une souche pourrissante, nous devons par notre changement pénétrer cette récente, mais déjà trop vieille culture industrielle, qui, bien que répétitivement désillusionnée comme l’avaient été de précédentes civilisations, s’accrochera longtemps à la terre, parce que rien de bien convaincant ne vient l’en arracher.
Même si le prochain président des USA est Barrack Obama, qui ne sait que, malgré ses qualités, il ne sera jamais qu’un politicien et un bourgeois de plus, c’est-à-dire un espoir de moins pour le monde ? Provisoirement c’est bien, mais idéalement c’est faire du surplace. Aucun espoir de justice, d’égalité, de richesse et de santé pour tout le monde sur terre, tant qu’une minorité prospère vivra sur une majorité sacrifiée. Aucun idéal général n’est réalisable par la politique, laquelle est toujours partisane. L’idéal général sera réalisé par l’homme de bien, croyant ou non, toutes races confondues, toutes frontières effacées, tous préjugés oubliés. C’est à cette aune qu’on mesure l’ampleur de l’utopie qu’est Le Signe, qui ne peut venir que d’un Père dont l’Univers sans fin (Signe 12/4) est une utopie, que la science hier encore estimait impossible : quelque chose sans dimension ni fin et pourtant bien réel. Les télescopes l’attestent. Nos âmes sont les télescopes infaillibles de la vie infinie (Signe 17/3, 32/3).

Dans la jeunesse fleurit la plus forte espérance ! Cette espérance — l’espérance que chaque homme et que le monde des hommes peuvent changer — le Père lui-même l’alluma en moi comme un Feu en 1974 et 1977. Ce même Feu que chaque été des pèlerins viennent prendre à Arès (Signe xLi/7), mais que tous les hommes de bien du monde allument en eux partout, chaque jour, par le Bien qu’ils poursuivent.
Jeunesse ! Celui qui vous parle est un vieux auquel le Créateur dans sa Bonté redonne chaque jour la jeunesse ! Être jeune, ce n’est pas sacrifier ce qu’on a. C’est ne pas avoir peur — typique peur bourgeoise — de perdre ce qu’on a, qui le plus souvent n’est rien d’autre que sa réputation, plutôt que de renoncer à ce qui fait la gloire (Signe 34/2) de l’humanité.
Jeunesse ! Appelez le monde à entrer en pénitence !
Difficile ? Bien sûr. Et même très difficile ! Mais ce monde n’a pas été créé pour des bourgeois qui n’attendent plus rien d’un idéal, quand ils attendent encore quelque chose d’eux-mêmes. En tout bourgeois dort l’anti-bourgeois. Réveillez-le !
Jeunesse ! Descendez dans la rue et allez sur les places pour y appeler le monde ! Montrez-vous ! Chantez, poétisez, écrivez, faites-le comme vous voulez, mais appelez ce monde à redevenir jeune, à redevenir jeune avec vous, à refaire naître et cultiver l’amour, le pardon, la paix, la liberté et l’intelligence spirituelles !

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